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30 ans que le LISER décrypte le Luxembourg
Luxembourg 3 min. 20.11.2019

30 ans que le LISER décrypte le Luxembourg

Depuis deux ans, Aline Muller occupe les fonctions de CEO du LISER.

30 ans que le LISER décrypte le Luxembourg

Depuis deux ans, Aline Muller occupe les fonctions de CEO du LISER.
Photo : Gerry Huberty
Luxembourg 3 min. 20.11.2019

30 ans que le LISER décrypte le Luxembourg

Patrick JACQUEMOT
Patrick JACQUEMOT
Le Luxembourg Institute of Socio-Economic Research fête son anniversaire cette semaine. Et plus que jamais ses équipes de chercheurs se mettent au service des décideurs qui veulent agir dans le bon sens pour le Grand-Duché de demain.

Depuis 1989, le LISER poursuit une double mission: observer et éclairer, la loupe et le phare en quelque sorte. Ainsi, le centre de recherche public passe sous le décryptage de ses scientifiques le moindre soubresaut de la société luxembourgeoise pour mieux imaginer les impacts de toute intervention politique. Pour sa CEO, Aline Muller, à 30 ans, l'Institut doit poursuivre cette voie de l'analyse interdisciplinaire pour se rendre encore plus utile au devenir du pays.

Le Luxembourg pourrait-il se passer du LISER?

Aline Muller: «Se priver de la recherche appliquée en sciences sociales, en tout cas, non. En 30 ans, l'Institut a apporté une capacité d'expertise intéressante pour les dirigeants et ceux qui souhaitent comprendre ce qu'est la société luxembourgeoise. Le LISER met en lumière les enjeux; il offre des outils de compréhension pour anticiper le futur. Pas sur des suppositions mais sur de la documentation et de la raison. Enfin, il permet au pays de ne pas être juste dans la réaction, dans la résolution des problèmes immédiats. S'appuyer sur le LISER donne de l'anticipation à ceux qui veulent créer le Grand-Duché de demain.

En 30 ans, le pays a considérablement changé. Comment le Liser a-t-il accompagné ces mutations?

«D'abord, comme le Luxembourg a grandi, le LISER aussi. De la poignée de convaincus rassemblés autour du Pr Gaston Schaber, nous sommes passés à 150 membres tout aussi engagés. Ensuite, le LISER a élargi ses domaines d'expertises. Nous sommes devenus une référence pour tout ce qui concerne l'étude des questions en lien avec le logement, les nouvelles formes de l'emploi, la mobilité, la répartition des espaces, l'aménagement du territoire, les migrations, la santé publique, la population. Sans oublier la place du Grand-Duché au cœur des enjeux européens.»

Scientifiquement, la réussite de ces 30 premières années a été d'ouvrir notre méthodologie. Désormais, chaque étude est proposée en interdisciplinarité. Par exemple : évoquer l'économie sans la question des transports, de l'impact environnemental, etc, serait une aberration.


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Enfin, le LISER s'est fait un nom dans la recherche appliquée. Nous sommes reconnus comme innovant et proposant des études de qualité. Il faut poursuivre cette voie qui fait que de plus en plus de chercheurs réputés ont envie de nous rejoindre.»

Le LISER propose des études détaillées, fines, mais sont-elles suffisamment écoutées selon vous?

«J'inverserai la problématique. C'est à l'Institut d'avoir l'oreille des décideurs. Nous n'avons pas le rôle d'imposer notre vision, juste présenter une vision fondée sur des réalités quantifiables et présenter des pistes. Les choix, ensuite, dépendent des politiques et de ceux qui mettent en action les leviers. 

Comme les autres instituts publics, nous éclairons sur des situations de plus en plus complexes, en offrant un regard de plus en plus complet: c'est une force pour un pays comme le nôtre, pris dans une telle dynamique, qu'il pourrait se contenter du présent sans se projeter. Les sciences sociales n'ont pas vocation seulement d'observer mais bien plus d'analyser. Et le LISER est prêt à poursuivre cette belle mission.»


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