A quoi va bien pouvoir servir «Diplôme +»?
A quoi va bien pouvoir servir «Diplôme +»?
Les jeunes feront, en premier, les frais de la crise. Et face à la difficulté de trouver un premier job à la sortie du lycée, le ministère de l'Education a choisi d'initier le programme «Diplôme +». Soit une année de cours pour développer de nouvelles compétences afin de s'ouvrir davantage d'opportunités professionnelles. L'intention est louable, mais pas sûr que la dernière-née des offres de formation soit bien utile au final.
Sur le papier, la proposition tient la route. 25 heures de formation chaque semaine sur un an, proposées à des garçons et filles fraîchement diplômés de l'enseignement secondaire (classique ou général) ou issus de la formation de technicien : voilà qui ne peut être qu'un plus pour celles et ceux qui auraient vu se refermer toutes les portes de possibles embauches ces dernières semaines.
Pour le ministre de l'Education, Claude Meisch (DP), l'idée est de proposer du «sur-mesure». Transmettre des apprentissages pour qu'en attendant un recrutement chacun puisse conforter certaines compétences. De la technique de présentation à un entretien en passant par la gestion, les séquences ont ainsi pour but de «favoriser l'autonomie et l'auto-efficacité». La première session doit débuter dès le 19 octobre et s'achever le 15 juillet 2021. Sachant qu'à l'issue de chaque semestre, le participant recevra un certificat indiquant les compétences acquises, dans la mesure où il aura assisté à 80% de la formation dans tel ou tel module. Bien.
Mais. Mais ne serait-ce pas là plutôt un leurre? Une façon de détourner de l'inscription à l'ADEM des jeunes pourtant bel et bien à la recherche d'un contrat de travail? A l'heure où nul ne veut voir gonfler les chiffres du chômage (6,6% de taux de chômage en juillet), c'est pourtant à craindre.
Interrogé sur le statut des participants, les services du ministère de l'Education confirment qu'ils seront bien «considérés comme des élèves, sans forme de rémunération ou dédommagement». Pas d'allocation chômage à espérer donc durant cette année de transition. Cela alors qu'en se déclarant comme demandeur d'emploi, ils ou elles auraient droit à une aide (et à des formations similaires...).
Si le dispositif peut être quitté à tout moment, «Diplôme +» a été pensé pour s'étaler sur neuf mois. Là encore, difficile d'imaginer que les participants ne quittent le navire au fil des semaines, préférant les sirènes d'un éventuel contrat de travail plutôt que de s'astreindre à aller au terme d'une formation - et Claude Meisch a bien insisté sur ce fait - qui «ne délivrera pas de diplôme, juste un certificat».
Pour l'heure, le dispositif n'est pas encore ouvert aux inscriptions. Qui se chargera de sa promotion, de la sélection, de possibles entrées en cours de route? Pas de précision donnée. Seuls détails avancés : la formation sera assurée par des «enseignants expérimentés et des spécialistes issus d'organismes de formation privés»; les cours auront essentiellement lieu aux CNFPC d'Esch-sur-Alzette et Ettelbruck (quid de la capitale?) et une deuxième session pourra être envisagée à compter du printemps 2021 «en cas de forte demande».
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