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2.000 chambres prêtes à héberger les soignants
Luxembourg 2 min. 18.03.2020 Cet article est archivé

2.000 chambres prêtes à héberger les soignants

Les hôteliers ont répondu largement à l'appel pouvant atténuer les pertes liées à la baisse de fréquentation.

2.000 chambres prêtes à héberger les soignants

Les hôteliers ont répondu largement à l'appel pouvant atténuer les pertes liées à la baisse de fréquentation.
Photo : Shutterstock
Luxembourg 2 min. 18.03.2020 Cet article est archivé

2.000 chambres prêtes à héberger les soignants

Patrick JACQUEMOT
Patrick JACQUEMOT
Les personnels de santé d'origine frontalière ont été invités, lundi, à s'installer au Grand-Duché pour être au plus près de leur lieu de travail. Hôteliers et particuliers ont joué le jeu en signalant leurs disponibilités au ministère des Classes moyennes.

Actuellement, les quelque 18.000 professionnels du secteur de la santé et des soins sont tous mobilisés. Sauf que ces personnels ont une particularité qui fait la vulnérabilité du Luxembourg, particulièrement en cette période de crise. Pour deux tiers, cet effectif est ainsi composé de personnes résidant en France, Belgique ou Allemagne. Si ce flux de professionnels devait se retrouver bloqué aux frontières, la ministre de la Santé a été claire : ce serait tout le système de santé qui s'effondrerait.

Aussi dès lundi, appel avait été lancé à ces frontaliers urgentistes, infirmières, aides-soignants, médecins et autres pour qu'ils s'installent temporairement au Luxembourg. Le but premier étant de pouvoir disposer de leurs compétences au mieux, même si l'un ou l'autre des Etats voisins venait à prendre des mesures de confinement strictes. En parallèle, le ministère des Classes moyennes a pris contact avec les représentants du secteur hôtelier luxembourgeois (HORESCA) pour savoir sur combien d'hébergements le gouvernement pouvait compter. «Et la première vague de réponses a dépassé nos attentes», reconnait le ministère de l'Economie. Pas moins de 2.000 chambres peuvent ainsi être réquisitionnées sur le champ, si besoin.

Les hôteliers n'ont pas manqué de saisir l'aubaine. Les réservations sont en effet au plus bas, faute de touristes et de voyageurs d'affaires. Aussi, les professionnels de l'accueil ont-ils rapidement et massivement répondu à l'appel. Et le même élan a été perçu du côté des particuliers proposant habituellement des chambres en location. «Pour l'heure, l'Etat n'a pas négocié les tarifs. Il a juste donné son assurance que tout serait payé», indique-t-on au ministère de l'Economie.

Passée cette première mobilisation satisfaisante, reste à savoir si les personnels de santé, eux, ont répondu à l'appel. Et là, silence sur ce point. La réponse officielle donnée étant : «Nous sommes encore en phase de recensement des besoins». Ainsi, la Fédération des hôpitaux luxembourgeois (FHL) a-t-elle été sollicitée pour faire passer le message à l'ensemble des salariés potentiellement concernés. Les établissements prenant le relais ensuite.

 A la FHL, pas question d'avancer de chiffre. «Il faut que l'idée infuse dans les esprits, et donc laisser le temps aux personnels de faire sereinement leur choix», assure un représentant de la FHL. Sachant que la mise en place, plus que probable, d'un shutdown (avec blocage des frontières) pourrait bien accélérer la prise de décision chez certains agents hospitaliers. D'autant que l'Etat a même insisté: chacun pourra s'établir en famille, s'il le souhaite.


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