Changer d'édition

Avec la 5G, «ne fonçons pas tête baissée»
Luxembourg 5 min. 11.12.2019 Cet article est archivé

Avec la 5G, «ne fonçons pas tête baissée»

La 5G permettra de gagner en rapidité mais elle pourrait aussi augmenter considérablement l'exposition aux champs électromagnétiques de radiofréquence.

Avec la 5G, «ne fonçons pas tête baissée»

La 5G permettra de gagner en rapidité mais elle pourrait aussi augmenter considérablement l'exposition aux champs électromagnétiques de radiofréquence.
Photo: Shutterstock
Luxembourg 5 min. 11.12.2019 Cet article est archivé

Avec la 5G, «ne fonçons pas tête baissée»

Didier HIEGEL
Didier HIEGEL
Alors que le gouvernement invite entrepreneurs et citoyens à la deuxième Luxembourg 5G Conference 2019, ces mercredi et jeudi, des voix s’élèvent pour dénoncer un éventuel impact sanitaire lié à l'exposition aux ondes et demandent un moratoire.

Erigée en priorité gouvernementale, la 5G va faire son arrivée au Luxembourg l'année prochaine. Et pour préparer au mieux cette transition technologique, le gouvernement a lancé des invitations à suivre la deuxième conférence sur le sujet ces 11 et 12 décembre. Mais si la mise en place du réseau mobile de cinquième génération fait des heureux, notamment au sein de la sphère économique, elle ne manque pas d'inquiéter. 

«La technologie 5G est particulièrement importante pour l'industrie», avait déclaré Viviane Reding (CSV) au pupitre de la Chambre, «mais l'impact sur les personnes est beaucoup plus important», avait-elle souligné dans la foulée. Depuis cette intervention datée du mois de juin, d'autres voix se sont élevées. Une pétition intitulée «Contre l’installation du réseau 5G au Luxembourg» a même vu le jour au printemps, mais, faute du nombre suffisant de signatures, le sujet n'avait pas été débattu à la Chambre.

L'auteur de la pétition 1239 faisait référence à l'appel de quelque 200 scientifiques de 36 pays demandant un moratoire sur le déploiement de la 5G «jusqu'à ce que les dangers potentiels pour la santé humaine et l'environnement aient été complètement évalués par des scientifiques indépendants de l'industrie».

«Un impact sanitaire sur l'homme et sur l'environnement»  

Le principe de précaution, c'est justement le cheval de bataille de Jean Huss, le président d'Akut (Groupe d'action pour la toxicologie de l’environnement), qui s'inquiète de l'impact sanitaire lié à l'exposition aux ondes. Car la 5G augmentera considérablement l'exposition aux champs électromagnétiques de radiofréquence (CEM-RF) par rapport aux réseaux existants (2G, 3G, 4G, Wi-Fi, etc). 

«De nombreuses études, réalisées par des centaines de chercheurs indépendants ont démontré que ces émissions (CEM-RF) ont un impact sanitaire sur l'homme et sur l'environnement», indique Jean Huss. 

«Ils disent qu'il ne faut pas se lancer tête baissée car cela risque d'aggraver encore les problèmes déjà existants. Cette nouvelle technologie sera dans des fréquences plus élevées que celles qui existent actuellement. Avec la 5G, au début, nous serons entre 3 et 3,5 GHz, avec la possibilité d'aller dans des fréquences encore plus élevées, jusqu’à 25 GHz». A titre de comparaison, la fréquence actuelle d'un téléphone portable est de 800 ou 900 MHz.   

Du coup de chaud à l'oreille au risque de cancer

Ce progrès technologique offrira à la fois rapidité et faible temps de latence de manière à absorber un fort trafic. Mais toute médaille a son revers. «Il existe actuellement une dispute scientifique entre les chercheurs payés par l’industrie et les chercheurs indépendants. Les premiers ne font mention que d'un risque thermique, comme un coup de chaud à une oreille si on téléphone pendant 30 minutes. Or, des milliers d’études concluent à des risques biologiques, notamment sur les cellules humaines», poursuit le président d'Akut.

