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Sida: le préservatif chimique sera remboursé
Luxembourg 3 min. 08.02.2017 Cet article est archivé
Augmentation des infections

Sida: le préservatif chimique sera remboursé

"Ceci n'est pas un préservatif!" par Philippe Milbault via Flickr, CC
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Sida: le préservatif chimique sera remboursé

"Ceci n'est pas un préservatif!" par Philippe Milbault via Flickr, CC
flickr
Luxembourg 3 min. 08.02.2017 Cet article est archivé
Augmentation des infections

Sida: le préservatif chimique sera remboursé

Virginie ORLANDI
Virginie ORLANDI
Alors que le Luxembourg enregistre de nouvelles infections du Sida, le service national des maladies infectieuses dirigé par le docteur Vic Arendt, finalise un projet-pilote d'une consultation pour la PrEP, le préservatif chimique largement utilisé dans les milieux homosexuels.

Par Virginie Orlandi

Alors que le Luxembourg enregistre de nouvelles infections du Sida, le service national des maladies infectieuses dirigé par le docteur Vic Arendt, finalise un projet-pilote d'une consultation pour la PrEP, le préservatif chimique déjà largement utilisé dans les milieux homosexuels.

"D'ici à quelques mois, le médicament sera remboursé par la CNS", explique Vic Arendt, "ce remboursement fait partie des mesures testées durant le projet-pilote qui va durer deux ans".
"D'ici à quelques mois, le médicament sera remboursé par la CNS", explique Vic Arendt, "ce remboursement fait partie des mesures testées durant le projet-pilote qui va durer deux ans".
Guy Jallay

La prophylaxie pré-exposition sexuelle (PrEP) est un médicament destiné aux séronégatifs qui peut se prendre de manière continue ou ponctuelle. Il est très utilisé dans le milieu homosexuel et coûte très cher. Il a pour effet de protéger son utilisateur du virus du Sida lorsque celui-ci a des relations sexuelles avec une personne contaminée ou adopte une conduite à risques.

"Il faut compter 500 euros les 30 comprimés, c'est un budget considérable", note le docteur Vic Arendt qui est en train de mettre en place la consultation PrEP au sein de son service des maladies infectieuses.

Depuis quelques mois, il est question de proposer ce médicament sur le marché luxembourgeois étant donné qu'il se vend déjà sur le marché noir et circule au sein de la communauté HSH (Hommes pratiquant le sexe avec d'autres hommes, ndlr).

"D'ici à quelques mois, le médicament sera remboursé par la CNS", poursuit le médecin, "ce remboursement fait partie des mesures testées durant le projet-pilote qui va durer deux ans".

A la suite de celui-ci, un bilan sera fait par les ministères de la Sécurité sociale et de la Santé pour voir si la demande est assez forte pour que le médicament soit toujours remboursé.

La PrEP ou "Truvada" est accessible actuellement au prix de 500 euros les 30 comprimés.
La PrEP ou "Truvada" est accessible actuellement au prix de 500 euros les 30 comprimés.
Shutterstock

"L'implant est également à l'étude" explique Vic Arendt, "Peut-être que le Luxembourg s'orientera vers cette solution à terme puisqu'il permet de protéger plus efficacement des populations vulnérables comme les personnes prostituées ou les toxicomanes qui sont susceptibles d'oublier de prendre leur comprimé".

La PrEP n'est cependant pas efficace à 100% et une récente étude montre qu'il le serait à 86%: "La PrEP vient en complément du préservatif, de la trithérapie quotidienne d'un partenaire contaminée mais ne se suffit pas à elle-même", rappelle Vic Arendt.

Hausse des contaminations chez les HSH

Ces dernières années, le Comité de surveillance Sida a enregistré une baisse des contaminations au sein de la population homosexuelle et bisexuelle alors que chez les hétérosexuels et les toxicomanes les chiffres étaient en hausse.

Les résultats de l'année 2016 sont moins positifs et de nouvelles contaminations ont été recensées parmi toutes les tranches de la population.

On compte 68 nouvelles infections dans la cohorte luxembourgeoise, elles concernent 53 hommes et 15 femmes. Ces personnes ont été infectées soit lors de rapports hétérosexuels (25), soit lors de rapports sexuels de type HSH, soit par injection de drogues (19).

Des chiffres qui illustrent bien le fait que les hommes et la population HSH sont les plus exposés au virus du Sida au Luxembourg.

"Entre 2005 et 2012, on a enregistré un nombre croissant de nouvelles contaminations chez les HSH du fait que de nombreux hommes sont venus se faire dépister", poursuit le médecin, "Depuis 2014, ces personnes se font traiter et risquent moins de contaminer les séronégatifs ayant une conduite à risque. Cependant, les chiffres de 2016 nous indiquent que cette tranche de la population s'expose à nouveau et qu'une protection supplémentaire comme la PrEP pourrait être efficace pour diminuer le nombre de personnes contaminées".

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