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A plus grands pas vers du logement accessible
Luxembourg 4 min. 09.10.2020 Cet article est archivé

A plus grands pas vers du logement accessible

Déjà fin septembre, une manifestation sur le droit au logement avait été organisée à Esch-sur-Alzette. La pression monte.

A plus grands pas vers du logement accessible

Déjà fin septembre, une manifestation sur le droit au logement avait été organisée à Esch-sur-Alzette. La pression monte.
Photo : Pierre Matgé
Luxembourg 4 min. 09.10.2020 Cet article est archivé

A plus grands pas vers du logement accessible

Patrick JACQUEMOT
Patrick JACQUEMOT
Face à la difficulté croissante de trouver de quoi se loger au Luxembourg, une vingtaine d'associations et syndicats organisent, samedi, une manifestation à Luxembourg. But : pousser les politiques à faire plus, et plus vite.

Le constat, chacun le connaît. Des prix de l'immobilier qui ne cessent de flamber (plus 13% en un an); des propriétaires qui préfèrent spéculer plutôt que louer; un Etat qui construit certes, mais des communes qui tardent à suivre l'exemple. «Au final, des centaines de familles qui, soit voient filer une grande partie de leurs revenus dans leur loyer ou leur remboursement d'emprunt, soit sont contraintes d'accepter un bien inadapté à leur besoin», peste Jean-Michel Campanella. Président de l'association Mieterschutz Lëtzebuerg-Défense des locataires, il est un des initiateurs de la «Marche pour l'accès au logement digne et abordable» qui aura lieu ce samedi 10 octobre, dans les rues de la capitale. 

En un claquement de doigt, le mouvement a réussi à fédérer des centaines de particuliers et une vingtaine d'asbl, mouvements politiques et syndicats. Déjà plus de 1.500 personnes ont assuré de leur participation en réponse à l'invitation à manifester envoyée sur les réseaux sociaux. «Signe d'une véritable urgence», commente Jean-Michel Campanella. «Longtemps, le problème n'a concerné que les catégories sociales les plus basses du pays. Aujourd'hui, une grande partie de la classe moyenne et des résidents se retrouvent aussi confrontés à la difficulté voire à l'impossibilité d'accéder à l'habitation qui leur conviendrait.» Il est donc plus que temps d'agir.

Sauf que, regrettent les initiateurs du rendez-vous, «les solutions avancées ne sont que des mesurettes». Le ministre du Logement, Henri Kox (Déi Gréng), appréciera... Certes, ses avances sur la protection des locataires ou l'accélération des projets de construction de logements abordables (1.000 unités/an à l'avenir) méritent d'être saluées. Hélas, cela devrait s'avérer insuffisant au vu de la pression du marché. «La population peut-elle attendre trois-quatre ans que ces maisons ou ces appartements se construisent? Je ne le crois pas», pousse le porte-parole de la marche.

Aussi, au-delà du concert de casseroles attendu, les organisateurs insistent pour que le mouvement soit entendu des politiques pour qu'ils adoptent des solutions qui permettraient de soulager au plus vite nombre de ménages. «Il faut être rapide et innovant aussi dans ce domaine», lancent Campanella et les siens.


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A quand un vaste recensement des logements vides pour les mettre sur le marché? A quand une taxation dissuasive pour les propriétaires qui refusent de mettre leurs biens en vente ou en location? Ou, moins , plus d'incitation vers la gestion locative sociale? A quand l'ouverture de logements modulables et déplaçables (type grands containers aménagés)? A quand des communes prenant leur part dans la réalisation et la gestion de nouvelles habitations?

Et si le gouvernement veut des idées, la mobilisation d'octobre devrait donner naissance à une plateforme. Un groupe rassemblant des «bonnes volontés prêtes à réfléchir à ce qu'il serait envisageable de faire localement comme nationalement». Un lobby citoyen qui veut se faire entendre, au-delà des slogans, par ses réflexions.«Moi, constater la montée des prix du foncier ou des logements, le départ des résidents au-delà des frontières pour se trouver un toit ou la multiplication des logements indignes, je ne trouve pas cela à la hauteur du Grand-Duché», conclut Jean-Pierre Campanella.

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