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61% des Luxembourgeois n'ont pas de carte de don d'organes
Luxembourg 2 min. 25.04.2018

61% des Luxembourgeois n'ont pas de carte de don d'organes

61% des Luxembourgeois n'ont pas de carte de don d'organes

Photo: Anouk Antony
Luxembourg 2 min. 25.04.2018

61% des Luxembourgeois n'ont pas de carte de don d'organes

L'année 2017 fut une bonne année pour le don d'organes au Grand-Duché, selon l'asbl Luxembourg Transplant. Néanmoins, 61% des Luxembourgeois n'ont toujours pas de carte de don d'organes.

Chaque année, le même constat. Les Luxembourgeois sont très peu nombreux à accepter de faire don de leurs organes à leur mort. En 2017 cependant, une tendance positive est apparue: près de huit Luxembourgeois sur dix seraient prêts à faire don de leurs organes, d'après une étude commandée par l'asbl Luxembourg Transplant.


«Le don d'organes reste un sujet tabou au Luxembourg»
En 2015, seulement 3 donneurs d'organes ont été comptabilisés au Luxembourg. Un chiffre très faible comparé à nos pays voisins. Comment se passe un don d'organes? Qui peut donner? Nous avons fait le tour de la question avec Jorge de Sousa, coordinateur de l'ASBL «LuxTransplant».

Au total, 32 patients ont été sauvés l'an dernier, puisque neuf personnes avaient accepté de faire don de leurs organes. La ministre de la Santé, Lydia Mutsch, parle d'une amélioration significative de la situation. 

43% ne prennent pas position sur la question du don

Mais en pratique, tout n'est pas aussi simple. En cas de perte d'un être cher, beaucoup de personnes ne savent pas quoi répondre à la demande des médecins concernant le don d'organes. Posséder un "passeport de vie", cette petite carte violette, peut donc théoriquement aider dans ce processus. Mais à l'heure actuelle, 61% des Luxembourgeois ne possèdent pas de telle carte.

Depuis 1982, tous les Luxembourgeois sont automatiquement donneurs d'organes, et doivent exprimer leur refus s'ils ne souhaitent pas faire de don. Mais en pratique, les médecins ne se contentent pas de la législation et recueillent souvent le consentement de la famille de la personne décédée. Ils espèrent récolter quelques indices concernant le ressenti de la victime par rapport à ce sujet.

La mort reste un sujet tabou dans le pays

Aujourd'hui au Luxembourg, 43% des personnes interrogées ne prennent pas du tout position sur cette question du don d'organes. 18% avouent tout de même avoir informé leur entourage de leur volonté sans toutefois avoir de carte violette.

Pour Claude Braun, président de l'asbl Luxembourg Transplant, "la mort reste un sujet tabou" au Luxembourg. Il conseille d'aborder le sujet et de ne pas hésiter à discuter de la mort avec son entourage.

Les Dossiers de soin partagé (DSP) s'attaquent maintenant à ce problème. Dans les dossiers électroniques des patients, auxquels chaque médecin a accès, il convient de noter à l'avenir si le patient souhaite faire un don de cœur, de rein ou autre. Les coordonnateurs de transplantation ont également accès à ces informations, ce qui devrait faciliter leur décision. Les DSP sont encore en phase de test, mais ils seront utilisés cette année, a déclaré Lydia Mutsch. 

Tout le monde ne peut pas donner ses organes

En moyenne, 65 personnes au Grand-Duché attendent chaque année une telle opération de transplantation. "Il faut garder à l'esprit que toutes les transplantations d'organes ne sont pas réalisables. Parfois, l'état de santé du défunt s'y oppose, même s'il avait accepté de faire un don d'organes", explique le coordinateur Jorge De Sousa.

La carte gratuite de don d'organes peut être obtenue en pharmacie ou auprès de votre médecin de famille. Vous pouvez également télécharger l'application Passeport de Vie sur votre téléphone portable. Les demandes peuvent également être soumises en ligne. Pour plus d'informations, cliquez ici.

Par Sandra Schmit, traduction Sophie Wiessler

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