Changer d'édition

29% des Luxembourgeois ont subi des actes de violence
Luxembourg 3 min. 17.03.2022
Sur ces 5 dernières années

29% des Luxembourgeois ont subi des actes de violence

Les femmes sont plus touchées par la violence sexuelle et psychologique que les hommes.
Sur ces 5 dernières années

29% des Luxembourgeois ont subi des actes de violence

Les femmes sont plus touchées par la violence sexuelle et psychologique que les hommes.
Photo: Getty Images/EyeEm
Luxembourg 3 min. 17.03.2022
Sur ces 5 dernières années

29% des Luxembourgeois ont subi des actes de violence

Mélodie MOUZON
Mélodie MOUZON
Le Statec a analysé la victimation en matière de violence sexuelle, physique et psychologique au Luxembourg. Le nombre de personnes ayant été victimes de violence a augmenté ces dernières années.

Elles sont restées invisibles pendant longtemps dans le droit pénal et dans les statistiques de la police et de la justice. Mais la société a évolué et aujourd'hui, les victimes d'actes de violence sont beaucoup plus au coeur de l'attention. Le Statec s'est penché sur la question, en s'appuyant sur les résultats d'une vaste enquête sur la sécurité.


Les agressions sexuelles concernent une femme sur cinq
Les violences faites aux femmes sont loin d'être un phénomène marginal au Luxembourg, comme le prouve une enquête révélée ce mardi par le Statec. Selon ce document, 20% des femmes de 16 à 74 ans ont subi une forme de violence sexuelle, physique ou psychologique.

Il ressort de cette étude que 29% de la population luxembourgeoise âgée de 16 ans et plus a été touchée par la violence au cours des 5 dernières années. Au cours de la même période, un quart de la population déclare avoir subi de la violence psychologique, comme du stalking (ndlr: l’observation et la poursuite insistante par une autre personne), du harcèlement moral ou sexuel ou encore d'une emprise relationnelle dans le couple. Ils sont près d'un résident sur deux à avoir été victime de ce type de violence au cours de leur vie, avec une prédominance chez les femmes. 

Concernant la violence physique, près d'un tiers des résidents déclarent qu'ils y ont déjà été confrontés au cours de leur vie. Cela concerne toutes sortes d'attaques physiques, comme des coups, des brûlures, des coupures ou encore des menaces avec une arme.  Le phénomène semble toucher autant les hommes que les femmes. 

Les actes de violence sexuelle (viols, attouchements, comportements exhibitionnistes) ont quant à eux touché 17% des résidents au cours de leur vie.

Le Statec note que la proportion de personnes touchées par les actes de violence a augmenté depuis la dernière enquête de 2013. Pour l'organisme, «ce résultat pourrait traduire une augmentation de la violence dans la société.» Le Statec relève aussi que les discours contemporains autour de la violence sexuelle ont sans doute contribué à libérer la parole des victimes. Au cours de leur vie, 12 % des femmes ont déjà subi des formes graves de violence sexuelle (comme un viol ou une tentative de viol) et près de 20% des femmes ont subi des attouchements non consentis.

Les plus jeunes les plus exposés

D'une manière générale, ce sont les plus jeunes qui sont les plus exposés à la violence. Parmi les jeunes âgés de 16 à 24 ans, près d’un jeune sur trois a subi une agression physique au cours des cinq dernières années, et presque un jeune sur deux a subi du harcèlement moral ou sexuel ou une autre forme de violence psychologique.

Si on tient compte de la nationalité, les résultats montrent que, pour les trois formes de violence étudiées, les personnes nées au Luxembourg sont plus souvent touchées que les immigrants. Mais une plus grande victimation peut être le signe d’une perception plus sensible de la violence, précise le Statec.  «Pour pouvoir nommer et communiquer des expériences de violence en tant que telles, il faut un climat social qui permette de tels discours. Une partie des répondants pourrait provenir de sociétés où ce n’est pas (encore) le cas.»

Plus d'éducation, plus de violence psychologique

L'enquête révèle enfin qu'il n'y a pas de corrélation entre le niveau d'éducation d'une personne et le risque d'être confronté à la violence physique ou sexuelle. Par contre, la corrélation existe pour les cas de violence psychologique. La question se pose toutefois de savoir si les personnes ayant un niveau d’éducation élevé sont plus susceptibles de se trouver dans des contextes où le harcèlement est plus fréquent ou si ces incidents sont mieux reconnus et communiqués comme tels par les victimes, conclut l'enquête, pour laquelle 5.695 résidents luxembourgeois ont été interrogés.

Suivez-nous sur Facebook, Twitter et abonnez-vous à notre newsletter de 17h.


Sur le même sujet

Psychologiques, sexuelles, physiques ou encore économiques, les violences faites aux femmes prennent plusieurs formes, et concernent la plupart de ces dernières, selon des chiffres dévoilés par le Statec.
Photo: Shutterstock
Les violences faites aux femmes sont loin d'être un phénomène marginal au Luxembourg, comme le prouve une enquête révélée ce mardi par le Statec. Selon ce document, 20% des femmes de 16 à 74 ans ont subi une forme de violence sexuelle, physique ou psychologique.
Près d’une personne sur cinq a été harcelée au moins une fois dans les cinq dernières années. C’est ce qui ressort d’une étude du Statec.