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«Anticiper les chantiers à la place de les subir»
Luxembourg 3 min. 22.05.2019 Cet article est archivé

«Anticiper les chantiers à la place de les subir»

François Bausch, ministre de la Mobilité (Déi Gréng), envisage «de présenter, «voire de faire voter d'ici la fin de la législature» les lois de financement sur les extensions du tram.

«Anticiper les chantiers à la place de les subir»

François Bausch, ministre de la Mobilité (Déi Gréng), envisage «de présenter, «voire de faire voter d'ici la fin de la législature» les lois de financement sur les extensions du tram.
Photo: Guy Jallay
Luxembourg 3 min. 22.05.2019 Cet article est archivé

«Anticiper les chantiers à la place de les subir»

Jean-Michel HENNEBERT
Jean-Michel HENNEBERT
Invité mardi à Paris pour évoquer les possibilités offertes par l'intelligence artificielle pour le développement urbain, François Bausch, ministre de la Mobilité, assure que le Luxembourg possède une carte à jouer. Explications.

Vous étiez présent jeudi à Paris pour évoquer l'utilisation de l'intelligence artificielle dans un contexte de lutte contre le réchauffement climatique. Cela dans l'objectif de défendre le Luxembourg comme «laboratoire de la mobilité» comme vous le dites fréquemment ?

François Bausch - «Absolument, car les organisateurs souhaitaient faire découvrir les réalisations qui ont été mises en place dans le pays au cours des dernières années. Mais aussi de l'impact de la technologie sur la ville et son organisation. Une organisation qui ne doit plus être basée sur un modèle américain, où chaque quartier possède une fonction spécifique, mais vers un modèle décentralisé, où tous les quartiers possèdent toutes les fonctions. De passer d'un modèle où les gens sont obligés de parcourir de nombreux kilomètres à un modèle de proximité . Et donc une ville à taille humaine.»


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Dans cette optique, quel rôle peut jouer l'intelligence artificielle ?

«La technologie peut avant tout nous aider à proposer de nouvelles solutions, notamment en termes de mobilité. Ce sera notamment le cas pour la nouvelle application qui devrait être lancée en septembre prochain auprès du grand public qui sera capable de proposer, en temps réel, les meilleurs trajets en fonction des conditions de circulation. Cette application prendra en compte tous les moyens de locomotion en place, à savoir aussi bien les vélohs, que les trains ou la circulation automobile et sera capable de calculer non seulement le coût du trajet mais aussi le bilan carbone de chacun de nos déplacements.»

Cela rappelle l'argumentaire que vous aviez développé pour promouvoir l'application Copilote, pas vraiment adoptée en masse...

«Copilote est une application dédiée uniquement au covoiturage. Ici, il est question de gérer tous les aspects de la mobilité. Mais pour pouvoir tirer profit d'une technologie, aussi performante soit-elle, il faut avant tout que l'infrastructure utilisée soit performante. Cela signifie donc qu'il faut faire des investissements conséquents dans ce domaine.»


CoPilote: plus de 4.200 utilisateurs
Depuis son lancement en septembre 2018, l'application de covoiturage "CoPilote" compte 4.239 utilisateurs inscrits, selon le ministre de la Mobilité, François Bausch, interrogé à ce sujet dans une question parlementaire du parti Pirates.

Comment cette application s'intègre dans la stratégie de mobilité que vous aviez présentée lors de la précédente législature ?

«Le Modu 2.0 correspond à la base stratégique, à la théorie de ce que nous souhaitons mettre en place. Les éléments digitaux, comme celui évoqué, s'intègrent dans le développement d'une vision pour l'utilisation des infrastructures à l'horizon 2035. Avec comme idée d'anticiper les chantiers à la place de les subir. Raison pour laquelle je présenterai, d'ici la moitié de la législature, un plan qui permettra d'avoir une vision plus claire. Pour les friches d'Esch-Schifflange, par exemple, nous savons d'ores et déjà que leur développement ne se fera pas à grande échelle avant 2026. Le plan proposera une vision jusqu'en 2035, contre une vision jusqu'en 2027 pour le moment.»

Cette même logique s'appliquera donc également au tram...

«Absolument. C'est pourquoi je vais tenter de présenter, voire de faire voter, d'ici la fin de la législature, les lois de financement sur les extensions du tram vers le centre hospitalier et vers Leudelange. Avec pour ambition d'entamer ces travaux dès 2024, soit rapidement après la mise en service complète de la ligne entre le Findel et la Cloche d'Or. Les discussions en cours avec les investisseurs pour l'implantation d'un pôle multimodal au niveau du centre hospitalier montrent d'ailleurs le grand intérêt de cette démarche par les acteurs de ce quartier, tous désireux de savoir que l'État investit. Ce qui devrait aboutir à un développement d'un espace urbain au potentiel pour le moment sous-exploité.»

Le réseau de tram projeté en 2035, selon le Modu 2.0.
Le réseau de tram projeté en 2035, selon le Modu 2.0.
Crédit: MMTP



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