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Appli covoiturage: Une nouvelle solution pour le trafic au Luxembourg
Luxembourg 4 min. 31.10.2016 Cet article est archivé

Appli covoiturage: Une nouvelle solution pour le trafic au Luxembourg

Cette photo a été prise lors du chaos routier engendré par les inondations, fin mai début juin, et la grève du rail, en France: de nombreux travailleurs frontaliers ont alors choisi la solution du covoiturage.

Appli covoiturage: Une nouvelle solution pour le trafic au Luxembourg

Cette photo a été prise lors du chaos routier engendré par les inondations, fin mai début juin, et la grève du rail, en France: de nombreux travailleurs frontaliers ont alors choisi la solution du covoiturage.
Photo: twitter.com / @hellgy
Luxembourg 4 min. 31.10.2016 Cet article est archivé

Appli covoiturage: Une nouvelle solution pour le trafic au Luxembourg

Anne FOURNEY
Anne FOURNEY
Une appli "made in Luxembourg" verra le jour en 2017 pour faciliter le covoiturage. Le gouvernement multiplie les solutions pour désengorger le trafic frontalier, mais aussi le trafic dans le pays. Le point sur ce qui existe et ce qui va être créé.

Par Anne Fourney

Le trafic est toujours plus dense au Grand-Duché. Le gouvernement tâche d'y remédier de plusieurs façons. Une application pour smartphones permettra l'organisation d'un covoiturage quotidien, dès 2017.

Le secrétaire d’État au Développement durable  et aux Infrastructures Camille Gira a confié à wort.lu qu'un appel d'offres serait lancé début 2017 pour la création de cette appli "made in Luxembourg". "Elle sera destinée à tout le monde, pas seulement aux travailleurs frontaliers", a-t-il précisé.

Pollution, temps perdu, stress… Le trafic routier au Luxembourg est de plus en plus pesant à tous niveaux, car il coûte aussi de l'argent: entretien des chaussées, accidents, pollution…

Les solutions aujourd'hui pour éviter les bouchons

Plusieurs solutions pour réduire le trafic sont proposées par le gouvernement. La semaine de la mobilité veut sensibiliser le public à l'usage des transports en commun ou du vélo. Beaucoup d'entre nous sont conditionnés et ont le réflexe "voiture" systématique. Et y circulent seuls.

Les transports en commun évoluent: le tram arrive en 2017, l'ascenseur du Pfaffenthal, les stations de vélos en libre-service se développent (plusieurs communes en sont équipées: Luxembourg, Esch-sur-Alzette, Hesperange…). Davantage de trains sont proposés aux travailleurs frontaliers venant de France. Le car sharing avec les voitures en libre-service Carloh à Luxembourg-ville… Il existe de nombreuses solutions, mais le trafic reste difficile à désengorger. Et toujours plus dense.

L'A31 en France, juste avant la frontière. Un quotidien éprouvant pour de nombreux salariés. Aux heures de pointe, le temps de trajet est au moins le double par rapport aux heures calmes: une heure au lieu de 30 minutes pour venir de Thionville.
L'A31 en France, juste avant la frontière. Un quotidien éprouvant pour de nombreux salariés. Aux heures de pointe, le temps de trajet est au moins le double par rapport aux heures calmes: une heure au lieu de 30 minutes pour venir de Thionville.
Archives LW/Aurélie Chevallier

Reste le covoiturage entre particuliers. Une formule qui prend de l'ampleur, à en croire le taux d'occupation des parkings de type P+R (Park and Ride) en France ou au Luxembourg, à proximité des frontières. Certains sont pleins avant 7h30 chaque matin.

Sur les routes qui mènent de France vers le Luxembourg, de nombreux conducteurs continuent cependant à voyager seuls.

L'organisation du covoiturage pour la Grande Région

Au Luxembourg, il existe déjà une application dédiée au covoiturage pour les frontaliers. Karzoo a été créée en 2007 par l'agence de communication h2a. C'est une plate-forme communautaire qui ne permet pas de définir une compensation financière entre utilisateurs.

"Nous sommes partis du constat que plusieurs de nos collaborateurs, issus de la Grande Région, subissaient quotidiennement le trafic frontalier", raconte Isabelle Schoor de h2a. "Nous avons donc développé ce site, gratuit pour les particuliers."

D'après les statistiques fournies par l'agence, Karzoo comptait, en mai 2016, 59.102 utilisateurs. Le chiffre a évolué. Au 2 novembre, ils sont 61.127 à utiliser le site. Près de 4.000 utilisateurs ont été actifs durant les 6 derniers mois.

Karzoo permet aussi de covoiturer vers ou depuis d'autres pays. Mais la majeure partie des utilisateurs viennent de Belgique (24.300, soit près de la moitié) ou de France (environ 10.000).

D'autres sites ou applications

Côté français, Blablacar, leader en France, remporte un gros succès, avec 35.000 membres. Le site (ou l'application pour smartphones) propose en revanche une compensation financière pour le conducteur, pour couvrir ses frais de déplacement lorsqu'il transporte des passagers.

Blablacar prélève une commission sur chaque transaction. Une méthode censée inciter les utilisateurs à tenir leur engagement. Le conducteur couvre ainsi une partie de ses frais, le passager voyage à moindre coût. En Belgique, il existe le site Eurostop où l'on peut aussi trouver des trajets vers le Luxembourg, sur le même principe.

Et si on tombe sur un gros lourd?

Les réticences au covoiturage sont liés aux contraintes qu'il peut engendrer: crainte d'être en retard, ou que le passager soit en retard. Crainte de l'autre, qu'il soit casse-pied, trop bavard… Et alors? Rien ne vous lie à votre passager ou au covoiturage. Essayer une fois permet de se rendre compte. Puis rien n'oblige non plus à covoiturer chaque jour. On peut le faire deux fois par semaine, par exemple.

Autre frein, si vous appréhendez d'être passager: tomber sur un gros lourd! Qui sort des blagues nulles, écoute la musique à fond… Là, idem, pas d'engagement à vie. Si vous l'avez subi une heure durant le matin, vous pouvez trouver une autre solution pour rentrer chez vous le soir. Puis franchement, mal tomber est vraiment rare.

Et quand on a un véhicule en leasing?

L'employeur qui propose à son salarié un véhicule en leasing peut stipuler dans le contrat que l'utilisation du véhicule en covoiturage payant est interdit. Un véhicule fourni dans ces conditions représente un avantage en nature pour le salarié.

La part prélevée sur son salaire correspond à une participation à l'investissement. Faire un covoiturage payant serait considéré comme un bénéfice. Mais il peut prendre des passagers, gratuitement, sans problème.

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