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«Après des mois d'abstinence, une rechute peut arriver»
Luxembourg 2 min. 26.11.2021
Santé

«Après des mois d'abstinence, une rechute peut arriver»

Ute Heinz, chargée de direction du Centre Thérapeutique de Manternach, appelle ceux qui retombent dans leur addiction à se faire aider.
Santé

«Après des mois d'abstinence, une rechute peut arriver»

Ute Heinz, chargée de direction du Centre Thérapeutique de Manternach, appelle ceux qui retombent dans leur addiction à se faire aider.
Photo : Gerry Huberty
Luxembourg 2 min. 26.11.2021
Santé

«Après des mois d'abstinence, une rechute peut arriver»

Thomas BERTHOL
Thomas BERTHOL
Se débarrasser de son addiction à la drogue est loin d'être facile. Près de 70% des personnes qui ont suivi une thérapie feraient une rechute.

Un nouveau dispositif pour mieux accompagner les personnes qui se remettent à consommer de la drogue. Le Centre Hospitalier Neuro-Psychiatrique (CHNP), a demandé au ministère de la Santé l'installation d'un hôpital de jour. A savoir dans le quartier de la Gare où se trouve déjà le service de conseil ''alternativ Berodungsstell''.


Lokales,  Psychiatrie, Jugend und Kinder, anwesend Minister Paulette Lenert und Claude Meisch  Foto: Luxemburger Wort/Anouk Antony
Pour que soigner et enseigner aillent de pair
Le service de psychiatrie juvénile de l'hôpital du Kirchberg intègre désormais de quoi proposer aux jeunes pris en charge la poursuite de leurs cours en même temps que les soins.

 «Cela permettrait une prise en charge plus rapide et éviter les longues hospitalisations», estime Ute Heinz, chargée de direction du Centre Thérapeutique de Manternach (CTM), une unité de soin du CHNP. «Même après de longues années d'abstinence, une rechute peut toujours arriver».

La responsable de l'établissement, appelle ceux qui retombent dans l'addiction à la drogue à ne pas rester seuls. Sur la dernière décennie écoulée, en moyenne 21% des patients sortis de thérapie sont pris en charge en réadmission parce qu'ils commencent de nouveau à consommer des stupéfiants.

LE CTM accueille en moyenne 60 patients par an.
LE CTM accueille en moyenne 60 patients par an.
Photo : Gerry Huberty

 C'est ce qu'a indiqué la ministre de la Santé Paulette Lenert (LSAP) dans une réponse parlementaire adressée au député Jeff Engelen (ADR). Mais ce chiffre concerne uniquement le nombre de personnes qui se manifestent. «Selon la littérature scientifique, les rechutes sont estimées à près de 60%, voire même de 80% pour ceux qui ont une double addiction», souligne Ute Heinz. Un tel écart avec l'accueil en réadmission s'explique par un «sentiment de honte» ressenti par cette population qui n'ose pas demander de l'aide. Le CTM dispose de 25 lits de soins. 

En moyenne, 60 patients sont pris en charge par l'établissement, soit près de 1.200 personnes par an sur les vingt dernières années. Sur la décennie passée, près d'un quart d'entre eux ne suivent pas leur thérapie jusqu'au bout. Parmi la patientèle, le service des soins accueille notamment des polytoxicomanes et des personnes défavorisées.

Dans le service postcure, près de la moitié des patients suivis par des éducateurs et psychologues font une rechute. Et cela, malgré «les conditions d'accompagnement favorables». Pour la responsable, cela montre bien que ce taux doit être encore plus élevé pour ceux qui ne bénéficient pas d'un suivi après leur thérapie. D'autant plus que la réinsertion des personnes fragiles dans la vie sociale est «plus compliquée», observe la chargée de direction. 

Pour faciliter leur retour à la vie normale, le système de la prise en charge au CTM sera plus «court et intensif». L'hospitalisation en thérapie passera d'un an à une période entre six à neuf mois. La réforme du système d'accueil est prévue «au cours du premier semestre de l'année prochaine».

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