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Barnier et une «coopération intelligente» pour la Place
Luxembourg 2 min. 10.02.2020 Cet article est archivé

Barnier et une «coopération intelligente» pour la Place

Michel Barnier a rappelé le contenu de son mandat

Barnier et une «coopération intelligente» pour la Place

Michel Barnier a rappelé le contenu de son mandat
Photo: Chris Karaba
Luxembourg 2 min. 10.02.2020 Cet article est archivé

Barnier et une «coopération intelligente» pour la Place

Olivier TASCH
Olivier TASCH
Le monsieur Brexit de l'Union européenne a effectué une visite de travail au Luxembourg ce lundi. Il a pu entendre les doléances luxembourgeoises sur l'après-Brexit pour préparer les négociations d'un accord de libre-échange avec Londres.

C'est la cinquième fois depuis 2016 que le négociateur en chef pour l'Union européenne se rend au Luxembourg. Mais ce lundi, ce n'est plus pour discuter de la sortie du Royaume-Uni de l'UE que Michel Barnier effectue une visite de travail mais bien pour commencer à tracer les contours de la nouvelle relation entre Britanniques et Européens. Etape indispensable après le divorce, le 31 janvier 2020, entre Londres et Bruxelles après un peu moins de cinq décennies d'union économique.   

Avant de se rendre au Parlement, le Français a rencontré le chef du gouvernement, Xavier Bettel (DP) à Senningen pour se faire une idée des revendications luxembourgeoises. Les volets financiers et diplomatiques n'ont pas été négligés puisqu'un déjeuner était organisé avec les ministres des Finances, Pierre Gramegna (DP), et des Affaires étrangères, Jean Asselborn (LSAP).


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Si le Premier ministre a souligné que Michel Barnier «négocie pour 27 pays, dans l'intérêt de l'UE» il ne s'est évidemment pas gardé de défendre la position luxembourgeoise. Sans surprise, elle s'axe essentiellement sur les services financiers. Car Londres devrait demeurer la première place financière mondiale et à ce titre revêtir une importance vitale pour le Grand-Duché.  Si les services britanniques en Europe ne sont évidemment pas exclus pour Luxembourg cela devra se faire «avec les règles de chez nous. Le temps du "cherry picking" est fini et il ne peut pas revenir par une porte dérobée sur le marché européen». 


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Michel Barnier a pour sa part rappelé que les services financiers ne font pas partie de son mandat de négociation. Il plaide ici pour «une coopération intelligente». Elle devrait se faire via l'attribution unilatérale de part et d'autre d'équivalence.  «Nous devons évidemment garder la maîtrise des outils de la stabilité financière. Il faut s'assurer que les risques ne restent pas chez nous, alors que les bénéfices se feraient ailleurs». Selon Barnier, cet outil d'équivalence fonctionnerait déjà très bien avec les institutions financières américaines et japonaises.

Les négociations d'un accord de libre-échange entre Londres et Bruxelles doivent démarrer début mars. Xavier Bettel imagine qu'une future relation avec le Royaume-Uni devra se baser sur «des règles efficaces et durables, afin d'éviter toute perturbation des marchés après la période de transition».  Elle prendra officiellement fin le 31 décembre 2020 même si d'aucuns évoquent déjà une possibilité de finaliser les négociations au-delà de cette date.

Les discussions risquent d'être compliquées puisque Barnier a répété que Bruxelles veut confier un rôle à la Cour de justice de l'UE pour interpréter le droit européen dans le cadre de la future relation. Une option qui pour l'instant est exclue côté britannique. 


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