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16 jours contre les violences faites aux femmes
Luxembourg 3 min. 19.11.2019 Cet article est archivé

16 jours contre les violences faites aux femmes

Les organisations féministes comptent sur l'opinion publique pour pousser le gouvernement à agir plus vite contre les violences faites aux femmes.

16 jours contre les violences faites aux femmes

Les organisations féministes comptent sur l'opinion publique pour pousser le gouvernement à agir plus vite contre les violences faites aux femmes.
Photo : DPA
Luxembourg 3 min. 19.11.2019 Cet article est archivé

16 jours contre les violences faites aux femmes

Les organisations féministes du pays veulent faire sauter le tabou empêchant les femmes ayant subi des violences de dénoncer les faits. En mobilisant à partir de samedi, l'Orange Week entend mettre la pression sur le gouvernement.

(AA) - Près d'une femme sur deux au Luxembourg a déjà subi des violences, selon les derniers chiffres de l'Agence des droits fondamentaux de l'Union européenne. Du 23 novembre au 10 décembre, l'édition 2019 de l'Orange Week aura donc comme leitmotiv la lutte contre ces violences, comme pour les éditions de 2017 et de 2018

En mobilisant largement, les organisations féministes espèrent forcer le gouvernement à prendre de nouvelles mesures. Alliée de poids, la Grande-Duchesse se joindra pour la première fois à la marche de solidarité, prévue samedi dans la capitale.


Say no to violence against women
Le «féminicide», cette notion inconnue au Luxembourg
Alors que 104 femmes ont perdu la vie en France sous les coups de leur conjoint ou ex-conjoint, le Grand-Duché ne dispose pas, à l'heure actuelle, de statistiques précises sur ce phénomène.

La déambulation contre les violences faites aux femmes qui partira de la place du Glacis marquera le coup d'envoi de la troisième édition de l'Orange Week. Pour autant, ce ne sera que l'une des dizaines de temps forts qui émailleront les 16 journées d'activisme. Autre grand moment attendu : la formation d'une chaîne humaine devant l'Hôtel de Ville de Luxembourg, le 25 novembre à midi.

La mobilisation contre les actes malveillants faits aux femmes et autres féminicides ne sera pas seulement physique, mais également culturelle. Pièces de théâtre et projections de films figurent au programme dans la capitale, mais aussi à Wiltz, Esch-sur-Alzette ou Capellen. Pour les amateurs d'art, deux expositions ouvriront leurs portes : à la Maison citoyenne de Luxembourg le 27 novembre et à l'Hôtel de Ville eschois le 5 décembre. 

En faisant un maximum de bruit, le Conseil national des femmes du Luxembourg (CNFL) espère faire bouger les lignes politiques. La liste de revendications de sa présidente, Danielle Becker-Bauer, compte notamment l'inscription dans la loi du soutien psychologique aux victimes et l'assouplissement des critères d'attribution de logements sociaux aux familles monoparentales. Le but de cette dernière mesure : permettre aux femmes ayant dû quitter le foyer de vite retrouver un toit sur un marché saturé.


La loi a été adoptée au mois d'octobre. Le bracelet anti-rapprochement sera en service en France au début de l'année 2020 pour lutter plus efficacement contre les violences domestiques.
Vers l'adoption du bracelet électronique
Adopté en Espagne et bientôt en France, le bracelet anti-rapprochement est évoqué par le gouvernement pour compléter l’éventail de mesures destinées à combattre le fléau des violences conjugales.

Se saisissant d'une discussion qui émerge dans le pays, la féministe s'est prononcée en faveur du port du bracelet électronique pour les auteurs de violences conjugales. Une mesure «drastique» mais nécessaire, selon elle.      

Même si la parole des femmes s'est libérée avec le mouvement #MeToo, Danielle Becker-Bauer sait que le combat n'est pas gagné. En habituée des ateliers de sensibilisation en entreprises contre ces violences, elle rappelle que ce fléau «touche toutes les couches sociales».  


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