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Les pompiers impliqués jusqu'au cou
Luxembourg 3 min. 16.07.2021
Au secours

Les pompiers impliqués jusqu'au cou

Plusieurs centaines d'habitants ont pu rejoindre des sites au sec grâce aux rotations des bateaux du CGDIS.
Au secours

Les pompiers impliqués jusqu'au cou

Plusieurs centaines d'habitants ont pu rejoindre des sites au sec grâce aux rotations des bateaux du CGDIS.
Photo : Gerry Huberty
Luxembourg 3 min. 16.07.2021
Au secours

Les pompiers impliqués jusqu'au cou

Patrick JACQUEMOT
Patrick JACQUEMOT
Le CGDIS se trouve sur le front des inondations depuis près de 48 heures. Un engagement où la gestion des hommes et du matériel a nécessité une organisation sans faille.

Dans la nuit du 14 au 15 juillet, le CGDIS était «à la limite». C'est le directeur général du Corps grand-ducal d'incendie et de secours qui l'a reconnu, jeudi soir. Il est vrai que ces quelques heures marquées par la survenue de pluies torrentielles sont venues bouleverser l'ordinaire des pompiers partout dans le pays. «S'il y avait eu un autre événement, comme un grand incendie, cela aurait été... difficile», commentait Paul Schrœder. Mais qui s'en est aperçu? Les pompiers ont répondu présents en tous points.


Hochwasser nach Starkregen , Echternach , Fussgängerzone  Foto:Guy Jallay/Luxemburger Wort
300 habitants d'Echternach ont dormi à l'hôtel
Evacués à partir de jeudi après-midi, les résidents ont pu être hébergés aux frais de la commune ou chez leurs proches. Ce vendredi, ils doivent encore attendre le feu vert des autorités pour regagner leur domicile.

Plus de 6.300 appels gérés en moins de 24 heures, plus de 1.200 sorties effectuées, des centaines de sinistrés pris en charge : le CGDIS aura su gérer ce qui, aujourd'hui, apparaît bien comme la deuxième catastrophe naturelle la plus importante du siècle tout de même, avec certainement près de 50 millions d'euros de dégâts. Ce vendredi, avec le lent recul des eaux, les pompiers sont toujours en action. Mais leur mission a changé. Après le secours à personnes, la mise à l'abri, les sauvetages et la sécurisation d'infrastructures stratégiques, place à une phase 2 tout aussi accaparante : déblayage et nettoyage.

Si le début de crise a ainsi été géré nationalement et régionalement, les hommes du CGDIS vont désormais être placés sous des directions locales, «au service des communes» pour reprendre les mots de Paul Schrœder. Mais pour ce faire, là encore il faudra des bras, et voilà déjà plusieurs heures qu'une cellule dédiée veille à rassembler toutes les informations sur les personnels disponibles. «Cela a permis d'abord d'affecter le bon nombre de pompiers en fonction des urgences, mais aussi un peu plus tard d'assurer les rotations des équipes», indique Cédric Gantzer, porte-parole du CGDIS.

Drones en l'air, zodiacs à l'eau

Une gestion qui a permis donc d'offrir quelque repos aux effectifs engagés afin d'assurer une meilleure efficacité. «Cette gestion avait aussi pour but de maintenir une réserve, au cas où...» Car les autres opérations du quotidien ne se sont pas miraculeusement stoppées. Et même si les interventions pour accident de la circulation ou transports de blessés ont  -heureusement- diminué, il fallait aussi des professionnels et des volontaires pour que le pays ne puisse souffrir d'aucun manque de secours.

Inédites par leur ampleur, ces inondations auront été pour le CGDIS l'occasion de déployer des moyens sortant quelque peu des traditionnelles ambulances et grande échelle. Avec notamment un usage intensif des drones de son groupe d'appui technologique. «Les images ainsi captées, sans envoyer directement de pompiers au contact, ont permis de faire le point sur des zones que les crues avaient rendues difficilement accessibles, de repérer si d'éventuels habitants isolés se trouvaient en difficulté et même surveiller l'ampleur de la montée (et maintenant du retrait) de l'eau», note Cédric Gantzer.

Indispensables pour aller récupérer des sinistrés, les zodiacs du CGDIS auront aussi été vus en nombre d'endroits. Dans le secteur d'Echternach, Rosport ou Born, leur rotation a permis de ramener au sec plusieurs centaines d'habitants. Une équipe du Groupe de sauvetage aquatique luxembourgeois a même été envoyée en Belgique, pour soutenir les pompiers à Chênée pour des mises en sécurité. Solidarité transfrontalière dans une Wallonie, elle aussi, fortement impactée


Lok , App GouvAlert , Infoapp für Notsituationen, Regierung Luxemburg, CGDIS , 112 , Foto:Guy Jallay/Luxemburger Wort
GouvAlert peine à remplir sa mission
Initiée fin 2018 afin d'alerter la population en cas de situation d’urgence impactant la sécurité publique, l'application semble ne pas pleinement remplir sa mission puisque si un message a bel et bien été envoyé, il l'a été vers 23h mercredi et à un nombre restreint de personnes.

«A ceux qui, comme moi, s'interrogeaient parfois en visitant un centre de secours du pourquoi de la présence d'une barque ou d'un bateau, je crois que ces deux jours ont montré l'utilité de disposer de ce type de matériel», ironise gentiment le porte-parole du CGDIS. Mais pas le temps de plaisanter, service avant tout!


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