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Afflux de 400 réfugiés en septembre: Le gouvernement «n'est pas paniqué»
Luxembourg 6 min. 22.09.2015

Afflux de 400 réfugiés en septembre: Le gouvernement «n'est pas paniqué»

Corinne Cahen, ministre de la Famille et de l'Intégration: «Tout demandeur de protection internationale a le droit d'être accueilli».

Afflux de 400 réfugiés en septembre: Le gouvernement «n'est pas paniqué»

Corinne Cahen, ministre de la Famille et de l'Intégration: «Tout demandeur de protection internationale a le droit d'être accueilli».
Photo: Guy Jallay
Luxembourg 6 min. 22.09.2015

Afflux de 400 réfugiés en septembre: Le gouvernement «n'est pas paniqué»

Depuis le 1er septembre, «nous avons accueilli 400 personnes mais toutes ne vont pas rester», assure la ministre de l'Intégration. Pour l'heure le Luxembourg parvient à «digérer» l'afflux de réfugiés mais les structures d'hébergement actuelles «risquent d'arriver à saturation» très vite. Trois ministres font le point sur le Plan d'urgence d'accueil qui se met en place.

Par Maurice FICK

La situation actuelle en résumé
  • L'afflux de réfugiés est maîtrisé pour l'heure mais les structures d'hébergement «risquent d'arriver à saturation à la fin du mois de septembre».
  • 398 réfugiés (la moitié sont des Syriens) ont déjà été accueillis au Luxembourg au soir du 21 septembre 2015.
  • Les 4 Centres de primo-accueil à Luxembourg, Strassen et Ettelbruck seront prêts «dans un laps de temps assez court».
  • Il faudra au minimum quatre mois pour installer des «villages de containers» à Steinfort, Mamer et Diekirch.
  • Priorité à la scolarisation des enfants réfugiés: le ministère de l'Education nationale financera 2 heures de cours par enfant et par semaine aux communes.
Dans l'ordre, Claude Meisch, ministre de l'Education nationale, Corinne Cahen, ministre de l'Intégration, et François Bausch, ministre des Infrastructures, ont dressé, mardi matin au Foyer pour réfugiés Lily Unden à Luxembourg, un état des lieux sur l’accueil des réfugiés au Grand-Duché.
Dans l'ordre, Claude Meisch, ministre de l'Education nationale, Corinne Cahen, ministre de l'Intégration, et François Bausch, ministre des Infrastructures, ont dressé, mardi matin au Foyer pour réfugiés Lily Unden à Luxembourg, un état des lieux sur l’accueil des réfugiés au Grand-Duché.
Photo: Lex Kleren

Pour l'heure ça passe mais le temps presse

«On a très vite réagi, tous ministères confondus, et la solidarité dans le pays est énorme» a posé Corinne Cahen, ministre de la Famille et de l'Intégration.

Depuis le 1er septembre, «nous avons accueilli 400 personnes au Luxembourg mais toutes ne vont pas rester», assure Corinne Cahen. Pour l'heure le Luxembourg parvient à «digérer» l'afflux de réfugiés mais les structures d'hébergement actuelles «risquent d'arriver à saturation» très vite.

Le message délivré par les trois ministres du gouvernement Bettel -qui ont réuni ce mardi matin la presse au Foyer pour réfugiés Lily Unden à Luxembourg-Limpertsberg- est clair. Le gouvernement fait actuellement face à l'afflux de réfugiés -«On n'est pas paniqué», a résumé Corinne Cahen- mais au rythme actuel des arrivées, la place viendra à manquer rapidement dans les structures d'accueil d'urgence.

Les travaux d'aménagement des 4 Centres  de primo-accueil comme dans le Hall 6 de Luxexpo au Kirchberg progressent rapidement.
Les travaux d'aménagement des 4 Centres de primo-accueil comme dans le Hall 6 de Luxexpo au Kirchberg progressent rapidement.
Photo: Chris Karaba

Trouver de la place mais à quelle vitesse?

Le plan du gouvernement, ficelé par le Haut Commissariat à la protection nationale: ouvrir rapidement 4 Centres de primo-accueil  pour recevoir 1.010 réfugiés à Strassen, Luxembourg (2) et à Ettelbruck et, «à moyen terme» créer de toutes pièces 3 «villages de containers» pouvant accueillir 300 réfugiés chacun (voire 600 en «en cas d'urgence absolue») à Steinfort, Mamer et à Diekirch.

