Changer d'édition

458.000 salariés au Luxembourg dont 46% de frontaliers
Luxembourg 4 min. 30.04.2022
Emploi

458.000 salariés au Luxembourg dont 46% de frontaliers

Le télétravail a littéralement explosé durant le premier confinement en 2020, pour atteindre un record de 52%.
Emploi

458.000 salariés au Luxembourg dont 46% de frontaliers

Le télétravail a littéralement explosé durant le premier confinement en 2020, pour atteindre un record de 52%.
Photo: Getty Images
Luxembourg 4 min. 30.04.2022
Emploi

458.000 salariés au Luxembourg dont 46% de frontaliers

Mélodie MOUZON
Mélodie MOUZON
Secteurs qui emploient le plus, télétravail, écart de rémunération entre hommes et femmes,... Le Statec dresse un panorama du monde du travail luxembourgeois à l'occasion du 1er mai.

Comment évolue le monde du travail aujourd'hui au Luxembourg? Pour le savoir, il suffit de plonger dans les nouveaux chiffres sur l'emploi au Grand-Duché que vient de publier le Statec, à la veille de la fête du travail. L'occasion idéale de dresser un panorama des réalités actuelles du marché de l'emploi luxembourgeois.


Après le DP, c'était au tour du LSAP de faire le bilan de son année parlementaire.
Une étude sur la réduction du temps de travail
Le ministre du Travail et de l'Emploi Georges Engel (LSAP) entend fournir des données objectives afin de débattre sur la possibilité de réduire le temps de travail au Luxembourg.

Le Statec nous apprend que sur les 458.000 salariés qui ont travaillé au Luxembourg l'année dernière, 46% étaient des frontaliers. La moitié d'entre eux étaient des Français (112.500). En comparaison, ils étaient 49.500 Belges à franchir la frontière luxembourgeoise chaque jour pour aller travailler l'an dernier et 50.000 Allemands.

L'an dernier, un salarié sur cinq travaillait dans l’administration et les autres services publics, y compris par exemple l’éducation, la santé publique et l’action sociale. Quant aux activités du commerce, du transport, de l’hébergement et de la restauration, elles rassemblaient à elles seules plus de 100.000 salariés en 2021.

La moitié des frontaliers travaillant au Luxembourg sont des Français.
La moitié des frontaliers travaillant au Luxembourg sont des Français.
Crédit: Statec

Moins d'heures de travail sur l'année

Et si notre monde stressant et au rythme effréné pourrait laisser croire que nous travaillons plus qu'auparavant, ce serait en fait plutôt le contraire, à en croire les statistiques du Statec.  Au 19ème siècle, avec l'industrialisation, les journées de travail étaient très longues. Les recherches montrent que le temps consacré au travail a ensuite considérablement diminué, en particulier dans les pays développés. De près de 1.900 heures annuelles par travailleur en 1970, on est passé à à peine 1.500 heures en 2021. 

Le nombre moyen d'heures prestées hebdomadairement a diminué au fil du temps.
Le nombre moyen d'heures prestées hebdomadairement a diminué au fil du temps.
Crédit: Statec

Cette diminution s'explique par différents facteurs. Les journées de travail sont plus courtes qu'auparavant et les jours de congés plus nombreux. L’augmentation de la proportion des employés en temps partiel a aussi joué un rôle dans la baisse de ce temps de travail au fil du temps. Sa part a triplé en quarante ans au sein du salariat et a contribué à le féminiser.

Le télétravail bien installé

L'un des développements les plus spectaculaires de ces dernières années est sans nul doute celui du télétravail. «La proportion de salariés ayant recours au télétravail a explosé lors du confinement au 2e trimestre 2020, où elle a atteint un record historique avec 52% au Luxembourg», note le Statec. Un record qui a même placé le Grand-Duché sur la première marche du podium européen à cette époque.


Pourquoi le télétravail ne doit pas devenir la norme
Avant le retour massif des travailleurs à temps complet au bureau plus que probable en juillet, l’économiste Michel-Edouard Ruben, coauteur du livre «Le temps des crises» avec Jean-Jacques Rommes, livre sa vision de l'avenir du travail à domicile.

