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«Balance ta start-up Luxembourg» libère la parole des salariés
Luxembourg 3 min. 21.04.2022 Cet article est archivé
Mal-être au travail

«Balance ta start-up Luxembourg» libère la parole des salariés

Difficile pour les personnes concernées de faire écho de leur situation, sans prendre le risque de s'attirer des problèmes de la part de leur employeur.
Mal-être au travail

«Balance ta start-up Luxembourg» libère la parole des salariés

Difficile pour les personnes concernées de faire écho de leur situation, sans prendre le risque de s'attirer des problèmes de la part de leur employeur.
Photo: Getty Images/Westend61
Luxembourg 3 min. 21.04.2022 Cet article est archivé
Mal-être au travail

«Balance ta start-up Luxembourg» libère la parole des salariés

Simon MARTIN
Simon MARTIN
Les témoignages contre les employeurs toxiques affluent sur le compte Instagram créé il y a seulement un mois. Un phénomène qui témoigne d'une situation bien plus courante qu'il n'y paraît.

Deux salariés sur dix sont victimes de harcèlement moral, une femme sur deux est victime de sexisme au travail, un employé sur cinq craint son manager. Au-delà de ces statistiques publiées lors de différentes études réalisées ces derniers mois, ce constat de mal-être au travail semble toucher bien plus de personnes qu'il n'y paraît. Une partie beaucoup trop conséquente des employés travaillant au Luxembourg ne semblent pas s'épanouir dans leur job. Pressions, harcèlements, critiques, les facteurs pouvant expliquer ce mal-être au travail sont nombreux.


Discriminations au travail: ce qu'il faut savoir
La conférence du Jeune Barreau de Luxembourg portant sur les «Acquis nationaux en matière de discrimination au travail et bonnes pratiques d’entreprises» a été l’occasion de dresser un état des lieux de la thématique au Grand-Duché.

Difficile pour les personnes concernées de faire écho de leur situation, sans prendre le risque de s'attirer des problèmes de la part de leur employeur. C'est dans ce contexte que le compte Instagram «Balance ta start-up Luxembourg» a vu le jour récemment. Cette version grand-ducale du compte «Balance ta start-up», suivi par près de 200.000 personnes, permet aux salariés concernés par un mal-être au travail de se confier et de libérer la parole sur des sujets tabous. Une manière de mettre en lumière un phénomène beaucoup trop caché. 

Depuis sa création il y a quelques semaines à peine donc, la page Instagram a déjà récolté près de 1.700 followers et de nombreux témoignages anonymes ont déjà été publiés. Certains, dont cette femme atteinte d'un cancer et dont l'employeur lui a recommandé de démissionner, font froid dans le dos. La personne à l'origine du compte, qui souhaite évidemment se montrer discrète, nous explique qu'elle ne s'attendait pas à recevoir autant de témoignages aussi accablants. 

Mettre en exergue les comportements toxiques

Cette dernière nous explique qu'elle a souhaité épingler les comportements sexistes, agressifs et toxiques des employeurs luxembourgeois après une mauvaise expérience réalisée au sein d'une entreprise. «Je connaissais déjà le compte «Balance ta start-up», je leur avais même écrit à l'époque pour expliquer ma situation. Il y a quelques semaines, j'ai pris la décision de créer ce compte après une conversation avec des proches qui se plaignaient de leurs conditions de travail.»


Male colleagues pointing fingers at upset female boss on meeting, tired sad woman leader experiencing gender discrimination at work, businessmen blaming bullying depressed businesswoman for mistake
Une femme sur deux est victime de sexisme au travail
C'est ce qui ressort d'un sondage réalisé par l'OGBL Equality, le département des femmes de l’OGBL. Deux victimes sur trois n'informent pas leur employeur de ce qu'elles subissent.

Elle ne s'attendait clairement pas à un tel engouement autour de son projet d'espace de parole, quelques semaines seulement après sa création. «Je suis moi-même profondément choquée de ce que je lis. Cela me semble tellement irréel que si je n'étais pas l'auteur du compte, je douterais de la provenance des témoignages.»

Déposé à la fin du mois de juillet dernier par Dan Kersch, ancien ministre du Travail, le projet de loi visant à faire entrer pour la première fois le harcèlement moral dans le droit du travail n'a toujours pas été concrétisé. Il y a pourtant urgence selon «Balance ta start-up Luxembourg». «Rien n'a bougé sur le harcèlement au travail depuis 2009. Pourtant, on ne peut pas dire que le marché du travail n'a pas évolué. J'espère faire ouvrir les yeux à des employeurs sur leur comportement et les répercussions que cela engendre. Je veux également envoyer un signal aux employés, afin que ceux-ci soient vigilants lorsqu'ils signent leur contrat. Je veux enfin interpeller les autorités politiques, pour qu'elles remettent sur le tapis le projet de loi introduit l'année dernière.»

Des retours de professionnels 

Dans une démarche d'aide aux employés concernés, le compte a récemment lancé un appel auprès d'avocats et de RH connaissant la législation du Grand-Duché afin de proposer une liste de fondamentaux à connaître ainsi que les droits pour les employés. «J'ai déjà eu des retours de quelques avocats et d'un RH mais également d'un juriste et d'un psychologue du travail. Ce n'est que le début du projet.»

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