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4 retraités du Luxembourg sur 9 ne sont pas luxembourgeois
Luxembourg 2 min. 10.01.2017 Cet article est archivé

4 retraités du Luxembourg sur 9 ne sont pas luxembourgeois

D'ici trois ans, il y aura plus de retraités luxembourgeois à l'étranger que sur le territoire national

4 retraités du Luxembourg sur 9 ne sont pas luxembourgeois

D'ici trois ans, il y aura plus de retraités luxembourgeois à l'étranger que sur le territoire national
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Luxembourg 2 min. 10.01.2017 Cet article est archivé

4 retraités du Luxembourg sur 9 ne sont pas luxembourgeois

Christelle BRUCKER
Christelle BRUCKER
La présence massive de travailleurs étrangers au Luxembourg fait que près de la moitié (46,2%) des pensions luxembourgeoises sont en fait versées ailleurs qu'au Grand-Duché.

Dans le jargon, on les a longtemps appelées les "pensions migratoires": comprendre celles qui sont versées chaque mois par le Luxembourg à des bénéficiaires non-résidents.

Un phénomène familier au Grand-Duché vu le caractère international du marché du travail et l'appel continu de l'économie à la main-d'oeuvre étrangère. Cette tendance augmente régulièrement depuis les années 1980 (en moyenne 0,9% par an). 

En 1985, les "pensions migratoires" ne représentaient que 22% du nombre total des pensions. En 2000 elles se chiffraient déjà à 35% pour atteindre plus de 46% en 2015, comme le montre ce graphique.


Ainsi, d'ici 3 ans, l'assurance pension luxembourgeoise pourrait connaître un basculement symbolique en versant, pour la première fois de son histoire, plus de retraites à l'étranger que sur le territoire national.    

Les principaux pays destinataires sont les trois pays frontaliers, la France en tête, l'Allemagne et la Belgique, puis viennent l'Italie et enfin, le Portugal. Il s'agit soit de personnes ayant capitalisé des périodes d'assurance au Luxembourg, soit de Luxembourgeois partis couler une douce retraite ailleurs.


On constate qu'aujourd'hui, la France est en tête des pays bénéficiaires, mais il n'en a pas toujours été ainsi, comme le montre le graphique ci-dessous. Jusque dans les années 2000, les pensions qui partaient en Allemagne ou en Italie étaient plus nombreuses, dû notamment au passé sidérurgique du pays. 

Ce n'est qu'à partir de 2008 que les pensions à destination de la France passent en tête et amorcent une forte croissance. Un phénomène qui peut s'expliquer par les départs en retraite des frontaliers français arrivés en masse sur le marché du travail luxembourgeois dans les années 1980 et 1990 dans le secteur bancaire et dans le commerce.


A noter: depuis cette année, la définition de "pensions migratoires" a été fondamentalement revue. Ce type de pension désigne désormais toutes les carrières "mixtes" et plus seulement celles des non-résidents: les retraites des Luxembourgeois ayant cotisé une ou plusieurs années dans un autre pays sont aussi incluses.

Cela n'empêche pas l'Inspection de la sécurité sociale de continuer à chiffrer, dans ces statistiques, les pensions versées aux non-résidents. 


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