«En clair, ce sont les membranes cellulaires et le fonctionnement des cellules, nerveuses, cardiovasculaires, etc, qui sont impactées. D’où des problèmes mineurs comme un sentiment de fatigue ou de vertige, mais, plus grave, le développement de certains types de cancer, le neurinome de l'acoustique ou le gliome du cerveau.»

Pour étayer ses dires, l'ancien eurodéputé cite les travaux de l'International Agency for Research on Cancer (IARC) ou encore le National Toxicology Program. «Les scientifiques ne peuvent faire que des extrapolations concernant la 5G, mais, d’après les études, ils constatent que plus la fréquence est élevée plus le risque de maladie est élevé.»

La 5G va tisser sa toile, les insectes en danger

Le risque ne concerne pas seulement les utilisateurs de téléphone mobile, mais aussi la présence d'antennes relais. Toujours selon Jean Huss, «certaines personnes sont plus sensibles que d'autres aux champs électromagnétiques. On les appelle électrohypersensibles. Leur problème sera encore accentué avec la 5G car il y aura un changement de mode d'émission des ondes. Les grandes antennes que l'on retrouve à travers le pays vont faire place à un maillage plus serré de plus petites antennes que l'on retrouvera partout en raison d'un espacement plus réduit, de 80 à 100 mètres.»  

C'est ainsi que plusieurs millions d'antennes vont être installées au niveau européen. Difficile dès lors d'échapper à l'exposition aux champs électromagnétiques. Peut-être à l'intérieur des maisons… à condition de ne pas posséder de routers pour piloter ses équipements connectés.


Une dizaine d'opérateurs ont fait savoir leur intérêts pour les ondes luxembourgeoises.
L'attribution des fréquences 5G attendra 2020
Si les opérateurs intéressés pour déployer leurs émetteurs sont connus, la procédure d'attribution des spectres n'a pas encore été arrêtée. La mise aux enchères reste le scénario le plus plausible mais rien ne se fera avant l'an prochain.

La toile de la 5G risque aussi de menacer l'équilibre de l'écosystème car les insectes seraient aussi menacés. «La disparition de certaines espèces pourrait être encore beaucoup plus rapide», souligne encore Jean Huss qui insiste sur le principe d'imposer un moratoire.

Ce principe est aussi repris par d'autres politiques ou responsables d'association. «La technologie ne datant que de quelques années, nous n'avons pas le recul suffisant pour bien appréhender le problème», fait remarquer Marc Hansen (Déi Gréng). «Mais ce n'est pas sûr que nous disposions à court terme des appareils de mesures nécessaires. C'est pourquoi, nous demandons un monitoring. D'ailleurs, le gouvernement parle aussi de principe de précaution avant d'installer la 5G à travers le pays.»

Ce sujet ne manquera pas d'être abordé lors des deux prochains jours lors de la la deuxième Luxembourg 5G Conference 2019.


Sur le même sujet

29 projets pour booster les effets de la 5G
Si la nouvelle technologie de téléphonie mobile devrait être effective en 2020, le Luxembourg cherche déjà quelles applications pourraient être déployées au service des habitants comme de l'économie. Un appel à projets vient de porter ses fruits.
Au-delà de la téléphonie, le transfert à très haut débit de données va révolutionner le quotidien de chacun.
Une stratégie pour la 5G au Luxembourg
C'est du concret: le gouvernement a présenté mercredi un projet pour l'implantation de la 5G au Luxembourg. Des zones test seront d'abord équipées. Une évolution qui en entraîne beaucoup d'autres.
Zum Themendienst-Bericht von Dirk Averesch vom 27. Februar 2018: 5G ist das nächste große Ding in Sachen Mobilfunk. Erste funktionierende Netze werden für 2020 erwartet. Bis dahin zeigt die Branche auf dem Mobile World Congress (bis 1. März) schon einmal, was damit alles möglich sein könnte.
(Bild vom 26.02.2018/Nur zur redaktionellen Verwendung durch Themendienst-Bezieher.) Foto: Andrea Warnecke/dpa-tmn - Honorarfrei nur für Bezieher des dpa-Themendienstes +++ dpa-Themendienst +++