Après ce pic, le recours au télétravail a quelque peu diminué, mais tout en se maintenant à un taux élevé puisque celui-ci est deux fois plus important qu'avant la pandémie de covid-19. En 2019, 20% des salariés résidents travaillaient régulièrement depuis leur domicile, contre 38% au 4e trimestre de 2021. Une proportion qui pourrait être plus importante encore, puisque les chiffres du Statec ne prennent pas en compte les frontaliers. Il semblerait donc que la culture du «home office» se soit solidement installée sur le marché du travail au Luxembourg. 

38% des travailleurs résidents étaient encore en télétravail fin 2021.
38% des travailleurs résidents étaient encore en télétravail fin 2021.
Crédit: Statec

Dans quels secteurs le recours au télétravail a-t-il été le plus important? Sans grosse surprise, après le premier confinement, ce sont les salariés travaillant dans des institutions internationales, dans les activités financières, dans l'information et la communication et dans les activités scientifiques et techniques qui ont continué  à faire régulièrement du télétravail. A l'opposé, on retrouve les secteurs de la santé et du social, où le travail à domicile est souvent impossible. 

Une forte croissance chez les cols blancs

Le Statec souligne que les secteurs qui emploient des «cols blancs» ont connu la plus forte croissance du télétravail durant la crise du covid-19,  tandis que l'administration publique, les activités financières et d’assurance ont vécu «une croissance exceptionnelle du télétravail». Il a, dans ces secteurs, plus que quadruplé.


Vor allem Holzarbeiten verzögern sich derzeit, aber auch andere Materialien haben zurzeit lange Lieferzeiten.
Le Luxembourg compte désormais 100.000 artisans
Si l'artisanat a su bien rebondir après la crise sanitaire, les défis de recrutement, de la hausse des prix des matériaux mais également de risques de pénurie planent sur le secteur.

Et qu'en est-il de l'écart de rémunération entre les hommes et les femmes? Cette question a toujours suscité des débats enflammés. Au cours de ces vingt dernières années, cet écart a fortement diminué au Luxembourg. Au point aujourd'hui d'être proche de zéro sur l'ensemble de l'économie. Un constat à nuancer cependant puisque dans certaines branches, comme celui des activités financières ou immobilières, l'écart entre les sexes reste important.

Un taux élevé de satisfaction

Ces chiffres ne disent toutefois pas si les travailleurs résidant au Luxembourg sont contents de leur situation au travail. Pour cela, il faut aller regarder du côté des résultats de l'enquête sur les forces de travail, qui révèle que la grande majorité des salariés résidents (86%) sont satisfaits. Un tiers des personnes actives sur le marché de l'emploi au Luxembourg déclarent même être tout à fait satisfaites. 


Serge de Carli plaide pour un juste prélèvement fiscal
Impôt, infrastructures ou encore mobilité, le maire de Mont-Saint-Martin souhaite une meilleure collaboration avec le Luxembourg. Serge de Carli rêve de la fin des barrages administratifs pour des échanges plus étroits avec le Grand-Duché.

Pour ce point, le Luxembourg se trouve parmi les pays européens avec le niveau le plus élevé de satisfaction de l’emploi actuel. Un niveau qui varie néanmoins selon les conditions de travail. Les employés faisant des heures supplémentaires, ayant un travail posté et devant effectuer un long trajet sont, sans surprise, moins souvent satisfaits de leur situation professionnelle.

Suivez-nous sur Facebook, Twitter et abonnez-vous à notre newsletter de 17h.


Sur le même sujet

Les premiers chiffres de l'ADEM montrent que 70% des réfugiés enregistrés en provenance d'Ukraine sont diplômés. Mais pour trouver un travail, cela reste compliqué.
Wi , Chancen Ukrainer Arbeitsmarkt Luxemburg / ADEM , Foto:Guy Jallay/Luxemburger Wort
Avant le retour massif des travailleurs à temps complet au bureau plus que probable en juillet, l’économiste Michel-Edouard Ruben, coauteur du livre «Le temps des crises» avec Jean-Jacques Rommes, livre sa vision de l'avenir du travail à domicile.