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A Esch, la Stëmm atteint des limites
Luxembourg 6 2 min. 31.10.2019 Cet article est archivé

A Esch, la Stëmm atteint des limites

Quinze ans après l'ouverture des locaux de la Stëmm vun der Strooss à Esch-sur-Alzette, Gauthier (à gauche) et Sarah ne manquent pas de sollicitations.

A Esch, la Stëmm atteint des limites

Quinze ans après l'ouverture des locaux de la Stëmm vun der Strooss à Esch-sur-Alzette, Gauthier (à gauche) et Sarah ne manquent pas de sollicitations.
Photo: Claude Piscitelli
Luxembourg 6 2 min. 31.10.2019 Cet article est archivé

A Esch, la Stëmm atteint des limites

L'inégalité sociale croissante chiffrée récemment par le Statec est palpable dans les locaux de la Stëmm vun der Strooss à Esch-sur-Alzette. Inaugurée voilà quinze ans pour servir trente repas par jour, elle est arrivée plus qu'à saturation.

(MF avec Nicolas Anen) – Sans nul doute, c'est dans les locaux de la Stëmm vun der Strooss, oeuvrant en faveur de l'intégration sociale et professionnelle des personnes défavorisées, que les inégalités croissantes, sont les plus visibles au Luxembourg. Que ce soit rue de la Fonderie à Luxembourg-Ville ou Grand-Rue à Esch, jamais l'association n'a comptabilisé autant de travailleurs pauvres, retraités et sans-abris, dans ses restaurants sociaux.

L'institution sociale eschoise ne compte jamais moins de 60 clients par jour, explique sa responsable, Claude Consdorf.
L'institution sociale eschoise ne compte jamais moins de 60 clients par jour, explique sa responsable, Claude Consdorf.
Photo: Claude Piscitelli

«Environ 40% des gens qui viennent nous voir chaque année sont nouveaux», pose Claude Consdorf, gérante des locaux situés au numéro 32 de la Grand-Rue   à Esch-sur-Alzette. Parmi ces nouveaux, il y a de plus en plus de personnes âgées, des personnes ayant une petite retraite, des célibataires, des veuves ou des personnes divorcées. 

Contrairement aux idées reçues, «tous ceux qui viennent nous voir ne vivent pas dans la rue», assure-t-elle. Au contraire, la plupart ont un appartement, certains viennent même en voiture. Et quand approche la fin du mois, certains viennent avec leurs enfants. «On remarque que les gens vivent près du seuil de pauvreté», dit Claude Consdorf. Les fins de mois difficiles sont souvent liées directement à un problème de dépendance à l'alcool ou aux drogues. 

Au moment de son ouverture voilà quinze ans, la maison de la Stëmm a été pensée pour servir des repas à une trentaine de personnes. Aujourd'hui, plus de 75 personnes en moyenne franchissent quotidiennement le seuil du restaurant social.

Possibilité d'extension vers l'arrière du bâtiment

Fait est qu'«il n'y en a jamais moins de 60», raconte Claude Consdorf avant d'ajouter: «On a faim tous les jours». Quand la fin du mois approche, le nombre de visiteurs augmente. La semaine dernière, par exemple, il y a eu plus de 100 visiteurs certains jours. Etant donné que les visites des clients s'étalent sur les heures d'ouverture, qui vont de 11h30 à 16h30 en semaine, la Stëmm parvient toujours à servir tout le monde. 

Ce n'est plus un secret: les locaux sont devenus bien trop exigus. Et à quinze ans, la Stëmm voudrait s'étaler un peu plus pour répondre à la demande plutôt stable depuis 2012. 

Une possibilité serait de démolir le mur derrière la petite cour. Cela permettrait de créer un passage vers la cour de l'ancienne école, face à la rue de l'Eglise. De nouveaux locaux pourraient y être construits. Les pourparlers avec la municipalité d'Esch-sur-Alzette sont en cours.