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«Assurer le bien-être des enfants, pas celui des parents»
Luxembourg 2 min. 14.05.2021

«Assurer le bien-être des enfants, pas celui des parents»

La commission a également revu le texte de loi pour qu'il soit «dénué de toute terminologie genrée».

«Assurer le bien-être des enfants, pas celui des parents»

La commission a également revu le texte de loi pour qu'il soit «dénué de toute terminologie genrée».
Photo: Getty Images
Luxembourg 2 min. 14.05.2021

«Assurer le bien-être des enfants, pas celui des parents»

Marie DEDEBAN
Marie DEDEBAN
Présenté ce mercredi à la Chambre, le projet de loi visant à lever l'anonymat des donneurs de sperme ou d'ovocytes se veut plus inclusif. Pourtant pour les associations LGBTQI+ il remet en question la parentalité des couples gays et lesbiens.

Malgré l'opposition des familles homoparentales et des associations LGBTQI+, la commission de la Justice entend aller au bout de son projet de loi sur la connaissance des origines. La version finale du texte, présentée ce mercredi en commission, prévoit toujours la levée de l'anonymat des donneurs de sperme et d'ovocytes.


ARCHIV - 22.08.2016, Dresden: ILLUSTRATION - Ein S‰ugling liegt in einem Bett auf der Wochenstation im Universit‰tsklinikum. Die Zahl der Neugeborenen in Nordrhein-Westfalen ist zuletzt leicht angestiegen. Im vergangenen Jahr kamen 173 150 Kinder zur Welt, wie das Statistisches Landesamt am Montag mitteilte. Foto: Arno Burgi/zb/dpa +++ dpa-Bildfunk +++
Toute la vérité sur les origines est-elle bonne à dire ?
Déposé en octobre dernier, le projet de loi visant à lever l'anonymat des donneurs de sperme ou d'ovocytes se trouve au cœur des débats. En cause: son impact sur l'avenir des enfants.

Ainsi, chaque enfant majeur adopté ou issu d'une procréation médicalement assistée pourra s'il le désire, connaître son ou ses géniteurs. Si pour certains couples gays et lesbiens cette mesure donnerait  un «droit d'ingérence» aux donneurs et effacerait leur statut de parents, Charles Margue (Déi Gréng) n'y voit «aucun rapport», puisque ces donneurs «n'ont aucun droit à la parentalité». Référence au fait que dès leur inscription dans un centre de don, ces personnes renoncent à tous leurs droits sur les enfants à naître.

Concrètement, le texte prévoit que l'anonymat soit levé dès que l'enfant atteint sa majorité, autrement dit il ne sera plus possible pour les futurs parents de faire appel à un donneur anonyme. Un point sur lequel les associations marquent un profond désaccord, estimant que «le choix appartient aux futurs pères et mères, et non pas à l'Etat».

Autre sujet de discorde, le terme «d'orphelin génétique» désignant les enfants issus de ces dons, restera lui aussi bien inscrit dans le projet présenté au Conseil d'Etat, au grand dam de l'association Rosa Lëtzebuerg qui y voit la négation de la «dimension sociale et affective de la parentalité». 

«Notre objectif ici est d'assurer le bien-être des enfants, pas celui des parents», répond Charles Margue, se rangeant ainsi à «l'avis de certains pédopsychiatres» qui estiment que «les secrets en vue de protéger l'enfant sont une fausse bonne idée». «Savoir d'où l'on vient permet de se construire», analyse-t-il.

Dans un autre amendement, la commission a également retravaillé le texte pour qu'il soit «dénué de toute terminologie genrée», souligne Charles Margue. «Nous avons remplacé le mot  “mère” par  “personne qui accouche” pour mieux inclure les parents transgenres», précise-t-il. 

Une main tendue aux associations et parents LGBTQI+ qui «ne devrait pas plaire à tout le monde» selon le député. «C'est pourtant une évolution logique de la société et de ses mœurs qui découle du mariage pour tous», précise-t-il. Au cœur des débats depuis octobre dernier, le projet de loi est à présent entre les mains du Conseil d'Etat.

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