Accident de trains de Bettembourg

Une défaillance technique et humaine à l'origine de la collision

La collision entre le train de voyageurs des CFL (TER 88807) à destination de Thionville et un train de marchandises avait fait un mort (le conducteur du TER) et deux blessés
La collision entre le train de voyageurs des CFL (TER 88807) à destination de Thionville et un train de marchandises avait fait un mort (le conducteur du TER) et deux blessés
Photo: Guy Jallay

(MF) – Les circonstances précises restent à définir mais les causes de la terrible collision survenue le 14 février 2017 entre un TER à et un train de marchandises à Bettembourg et qui a lourdement perturbé le trafic ferroviaire entre Thionville et le Luxembourg sont connues. La collision frontale entre le train de fret provenant de la France et le TER des CFL qui venait du Luxembourg sur la même voie, avait fait un mort (le conducteur du TER) et deux blessés.

Le rapport d'expertise préliminaire rédigé par un expert judiciaire mandaté par le juge d'instruction en charge du dossier retient, comme l'a résumé le Parquet de Luxembourg ce mardi, trois causes à l'origine de l'accident:

  • Le conducteur du train TER 88807 n'a pas réagi au signal lumineux fixe avancé présentant la position «avertissement» en réduisant la vitesse comme la réglementation le lui imposait;
  • L'impulsion que le système d'aide à la conduite dit «crocodile» du signal fixe avancé aurait dû émettre n'a pas été reçue par le train TER 88807, ce qui a eu pour conséquence que le système Memor II+ n'a pas déclenché de freinage;
  • Lorsque le conducteur du train TER 88807  a réalisé que le signal fixe principal était en position «arrêt», la distance de freinage était insuffisante pour lui permettre d’arrêter le train à temps afin d’éviter la collision frontale.

Les boîtes noires des deux trains accidentés, la seconde avait été retrouvée parmi les débris six jours après l'accident, ont parlé. Voici ce qu'elles nous apprennent sur les causes de l'accident :

Pas d'explication sur le non-freinage du conducteur

Rappelons que le train voyageurs TER 88807 de Bettembourg en direction de la France devait s'arrêter pour permettre le passage du train marchandises 49800 à destination de la gare de triage de Bettembourg.

La raison pour laquelle le conducteur n'a pas tenu compte du signal fixe avancé et n'a pas freiné son train demeure un gros point d'interrogation, à ce stade de l'enquête.
La raison pour laquelle le conducteur n'a pas tenu compte du signal fixe avancé et n'a pas freiné son train demeure un gros point d'interrogation, à ce stade de l'enquête.
Photo: Gerry Huberty

En amont du point où le train TER 88807 devait s’arrêter, «un signal fixe avancé a averti le conducteur du train qu’il devait s’attendre à un signal fixe principal en position d’arrêt. Le conducteur aurait dû réagir à ce signal en réduisant la vitesse. Cependant, le train a passé le signal fixe avancé sans que le conducteur ne réduise ensuite la vitesse», indique le rapport d'expertise.

Pourquoi le conducteur n'a-t-il pas tenu compte de ce signal et n'a pas freiné son train demeure un gros point d'interrogation. Ces raisons «sont actuellement en cours d'investigation», explique le Parquet de Luxembourg.

Défaillance de connexion entre le signal et l'automotrice

Fait est que dans la logique, un contact fixe de la voie - dit «crocodile» - qui est un élément du système d’aide à la conduite Memor II+, «aurait dû transmettre la position du signal fixe avancé à l’automotrice. Les enregistrements montrent cependant qu’aucune impulsion n’a été reçue par l’automotrice

L'enquête a bien montré que «le système Memor II+, qui était en service à bord de l’automotrice, n’a par conséquent pas déclenché de freinage d’urgence, malgré l’absence de freinage de la part du conducteur».

Freinage d'urgence mais trop tard

Au moment du passage du signal lumineux fixe principal qui indiquait la position «arrêt» (c'est un feu rouge), peu avant l’arrivée à la bretelle où a eu lieu l’accident, «le conducteur du train TER 88807 a déclenché un freinage d’urgence au dernier moment alors que le signal était visible depuis quelques centaines de mètres».

Le système d’aide à la conduite MEMOR II+ a enregistré le passage du signal fixe principal. Au moment de la commande de freinage d’urgence, le train TER 88807 roulait à 133 km/h.

«Malgré ce freinage d’urgence, le choc était inévitable, la distance disponible pour le freinage étant devenue trop courte pour pouvoir arrêter le train».

Le dernier enregistrement de vitesse du train voyageurs avant la collision avec le train marchandises était de 85 km/heure.

Suivez-nous sur Facebook, Twitter et abonnez-vous à notre newsletter de 17h.