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Le TER Nancy-Luxembourg bientôt luxembourgeois?

En marge de la réunion aux Rotondes, lundi, le ministre des Transports n'écarte pas l'idée que les CFL puissent postuler au marché public du TER pour 2024
En marge de la réunion aux Rotondes, lundi, le ministre des Transports n'écarte pas l'idée que les CFL puissent postuler au marché public du TER pour 2024
Anouk Antony

Par Thierry Labro

Le 1er avril, l'information aurait été le parfait poisson d'avril: les Chemins de fer luxembourgeois chargés d'organiser le TER entre Nancy et Luxembourg. Le lundi 16 octobre, ce n'est même pas une plaisanterie à l'occasion du 61e anniversaire du ministre des Transports.

Non, cette possibilité vient tout simplement du même texte européen qui permet à l'Etat luxembourgeois de soutenir financièrement sa société ferroviaire, sans qu'elle change véritablement de structure, à la différence d'autres pays européens. 

En marge de la conférence qu'il a organisée avec le patron des CFL aux Rotondes de Bonnevoie pour expliquer les 3,9 milliards d'euros d'investissements d'ici 2023, François Bausch n'est d'ailleurs pas peu fier de rappeler que c'est sous présidence luxembourgeoise du Conseil de l'Union européenne - la réunion des chefs d'Etat et de gouvernement - que le quatrième paquet ferroviaire a été amendé pour permettre aux petits marchés de s'en sortir.

Seule la gouvernance des CFL a dû être adaptée à la règle européenne.

2024, fin des chantiers, moment idéal

Du coup, une fois que les 507 millions d'euros auront été dépensés dans l'extension de la gare de Luxembourg de deux nouvelles voies et donc quatre quais, et de l'ajout de deux nouvelles voies entre Luxembourg et Bettembourg, et que les systèmes de sécurité et de communication seront en service dans de nouvelles rames de trains à la pointe du progrès... rien n'empêchera la compagnie luxembourgeoise d'entrer en contact avec les autorités politiques lorraines - concrètement la Région Grand Est basée à Strasbourg - pour postuler au marché public du transport de passagers en Lorraine.

Car la région dépense 430 millions d'euros pour aider la SNCF à organiser ce service aussi fondamental contre le désenclavement des territoires que précieux pour les frontaliers, attendus à plus de 100.000 pour la première fois de l'histoire l'an prochain.

Il se trouve justement que les frontaliers se plaignent de plus en plus des conditions dans lesquelles ils voyagent, et reprochent à la SNCF mais aussi déjà aux CFL l'absence d'informations, les conditions de voyage en mode "sardines" ou l'absence de climatisation en été et de chauffage en hiver.

Richert avait déjà ouvert la porte de la concurrence

Pourquoi les Lorrains seraient tentés de prendre un abonnement aux CFL plutôt qu'à la SNCF, il est encore trop tôt pour le dire. Mais probablement parce que le ministre travaille à un concept global de mobilité qui intègre un mélange dans les modes de transport. Places de parking, bus, train, vélos, vélos électriques, voitures à partager, covoiturage. "Je suis convaincu que nous ne devons plus aborder la question comme celle du déplacement mais comme celle d'un service que nous rendons aux usagers", expliquait-il lundi aux Rotondes.

Et comme par hasard, la convention qui lie la Région à la SNCF se termine... en 2024! Et début février 2017, le patron de cette nouvelle grande région, Philippe Richert, avait annoncé qu'il mettrait une partie du lot en concurrence, 10%, à partir du 31 décembre 2020, histoire de mettre la pression sur l'opérateur historique...

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