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A Luxembourg, l'arbre tient une place capitale

  • 80 hectares de parcs
  • Une vraie politique
  • Attention, travaux !
  • Gasperich attend son parc
  • Nouvelle sève pour le parc de Merl
  • Sans oublier la forêt
  • 80 hectares de parcs 1/6
  • Une vraie politique 2/6
  • Attention, travaux ! 3/6
  • Gasperich attend son parc 4/6
  • Nouvelle sève pour le parc de Merl 5/6
  • Sans oublier la forêt 6/6

A Luxembourg, l'arbre tient une place capitale

A Luxembourg, l'arbre tient une place capitale

A Luxembourg, l'arbre tient une place capitale


par Patrick JACQUEMOT/ 30.12.2019

Photo : Pierre Matgé

Entre ses parcs et ses rues, la Ville de Luxembourg compte 20.200 arbres. Et à raison de 300 nouveaux enracinements par an, la commune verdit son image mais aussi sa qualité de vie.

Le chiffre parait incroyable. Mais, aujourd'hui encore, 50% du territoire de la capitale n'a pas été urbanisé. Mieux, une majeure partie de cet espace est occupée par des forêts, des jardins et des parcs. «Nous avons encore la chance d'avoir une douzaine de grands îlots verts», rappelle Roland Kirch, responsable du service des parcs à qui viendrait se plaindre de la "bétonisation" grandissante.

A la tête d'une équipe de 180 personnels, le technicien sait mieux que quiconque l'importance de ce patrimoine végétal en milieu urbain. «Un arbre, ça produit de l'oxygène, ça apporte de la fraîcheur, ça apaise, ça embellit le paysage. Et puis les arbres sont les grands témoins de notre histoire. Ils durent plus que nos vies...» En témoigne ce séquoia qui orne le parc municipal Edouard André depuis son ouverture, en 1867. 

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80 hectares de parcs
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Illustration Parc de Merl, Enten, Foto Lex Kleren
Lex Kleren

Au total, la capitale dispose ainsi de 80 hectares de parcs «et un peu plus de 20.200 arbres». Une précision que l'on doit au cadastre de l'arbre mis en place depuis 1993. Chaque arbre enraciné dans un parc, dans un cimetière ou dans une rue y est recensé.

Et Roland Kirch d'expliquer: «L'application indique l'essence bien sûr, mais aussi les soins apportés ou à faire (taille, par exemple), l'état sanitaire (important à l'heure des dégâts causés par les insectes ou la chaleur), la date de plantation». Il s'agit là d'un outil unique au Grand-Duché et qui marque bien l'attention portée par la Ville à son patrimoine végétal et son évolution.

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Une vraie politique
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Depuis 2013, le service des Parcs a un objectif clair, fixé par les élus: planter dans les rues de l'ordre de 300 nouveaux arbres par an. «Avec les plantations en plus dans les parcs, il faut même compter sur un surplus de 50 à 60 troncs même», estime Roland Kirch.

Pour l'échevin en charge de l'espace public, Serge Wilmes (CSV), rien de plus naturel que ces apports de végétation : «L'urbanisme moderne se doit de faire cette place à la nature, sans quoi l'homme perdrait tous ses repères. A mes yeux, il est important que chaque habitant ou usager de la capitale puisse avoir "son" parc. Un endroit où il se reconnecte avec l'environnement près de sa maison ou son bureau. Nous travaillons en ce sens.»

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Attention, travaux !
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Photo : Julian PIERROT

Cette "politique de l'arbre" mise en place à Luxembourg se traduit aussi par le respect apporté aux végétaux déjà en place au milieu d'une cité en constante évolution. Ainsi, avant chaque chantier, les entrepreneurs sont-ils avertis des mesures à prendre pour protéger les arbres en place. Est signalée l'obligation de veiller aux racines, branches et troncs, mais aussi l'estimation chiffrée de chaque arbre. «En cas de dommage, des pénalités sont donc demandées aux entreprises», indique Serge Wilmes.

