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Après sa cavale, Kiesch ne risque pas plus de prison
Luxembourg 3 min. 02.09.2020 Cet article est archivé

Après sa cavale, Kiesch ne risque pas plus de prison

Jean-Marc Sirichai Kiesch a finalement été interpellé au sortir de son domicile.

Après sa cavale, Kiesch ne risque pas plus de prison

Jean-Marc Sirichai Kiesch a finalement été interpellé au sortir de son domicile.
Illustration : capture d'écran vidéo de la Police nationale espagnole
Luxembourg 3 min. 02.09.2020 Cet article est archivé

Après sa cavale, Kiesch ne risque pas plus de prison

Patrick JACQUEMOT
Patrick JACQUEMOT
Il aura passé 16 ans à fuir toutes les polices à ses trousses. Mais maintenant qu'il a été rattrapé, Jean-Marc Kiesch ne sera pas condamné à une peine supplémentaire. Un particularisme luxembourgeois.

(pj avec Maximilian Richard) A plus de 2.000 km du Grand-Duché, à la pointe Sud de l'Espagne, Jean-Marc Sirichai Kiesch aura passé seize années. Une fugue qui s'est interrompue, le 10 août dernier, après l'intervention des policiers de Punta Umbria, près de Séville. Lui reste donc à purger quelque 3.350 jours de prison. Soit le temps auquel le Luxembourgeois avait cru échapper en ne rentrant plus en prison après sa première permission. Ni plus, ni moins.

Condamné à 20 ans d'incarcération en 1999 (dont cinq en probation) celui qui est longtemps resté en tête du site internet d'Europol des criminels les plus recherchés n'aura pas à subir un nouveau passage devant les tribunaux. En effet, au Grand-Duché comme en Allemagne ou en Autriche, la loi ferme les yeux sur le désir naturel de liberté des hommes. Alors, même s'il n'a pas respecté la peine de prison prononcée suite au meurtre d'une retraitée, l'individu âgé aujourd'hui de 39 ans n'est pas punissable d'une peine supplémentaire.


Jean-Marc Sirichai Kiesch (enfin) capturé en Espagne
Europol a une traque de moins à mener. Le meurtrier luxembourgeois a été localisé et interpellé non loin de Séville, lundi. Depuis 16 ans, l'homme était recherché pour l'homicide d'une retraitée à Befort, de 69 ans.

A regarder les textes, seules les infractions accessoires, telles que les menaces, les dommages corporels ou matériels, commises dans le cadre de «l'évasion», peuvent entraîner de nouvelles sanctions. Fuir est toléré donc. Mais pas l'aide apportée à l'évasion d'un détenu ou à sa cavale quand ces actions sont sciemment entreprises. Dans ce cas, la justice peut exercer des poursuites à l'égard des complices. 

Pour ce qui concerne l'histoire de Jean-Marc Kiesch, l'enquête en cours permettra de déterminer d'éventuels soutiens volontaires. En l'état actuel, il semble qu'après ne pas avoir repris le chemin de sa cellule, le jeune homme d'alors ait choisi de se fondre discrètement dans la société. 

Ainsi, Jean-Marc Kiesch a-t-il disparu des écrans radars des autorités luxembourgeoises en octobre 2004. Il avait alors déjà passé plus de cinq ans en prison, lorsque le bureau du procureur général lui a délivré sa première libération conditionnelle. Un droit qui peut être accordé à tout prisonnier sous certaines conditions de bonne conduite. Seulement, le condamné (23 ans à l'époque) fait le choix de ne pas rentrer à la prison de Schrassig. On ne retrouvera sa trace que seize ans plus tard donc, en Espagne. 


Des clichés vieillis pour localiser le tueur Jean-Marc Sirichai Kiesch
Interpol recherche depuis treize ans ce Luxembourgeois, condamné pour le meurtre d'une dame âgée en 1999, évadé de prison en 2004. La police diffuse de nouvelles photos et espère bien mettre la main sur ce fugitif.

Selon le journal espagnol El País, qui cite des sources policières, le fugitif luxembourgeois (adopté) aurait d'abord été attiré à Bruxelles, puis à Metz et Paris. Fils adoptif d'une famille luxembourgeoise, il aurait même été interpellé dans la capitale française, avant d'être relâché après plusieurs semaines en garde à vue pour séjour irrégulier... Utilisant son identité thaïlandaise, le voilà libre à nouveau. C'est alors qu'il aurait pris la direction de l'Espagne.

Punta Umbria sera son point de chute dès 2006; la ville constituant le terme de sa cavale. Sur place, des travaux au noir lui permettent de vivre sans laisser de traces. Peu de temps avant son arrestation, Kiesch était devenu papa. La maman travaille quand lui s'occupe du bébé. Mais un tuyau décisif laissé sur le site  eumostwanted.eu va remettre les enquêteurs sur la trace du meurtrier. 

Fin de peine en Espagne?

L'information date de 2010 mais la police s'y accroche. Un témoin assure avoir cru reconnaître le fugitif à Punta Umbria. Des empreintes digitales ont ensuite confirmé les soupçons, et la police l'a capturé au sortir de son domicile, le 10 août. Depuis, Jean-Marc Kiesch passe ses journées derrière les barreaux d'une prison en Espagne. Et il pourrait bien y rester encore longtemps. 

En effet, si le bureau du procureur général du Luxembourg indique que le restant de la peine devrait être exécuté en cellule au Luxembourg, le prisonnier pourrait demander à ne pas être extradé. Les autorités luxembourgeoises et espagnoles auraient alors à s'entendre sur cette possibilité.

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Gefängnis Schrassig - strafvollzug - En Dag mat engem Giichtchen - Prison - gefängniswärter - Gardien de Prison - Gefangener - prisonnier - untersuchungshaft - détention provisoire - U-Haft -    Foto: Pierre Matgé/Luxemburger Wort
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