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Ambiance survoltée devant la gare: Guerre des taxis à Luxembourg
Luxembourg 5 min. 30.06.2015 Cet article est archivé

Ambiance survoltée devant la gare: Guerre des taxis à Luxembourg

«Nous ne sommes pas illégaux!», fulmine Nordinne, vice-président de la fédération des taxis indépendants.

Ambiance survoltée devant la gare: Guerre des taxis à Luxembourg

«Nous ne sommes pas illégaux!», fulmine Nordinne, vice-président de la fédération des taxis indépendants.
Photo: Guy Jallay / Archives LW
Luxembourg 5 min. 30.06.2015 Cet article est archivé

Ambiance survoltée devant la gare: Guerre des taxis à Luxembourg

Ambiance survoltée devant la gare centrale ce mardi matin. Les conducteurs de taxis non-officiels réagissent face aux attaques perpétrées par Constantin Cristache, chauffeur de taxi officiel, dans un récent article sur notre site.

Par - Sophie Wiessler

Ambiance survoltée devant la gare ce mardi matin. Les conducteurs de taxis non-officiels réagissent face aux attaques perpétrées par Constantin Cristache, chauffeur de taxi officiel, dans un récent article sur notre site. 

Le ton monte de plus en plus chez les chauffeurs de taxis, comme nous avons pu le constater devant la gare ce mardi matin à Luxembourg. En cause? Les accusations émises par un chauffeur de taxi officiel, Constantin Cristache, dans nos colonnes du Luxemburger Wort.

«Nous ne sommes pas illégaux!», fulmine Nordinne, vice-président de la fédération des taxis indépendants. «Nous avons l'autorisation d'exercer le métier de taxi par le ministère des Transports: nous sommes de vrais taxis!»

Plusieurs chauffeurs montrent ainsi, en guise de bonne foi, leur carte grise et autre papier d'assurance prouvant leur légalité face à la législation. «On se fait agresser par tout le monde alors qu'on veut simplement travailler. J'ai une famille à nourrir vous savez?» explique l'un des chauffeurs en colère.

Un sentiment d'injustice partagé par d'autres chauffeurs présents devant la gare. «On nous pointe du doigt alors qu'on est légaux: on paie nos cotisations en tant que taxi, nos impôts, nos assurances, on a des ouvriers chauffeurs de taxis qualifiés, alors pourquoi vient-on nous dire que nous sommes illégaux?» demande un autre chauffeur. 

Cependant, la loi sur la réglementation des taxis du 18 mars 1997 stipule que «Nul ne peut sans autorisation délivrée par autorité communale ou sur base du règlement grand-ducal exploiter un service de taxis». Un problème que ces taxis non-officiels ont: ils ne disposent pas de la plaque de stationnement communale nécessaire, en plus de leur autorisation de commerce délivrée par le ministère des Transports. 

Problème de plaques de stationnement

Le gros du problème réside donc dans l'obtention de ces plaques de stationnement, délivrées par la mairie aux entreprises de taxis. L'absence de ces plaques sur leurs véhicules donne une raison aux autres taxis officiels, qui l'ont, de leur taper sur les doigts.

«On a demandé des autorisations de stationnement à la commune mais depuis 2007, la liste est pleine, saturée, et la commune ne peut satisfaire aucune demande», se justifie Nordinne.

En effet, la commune de Luxembourg-Ville dispose de 154 plaques. Une fois ce quota atteint, impossible de délivrer davantage de plaques. Au Grand-Duché, ce sont 530 plaques communales qui sont disponibles.

Selon Nordinne le fait que la police ne fasse rien prouve qu’ils ne sont pas illégaux: «Pourquoi la police n'enlève pas nos véhicules et ne les pas met à la fourrière si on n’a pas le droit d'exercer? Il y a vraiment un souci au niveau de la loi des taxis au Luxembourg.

«On serait donc illégaux parce qu'on ne donne pas 1.600, 1.700 euros par mois à ces entreprises pour qu'elles nous louent des plaques? Je refuse de faire de la magouille moi, c'est tout!» explique Fernando, autre patron d'une société de taxis indépendante.

«On m'empêche de travailler, on empêche mes clients de monter dans mon véhicule parce que je n'ai pas cette plaque! Je connais 80% de ces chauffeurs officiels là-bas et ils sont nombreux à ne pas être réglo vis-à-vis de cette fameuse plaque. Certains propriétaires sont morts ou à la retraite, mais leurs plaques circulent toujours, ce n'est pas légal!» contre-attaque Nordinne.

La CFL a d'ailleurs particulièrement agacé ces chauffeurs ce mardi matin en empêchant des passagers de monter à bord de leur véhicule pour attendre et privilégier des taxis officiels. «En 16 ans de métier je n'ai jamais vu ça! Une file de gens qu'on empêche de monter dans nos voitures, c'est n'importe quoi!»

Monopole des grandes sociétés de taxis

Ce que ces chauffeurs dénoncent également, c'est un monopole des grandes sociétés de taxis. «Colux demande 20 plaques et ne les utilisent pas alors que nous on refuse de nous en fournir» indique Fernando.  

«Monsieur Gallé, patron de Colux, est la source du problème. Il a même créé ce problème parce qu'il est en train de se faire manger par d'autres sociétés comme nous qui ont des prix plus compétitifs», pense Nordinne.  

A noter ainsi que le prix d'une course dans un taxi officiel revient à 3 euros le kilomètre contre un peu moins de 2 euros chez les taxis non-officiels.  

«On a demandé à monsieur Gallé, la bourgmestre et le ministre des Transports de s'asseoir à table avec nous tous et de régler le problème. Monsieur Gallé a toujours refusé! Nous ce qu'on demande, c'est de définir clairement quel est le problème du taxi au Luxembourg? Est-ce un problème de plaques de stationnement? De surplus de taxis? De gens qui sont à la retraite mais exercent quand même? Il faut clairement définir tout ça!» réclame Nordinne. 

Joint par la rédaction, Olivier Gallé, a tenu à rappeler qu'il y avait des règles à respecter: «Certes ils ont leur autorisation de commerce, mais sans l'autorisation communale, ils ne peuvent exercer légalement. Les règles sont les mêmes pour tout le monde! Ce n'est pas parce que vous avez votre permis de conduire que vous pouvez rouler à 300km/h sur le boulevard Royal... Il faut respecter les règles, c'est tout.»



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