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2023 s'annonce très difficile pour les entreprises
Luxembourg 5 min. 28.11.2022
Selon le Chambre de commerce

2023 s'annonce très difficile pour les entreprises

Le Luxembourg, avec la France et l'Italie, constitue le top 3 des pays pour lesquels la stabilité en matière d'investissements est le maître-mot, contrairement au reste de l'Europe.
Selon le Chambre de commerce

2023 s'annonce très difficile pour les entreprises

Le Luxembourg, avec la France et l'Italie, constitue le top 3 des pays pour lesquels la stabilité en matière d'investissements est le maître-mot, contrairement au reste de l'Europe.
Photo: D.R.
Luxembourg 5 min. 28.11.2022
Selon le Chambre de commerce

2023 s'annonce très difficile pour les entreprises

Simon MARTIN
Simon MARTIN
Pessimiste mais réaliste, la Chambre de commerce craint un cataclysme sans précédent au niveau des faillites pour l'année prochaine. Ceci en raison de la dégradation des perspectives économiques.

Aux dernières nouvelles, les faillites et les liquidations étaient toujours en baisse sur les neuf premiers mois de l'année 2022. Est-ce l'arbre qui cache la forêt? Le calme avant la tempête? Si l'on se fie aux dernières perspectives pour le moins pessimistes de la Chambre de commerce, il ne fait aucun doute que l'année 2023 risque de faire des dégâts dans le tissu entrepreneurial luxembourgeois. L'institution parle ainsi d'un «avis de tempête» pour l'année prochaine. 


Le Luxembourg se dirige tout droit vers la récession
Entre des bonnes et des mauvaises nouvelles, le Statec prévoit également une nouvelle tranche d'indexation pour le premier trimestre 2023.

En cause, une dégradation générale et marquée du climat des affaires en raison, sans grande surprise, des remous engendrés par la crise sanitaire, de l'invasion russe en Ukraine et de l'inflation due principalement à la hausse des prix de l'énergie.  «Les résultats de la nouvelle édition de l'enquête économique d'Eurochambres (le regroupement des Chambres de commerce européennes, NDLR) pour 2023 sont marqués par le pessimisme», se désole la voix des entreprises luxembourgeoises dans un communiqué. 

Et pour cause, mises à part les perspectives de ventes au niveau national qui demeurent en territoire légèrement positif, l'ensemble des projections déclinent drastiquement par rapport à l'édition précédente. «Les perspectives de ventes à l'exportation, les anticipations en termes d'emploi, tout comme les investissements sont en chute libre pour l'année à venir. Par ailleurs, le niveau de confiance des entreprises pour 2023 est au plus bas, en dessous de son niveau de la crise financière de 2008-2009 et de celui enregistré au plus fort de la crise du covid-19. Si les entreprises luxembourgeoises se distinguent par des perspectives d'investissements moins dégradées, leur niveau de confiance est parmi les plus bas d'Europe».


Le plafonnement du prix du gaz acté par la Chambre
Les députés ont adopté le projet de loi portant sur la limitation de la hausse des prix du gaz pour les clients résidentiels à hauteur de 15% par rapport au niveau de prix moyen du gaz en septembre 2022.

Aux conséquences de la guerre en Ukraine s'ajoutent les effets du resserrement des politiques monétaires et des remontées successives des taux directeurs (taux d'intérêt fixé par une banque pour les prêts qu'elle accorde aux autres banques commerciales, NDLR). Ceci semble donc empêcher bon nombre d'investissements de la part d'entreprises. «En outre, la dépréciation de l'euro face au dollar, de près de 15% depuis janvier 2022, a un impact direct sur les entreprises importatrices de la zone euro du fait du renchérissement des marchandises libellées en dollars. Par ailleurs, les confinements sévères en Chine, liés à la politique «Zéro Covid», désorganisent davantage les chaînes logistiques mondiales, impactant les échanges de marchandises». 

