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Aides et taxes à venir pour préserver le climat
Luxembourg 4 min. 06.12.2019 Cet article est archivé

Aides et taxes à venir pour préserver le climat

Claude Turmes et Carole Dieschbourg présentant leur plan "Génération Climat".

Aides et taxes à venir pour préserver le climat

Claude Turmes et Carole Dieschbourg présentant leur plan "Génération Climat".
Photo : LW
Luxembourg 4 min. 06.12.2019 Cet article est archivé

Aides et taxes à venir pour préserver le climat

Patrick JACQUEMOT
Patrick JACQUEMOT
Si le Luxembourg veut réduire de 55% ses émissions de gaz à effet de serre, cela ne se fera pas sans contraintes, ni incitations. Et la mesure la plus spectaculaire est l'instauration, à compter de 2021 d'une taxe CO2 qui touchera entreprises comme particuliers.

La semaine dernière, les ministres de l'Environnement et de l'Energie claironnaient que le Luxembourg allait être plus ambitieux en matière de réduction de ses émissions de gaz à effet de serre. Le pays ne se contentant plus de diminuer de -40% mais rehaussant la barre à -55% d'ici 2030. Ce vendredi, Carole Dieschbourg et Claude Turmes (Déi Gréng) ont tambouriné pour faire connaître par quels moyens ils comptaient engager le pays dans cette (bonne) voie.

La direction à suivre tient en un document, adopté par l'ensemble du gouvernement : le Plan national intégré en matière d'énergie et de climat. Autrement dit le PNEC. Et si Churchill avait prévenu le peuple anglais que la bataille d'Angleterre promettait du sang et des larmes, les deux ministres ont décliné des mesures qui tiennent autant de la contrainte que de l'encouragement. A charge pour le Plan de cibler tous azimuts et de récompenser les efforts ou de pénaliser les mauvaises pratiques.


TO GO WITH AFP STORY BY ANTHONY LUCAS
(FILES) -- A file picture taken on February 14, 2013 shows smokes rising from stacks of a thermal power station in Sofia. Starting on September 27, 2013, six years after their last diagnosis on global warming, climate experts of the Intergovernmental Panel on Climate Change (IPCC) will present their new state of affairs: an increasingly alarming wakeup call in preparation of the 2015 expected climate agreement.  AFP PHOTO / DIMITAR DILKOFF
Le niveau de C02 continue de croître
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Un des piliers de la stratégie nationale sera l'instauration d'une taxe sur le Co2, «sur le mode pollueur-payeur». En clair, pour chaque tonne de dioxyde carbone rejetée dans l'air, il faudra passer à la caisse. «Nous avons regardé ce qui se fait chez nos voisins, et adopter un prix moyen: 20€/tonne à compter de 2021.»

Cette taxation ira crescendo avec le temps: 25€ en 2022, 30€ un an plus tard. «Cela devrait nous rapporter entre 100 et 120 millions d'euros», se frotte déjà les mains, Claude Turmes. Qui paiera? «Tout le monde.» Cette taxe étant prélevée aussi bien au moment de faire le plein de son réservoir auto de carburant qu'à l'heure de remplir sa citerne de mazout ou pour toute usine de production. Seuls les grands industriels (type aciérie), déjà assujettis à une taxe CO2, seront exemptés. 

Les transports pèsent pour 64,4% dans nos émissions de CO2

Difficile pour l'heure d'établir de combien chaque citoyen devra s'acquitter dans son quotidien. «Mais on va préparer le dispositif, comme l'ensemble du PNEC, en concertation avec les citoyens. Chacun pourra consulter le projet et faire part de ses remarques sur le site internet.»

Nul doute que la page web va vite être envahie de protestations quand les deux ministres indiqueront, par ailleurs, comment ils comptent relever les accises pesant sur le diesel. «Mais le domaine des transports pèse pour 64,4% dans nos émissions, c'est donc le secteur sur lequel il faut être le plus ferme», souligne Claude Turmes. Une taxation nouvelle sur l'achat des véhicules les plus polluants, diesel en tête, n'est pas à exclure. Même chose pour une «réévaluation de l'avantage en nature lié aux voitures de fonction (leasing)». 

Le ministre des Finances, Pierre Gramegna (DP) devra intégrer cela dans sa future réforme sur la fiscalité. Mais il devra surtout bien évaluer les dépenses que le nouveau Plan Energie-Climat implique. Car le gouvernement entend surtout réussir à atteindre les 55% de réduction de gaz à effet de serre à grands coups d'encouragements sonnants et trébuchants.

Les chèques vont tomber

Une tarification avantageuse pour les industriels misant sur le photovoltaïque; la promotion de la géothermie, des pompes à chaleur ou de l'éolien; la gratuité des transports publics dès mars 2020; des aides à l'électromobilité réévaluées; un encouragement à l'hydrogène («Une première station de recharge sur autoroute est en cours de négociation»); avantage pour les automobilistes achetant un véhicule 0 ou faible émission de CO2; des subsides pour inciter les particuliers à abandonner leur chauffage au mazout; des fonds pour aider le milieu agricole à atteindre les 20% de production bio dès 2025; une prime pour réduire la fertilisation à l'azote : les chèques vont se multiplier pour que le thermomètre ne grimpe pas si vite.

Ce principe des «<Klimabonus» sera particulièrement apprécié des particuliers améliorant la performance énergétique et l'isolation de leur habitation. «La PRIMe House deviendra plus avantageuse encore, donc plus incitative», promet notamment Carole Dieschbourg. 

Et ainsi de suite dans la (longue) liste des bonnes pratiques à promouvoir via ce Plan «aux objectifs ambitieux» et au financement un peu flou tout de même. Mais la sauvegarde de la planète n'a pas de prix, n'est-ce pas?


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