On sent bien plus l'attachement de la population à ses arbres.

Le service des Parcs veille aussi à bien choisir les essences à introduire dans tel quartier ou telle rue. En fonction de l'ensoleillement, de l'usage (esthétique ou pratique), de la largeur de la voirie. «Et puis, planter un arbre signifie lui offrir les conditions d'un bon épanouissement. Cela signifie au moins 12 m3 de bonne terre pour ses racines à la base, sinon à quoi bon...», note Roland Kirch.

Chaque arbre planté nécessite 12 m3 de bonne terre pour son enracinement.
Chaque arbre planté nécessite 12 m3 de bonne terre pour son enracinement.
Photo : Julian Pierrot

De plus, désormais, chaque arbre arraché fait l'objet d'une information aux riverains. Ce n'est pas juste de la comm', souligne le premier échevin. Les gens ont développé une plus grande sensibilité sur ce sujet. Si avant les services pouvaient tout faire sans que cela n'émeuve guère, aujourd'hui, on sent bien plus l'attachement de la population à ses arbres.»

Sans oublier qu'aujourd'hui, chaque déracinement doit faire l'objet d'une demande d'autorisation du Ministère de l'Environnement qui demande alors à la commune une compensation par une autre plantation d'arbre.

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Gasperich attend son parc
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Photo: Guy Jallay

Certes les travaux auraient dû déjà débuter en 2018, mais -parole de Serge Wilmes : «La nature sera bien au cœur de l'écoquartier entre la route d'Arlon et la route d'Hollerich» . Il est vrai que la commune a mobilisé 16 hectares de terrain destinés à devenir le plus grand parc de la capitale.

«Il faudra compter deux ans de travaux pour ce parc de Gasperich, pronostique déjà Roland Kirch, responsable du service des parcs. Les plus grands arbres qui y seront implantés feront dans les 5-6 mètres de hauteur.» Le style sera plutôt un jardin à l'anglaise, avec un caractère sauvage. Mais aussi avec la présence d'eau (via le ruisseau Drosbach renaturé et un vaste étang) ou encore un verger. Une brasserie-restaurant ouvrira également au milieu de ce parc. Mais pour s'y promener, il faudra attendre  «2023, date raisonnable», à en croire le premier échevin.

2023 qui verra aussi fleurir, de mai à octobre, le nouveau visage des rives de la Pétrusse. Le site trouvant une nouvelle vie à l'approche de la grande exposition horticole baptisée LUGA

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Nouvelle sève pour le parc de Merl
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Illustration Parc de Merl, Enten, Foto Lex Kleren
Photo : Lex Kleren

Créé à la fin des années 70, le parc de Merl-Belair va faire l'objet d'une réunion publique début 2020. La Ville informera les riverains de son nouveau projet de réaménagement notamment pour l'aire de jeux. Mais à l'avenir l'administration communale compte aussi s'appuyer sur l'aide d'un groupe d'usagers pour entretenir et animer telle ou telle partie du parc. Idée qui pourrait être lancée à l'occasion de cette réunion.

«Cette bonne idée revient aux élus socialistes, reconnait volontiers Serge Wilmes. Il s'agira de s'appuyer sur des bonnes volontés locales pour qu'elles deviennent les ambassadrices de ce parc qui est celui de mon enfance.»  

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Sans oublier la forêt
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Photo : Thomas Goisque

Si Luxembourg s'étend sur 5.200 hectares, 1.055 ha de sa superficie sont constitués de bois. Soit 22% de sa superficie tout de même. Une forêt que la Ville exploite et entretient. A commencer par les chemins forestiers ou les refuges servant de protection contre les fortes pluies que les ouvriers de l’atelier du Service Forêts remettent en état. A charge aussi pour eux de réaliser les panneaux de signalisation, les bancs et autres tables de pique-nique installés à l'ombre des grands arbres.


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Lok , Wie geht es dem Wald in Luxemburg , Stand der Dinge , Borkenkäfer usw , Foto: Guy Jallay/Luxemburger Wort