Accès aux sanitaires

Les chauffeurs de bus bientôt soulagés

Les syndicats des chauffeurs de bus du secteur privé sont en pleines négociations de la nouvelle convention collective.
Les syndicats des chauffeurs de bus du secteur privé sont en pleines négociations de la nouvelle convention collective.
Pierre Matgé

Par Anne Fourney

Les chauffeurs de bus du secteur privé et leurs patrons sont en pleines négociations pour l'établissement d'une nouvelle convention collective. Le syndicat LCGB a tenu une conférence de presse mercredi matin pour publier ses revendications. 

Parmi les points présentés figurent l'accès aux sanitaires et la sécurité des chauffeurs, de plus en plus confrontés à des agressions.

Sanitaires

Quand un chauffeur de bus a-t-il la possibilité de se rendre aux toilettes? La question prête peut-être à sourire, mais elle représente un vrai problème pour la profession. En fait la question n'est pas seulement quand, mais où? Un bus effectue des trajets allers et retours plusieurs fois pendant plusieurs heures d'affilée, en ville ou en dehors de la ville: à quel moment le chauffeur, qu'il soit homme ou femme, peut-il prendre le temps d'aller aux toilettes, et où? Les installations sanitaires publiques ne se trouvent pas toujours, ou rarement, sur leur trajet. Et ils ne peuvent pas s'absenter très longtemps, car leur trajet est minuté et «en plus on a souvent du retard à cause du trafic», ajoute  Dominique Machado, président de la Fédération des transports auprès de la LCGB. 

Le MDDI (ministère du Développement durable et des Infrastructures) a entendu la demande et un budget de 660.000 euros par an pour une durée de trois ans a été prévu, et inscrit au budget de l'Etat, a souligné le LCGB. 

Cette somme permettra de contribuer au financement de 79 unités de toilettes dans un premier temps. Le ministère finance ces installations à hauteur de 50%, le reste devra être payé par les communes. 

«Nous avons soulevé ce problème il y a longtemps, mais nous y travaillons vraiment activement depuis quatre ans», explique Dominique Machado.

Les syndicalistes indiquent que leurs patrons ne les ont pas soutenus dans ces avancées et qu'ils ont dû faire valoir eux-mêmes ce droit élémentaire. Du côté du patronat, Alain Pétry, conseiller à la FLEAA (Fédération Luxembourgeoise des Exploitants d'Autobus et d'Autocars), et contacté par nos soins, a déclaré soutenir la demande de ces salariés.

Sécurité

La sécurité des chauffeurs de bus préoccupe le syndicat LCGB qui demande à ce que des mesures soient prises dans ce domaine. Les agressions, physiques ou verbales, sont en augmentation, disent-ils, ainsi que les actes d'incivilité. Ils demandent à ce que des agents de sécurité soient déployés sur certaines lignes pour la sécurité des chauffeurs et des passagers. 

«Quelles actions sont entreprises pour limiter les problèmes, améliorer notre sécurité?», interroge Jean-Paul Baudot, secrétaire syndical. Les syndicalistes réclament aussi un bouton d'urgence afin de pouvoir vite entrer en communication avec la police, par exemple. 

«Nous n'avons pas tellement de problèmes de sécurité ici au Luxembourg, du moins pas autant que dans certaines grandes villes», relativise Alain Pétry. «Placer des agents de sécurité sur les lignes de bus est difficile à mettre en place, il en faudrait beaucoup et cela suppose de gros moyens. C'est aux autorités de prendre les dispositions nécessaires.» Il concède que certains dispositifs pourraient être installés à bord des bus, comme des caméras de surveillance ou un bouton d'urgence. Sachant que certains bus sont déjà équipés d'un système de traçage électronique (tracking), qui permet de connaître leur évolution sur le trajet. 

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