Dans l'ancien Centre de logopédie de Strassen, 300 lits pour des familles mais aussi les femmes et mineurs qui sont seuls, devraient être disponibles dès ce mercredi 23 septembre et jusqu'à mi 2016.

L'ancienne maternité du CHL à Luxembourg, où 130 lits accueilleront les plus vulnérables (personnes âgées et malades), sera opérationnelle à la fin de ce mois de septembre et jusqu'à la fin 2016.

Dans le Hall 6 de Luxexpo au Kirchberg, il y aura 360 lits «début octobre 2015. Nous attendons les tentes», explique Corinne Cahen. Ce centre d'accueil d'urgence pensé pour accueillir les réfugiés durant 48 heures seulement sur des lits de camp, doit être opérationnel «début octobre 2015» et restera ouvert jusqu'au 1er mai 2016.

Enfin, le Bâtiment B du Centre hospitalier neuro-psychiatrique d'Ettelbruck disposera de 220 lits pour des familles, femmes et mineurs non accompagnés «pour fin octobre 2015» et ce jusque juillet 2016.

L'appel aux communes

Une commune qui acceptera dorénavant 12 enfants réfugiés bénéficiera d'un enseignant supplémentaire au fondamental.
Une commune qui acceptera dorénavant 12 enfants réfugiés bénéficiera d'un enseignant supplémentaire au fondamental.
Photo:Guy Jallay

Parallèlement, Dan Kersch, le ministre de l'Intérieur, a pour mandat «de trouver d'autres logements vides ou sites dont une partie pour ceux qui ont le statut de réfugiés et une autre partie pour les résidents qui figurent depuis longtemps sur les listes d'attentes du Fonds du logement, notamment», indique Corinne Cahen.

En ce moment arrivent «continuellement entre 20 et 35 personnes par jour», un afflux qui pourrait perdurer dans les mois à venir avant que la météo hivernale ne s'en mêle dès janvier; mais le gouvernement ne peut faire aucun prévisionnel chiffré. Fait est que «notre prochain challenge est de faire sortir les gens des structures d'accueil. Nous devons parvenir à distribuer la masse des réfugiés sur tout le territoire pour éviter les concentrations», résume Claude Meisch, ministre de l'Education nationale.

Pour la planification des «villages containers», «nous ne perdons pas une seconde!», assure, pour sa part, François Bausch. Le ministre des Infrastructures explique qu'actuellement «le grand problème est que pour les trois sites choisis, le classement au niveau du PAG (Plan d'aménagement général) de la commune ne permet pas d'installer ces containers. L'Etat a décidé d'accélérer la procédure pour modifier le PAG -mais pas sans consultation publique préalable, ni vote au Conseil communal- et de préparer un règlement grand-ducal». Une procédure légale «qui dure normalement six mois mais en invoquant l'urgence auprès du Conseil d'Etat, on pourrait gagner deux mois.» De sorte que ces «villages containers» pourraient être prêts avant le printemps 2016.

Coup de pouce pour scolariser les enfants

«Si nous voulons réussir l'intégration des enfants réfugiés dans le temps et dans la vie professionnelle par après, nous avons l'obligation de bien les prendre en charge sur le plan scolaire», estime le ministre de l'Education nationale mais aussi en dehors des cours. Avant de préciser que «beaucoup sont alphabétisés dans une autre langue» et que «les catégories sont très hétérogènes».

Outre les «2.000 heures que l'école met déjà à disposition des primo-arrivants», le ministère a mis en place «des ressources supplémentaires pour toutes les communes qui acceptent des enfants réfugiés. Elles bénéficieront de 2 heures de cours supplémentaires par semaine et par enfant. De sorte que lorsqu'il y aura 12 enfants réfugiés dans une commune, elle aura droit à un enseignant supplémentaire», résume Claude Meisch.

Des «classes d'accueil» seront également mis en place dans les lycées pour pouvoir scolariser très rapidement les enfants et leur apprendre une autre langue du pays».

Un nouveau programme pour adultes sera présenté dans les foyers d'accueil «apprendre très vite les 100 premiers mots en luxembourgeois» mais également pour bénéficier d'une offre plus étoffée en français et en allemand.


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