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À 40 ans, l'Asti change son fusil d'épaule
Luxembourg 2 min. 22.10.2019

À 40 ans, l'Asti change son fusil d'épaule

Face aux blocages politiques, l'Asti entend porter le fer sur le terrain culturel, afin d'obtenir plus de droits pour les étrangers.

À 40 ans, l'Asti change son fusil d'épaule

Face aux blocages politiques, l'Asti entend porter le fer sur le terrain culturel, afin d'obtenir plus de droits pour les étrangers.
Photo : Alexander Abdelilah
Luxembourg 2 min. 22.10.2019

À 40 ans, l'Asti change son fusil d'épaule

Alexander ABDELILAH
Alexander ABDELILAH
Dans une impasse politique, l’Association de soutien aux travailleurs immigrés redouble d'efforts pour atteindre son objectif : accorder plus de droits à près de la moitié des résidents du Grand-Duché. Pour ce faire, l'Asti mise sur son soft power.

À 40 ans, l'Asti n'entend pas déposer les armes. Fondée le 18 novembre 1979, l'organisation militante avait pour mission d'aider les nouveaux venus à prendre leurs marques dans le pays. Aujourd'hui, ne parvenant pas à imposer sa réforme de la loi de 2008 sur l'accueil et l'intégration des étrangers, l'association veut prendre ses adversaires à contre-pied et attaque sur le terrain de la culture. Le but reste inchangé : conquérir de nouveaux droits pour les étrangers du pays. 

À l’époque de la création de l'Asti, la proportion d’étrangers vivant dans le pays dépassait tout juste les 25%, représentant moins de 100.000 personnes. Quatre décennies plus tard, le visage du pays a changé, accueillant plus de «23.000 étrangers chaque année» d'après Laura Zuccoli, citant le nombre brut d'arrivées. Le solde migratoire net se situe autour de 11.000 personnes par an, selon les données du Statec. En conséquence, la proportion d’étrangers a presque doublé entre 2019 et 1979, atteignant 47,5% de la population totale du Grand-Duché enregistrée au 1er janvier. 

La tension politique autour du sujet de l'accueil d'étrangers sur le territoire a fait capoter la tentative de l'association, à la rentrée, de remettre la question du droit de vote des étrangers sur le tapis à l'occasion du centenaire du droit de vote des femmes. Pour éviter un nouvel échec de ce type et contourner les blocages, c’est une offensive culturelle que lance l’association d’aide aux étrangers, avec notamment des conférences-débats, des «sondages sur le vivre-ensemble», une pièce de théâtre, un ouvrage...  



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Dans ce plan global pour «une société ouverte et solidaire», l’arme secrète de l’association quarantenaire est surnommée «Lokal». L'ambitieux programme, financé par le Fonds social européen pendant deux ans, vise à faire ouvrir des «maisons citoyennes» dans toutes les communes du pays, comme le révèle Laura Zuccoli. Pourront s'y rendre tous les habitants de la commune, sans distinction, pour y mener les activités collectives de leur choix. Concrètement, l’association formera 60 chômeurs longue durée à partir de janvier 2020, qui sont appelés à servir de coordinateurs de ces lieux de convivialité communale.  


La présidente de l'Asti espère pouvoir influer sur le débat politique en évitant les nombreux blocages sur le thème des droits des étrangers.
La présidente de l'Asti espère pouvoir influer sur le débat politique en évitant les nombreux blocages sur le thème des droits des étrangers.
Photo : Anouk Antony

L’offensive culturelle de l’Asti se fera aussi sur smartphone. En lançant une application proposant une visite de la capitale «sur les traces de la migration dans la Ville de Luxembourg», l’Asti souhaite mettre fin à ce qu'elle considère comme un «point mort mémoriel». Marie-Paule Jungblut, historienne à l’Université du Luxembourg, a contribué à développer le contenu de cette visite de 12 points d’intérêt répartis sur quatre kilomètres, qui mêle témoignages vidéo, audio, photos et textes interactifs. Le but : rendre tangible l'apport positif de l'immigration au Grand-Duché en créant de «véritables lieux de souvenir».  


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