Tout cela a de lourdes conséquences sur la Place financière qu'est le Luxembourg. Au niveau des ventes au niveau national, les entreprises luxembourgeoises affichent une dégradation des anticipations par rapport aux projections pour 2022, mais également une proportion relativement inchangée d'entreprises qui tablent sur des résultats stables (48,7% pour 2022, 47,5% pour 2023).


Les soucis financiers s'aggravent
Plus d'un tiers des répondants indiquent que leur situation financière s'est détériorée ces six derniers mois et 43% des personnes sondées par ILRES affirment devoir se restreindre au niveau de leurs dépenses.

Même constat pour les exportations. «Les perspectives pour 2023 sont en dessous de ce qu'elles étaient au plus fort de la crise de covid-19. Les entreprises allemandes sont particulièrement inquiètes (40% d'entre elles tablent sur une baisse de leurs exportations pour 2023, comparés aux 12% qui anticipaient un recul pour 2022). Si les projections des entrepreneurs luxembourgeois sont moins alarmantes, 43% d'entre eux anticipant des performances stables sur les douze prochains mois, 29% seulement s'attendent à une hausse de leur chiffre d'affaires à l'exportation, comparé aux 51% pour 2022.»   

Crainte pour le marché de l'emploi

Sans parler du marché de l'emploi qui concentre une bonne partie des inquiétudes pour le grand public.  De ce côté-là aussi, 2023 s'annonce rude malgré un taux de chômage actuellement bas. «Si l'emploi a été largement préservé durant la crise sanitaire via des mesures temporaires mises en place à l'échelle nationale et européenne, nombre d'entreprises s'interrogent aujourd'hui sur leur capacité à absorber le choc d'une probable récession et d'une pression hausse sur les salaires difficile à contrer sans contrôle de l'inflation», note la Chambre, qui tempère toutefois en expliquant que les deux tiers des dirigeants interrogés (67% pour l'Allemagne, 66% pour le Grand-Duché) visent un maintien de leurs effectifs en 2023.  

L'éclaircie dans cette grisaille, c'est sans doute en ce qui concerne les investissements. Le Luxembourg, avec la France et l'Italie, constitue le top 3 des pays pour lesquels la stabilité en matière d'investissements est le maître-mot, contrairement au reste de l'Europe. «Au Luxembourg, c'est le cas pour plus de six entreprises sur dix. Les entreprises irlandaises, en revanche, affichent des perspectives d'investissements nettement plus dynamiques, près de 40% d'entre elles prévoyant une hausse de leurs investissements en 2023 (comparés aux 21%, 10% et 16% au Grand-Duché, en France et en Italie)».


L'évolution des prix de l'énergie inquiète de plus en plus
Les sujets d'inquiétude grandissent dans la population résidente. L'accès à un logement abordable reste cependant la préoccupation majeure des personnes sondées par ILRES.

Dès lors, la Chambre de commerce tire la sonnette d'alarme et préconise notamment d'instaurer un cadre réglementaire apte à soutenir la compétitivité des entreprises européennes via notamment le relèvement du plafond des aides d'Etat. «Pour soutenir les entreprises très dépendantes des ressources énergétiques, la mise en place de mesures fiscales en faveur des ménages et des entreprises face à l'explosion des prix de l'énergie et des matières premières, ainsi que l'assouplissement des conditions d'obtention de crédits».

Promouvoir l'entrepreneuriat chez les jeunes

Pour répondre aux besoins du marché de l'emploi, la Chambre plaide également pour un renforcement de l'apprentissage et de la formation professionnelle, la promotion de l'entrepreneuriat auprès des jeunes et la simplification des procédures administratives afin de faciliter l'attraction des talents internationaux. «Ainsi que la mise en place d'un mécanisme d'aide aux entreprises dans le but de faciliter l'accès à des énergies abordables et aux énergies renouvelables».

Les deux autres propositions concernent davantage la politique européenne. L'organisme luxembourgeois réclame ainsi l'utilisation du marché unique comme levier de croissance pour les entreprises de tous secteurs et de toutes tailles. De même que le renforcement de la politique commerciale de l'UE, «garante de relations commerciales équitables entre entreprises européennes et pays partenaires». 

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