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Wort.lu aux Rencontres francophones à Paris: La vidéo mobile, côté experts des médias

Wort.lu aux Rencontres francophones à Paris: La vidéo mobile, côté experts des médias

(Photo: Maurice Fick)
Lifestyle 5 6 min. 13.02.2018

Wort.lu aux Rencontres francophones à Paris: La vidéo mobile, côté experts des médias

Maurice FICK
Maurice FICK
Quelle est la place et l'avenir de la vidéo mobile et du mobile journalisme dans un monde où l'on s'informe de plus en plus via son téléphone portable et les réseaux sociaux?

Par Maurice Fick et Sophie Wiessler

Quelle est la place et l'avenir de la vidéo mobile et du mobile journalisme («mojo») dans un monde où l'on s'informe de plus en plus via son téléphone portable et les réseaux sociaux? 

Les 500 professionnels des médias, de la communication et du cinéma croisés aux «2es Rencontres francophones de la vidéo mobile» organisées à la Cité internationale universitaire à Paris s'interrogent, mais innovent aussi.

Wort.lu y était, smartphone en main.

«Le mojo, c'est l'avenir»

Pour Aurélien Viers, responsable du Pôle visuel de L'Obs, qui regroupe toutes les productions de vidéos, photos et infographies, pas de doute: «Le mojo, c'est l'avenir». D'autant que «la qualité des téléphones portables augmente d'année en année. Demain ils feront peut-être de la réalité virtuelle, de la réalité augmentée», se plaît-il à envisager. Fait est qu'à l'heure de la vidéo mobile qui tente de réinventer le journalisme pour qu'il soit vu et cliqué, «il y a encore beaucoup de chose à défricher».

L'Obs développe actuellement en coulisses ce qu'Aurélien Viers considère comme «le format du futur et du présent: la story». D'abord lancée sur Snapchat, la fonctionnalité reprise avec succès par Instagram permet de «mettre du texte, seulement du texte, de la photo, de la vidéo mais aussi des indications de durée, de temps, de personnalité, le tout dans un format très souple et simple à consulter. Les médias devraient à mon avis développer leur format de stories pour ne pas trop dépendre des plateformes», conseille le journaliste, formateur chez samsa.fr. 

Lors de ces Rencontres francophones de la vidéo mobile, «la» question qui a fait débat s'est réglée par une «mise au poing»: faut-il continuer à tourner des vidéos en format «paysage» ou en format vertical parce que plus adapté à l'usage mobile?

Aurélien Viers s'est présenté sur le ring sous les couleurs des défenseurs de l'image filmée à la verticale. «Tout simplement parce qu'on tient son téléphone tout droit dans la main à 94% du temps». Son meilleur argument, c'est notre silhouette: «les êtres humains sont plus hauts que larges» donc «ça fait sens».

Un téléphone n'est pas une caméra professionnelle

Chez Explicite, un média 100% digital qui doit voir le jour en France au printemps 2018 et qui misera sur le reportage long, «le mojo est un outil qu'il faut utiliser comme tel» et «on ne va pas demander à un téléphone de faire le travail d'une caméra professionnelle», souligne Olivier Predhomme. 

Co-fondateur d'Explicite aux côtés d'Olivier Ravanello et d'Emmanuel Goubert, le journaliste et directeur technique de ce nouveau média, tranche: «Dire qu'on peut tout faire en mojo n'est pas vrai! Je mets au défi un journaliste de faire un sujet de 90 minutes en mojo, ...et bien il va s'arracher les cheveux!

Diffusé via une application et un site internet à l'avenir, le site d'information était jusqu'ici exclusivement diffusé sur les réseaux sociaux, c'est-à-dire via Facebook et Twitter mais la roue tourne et le média s'est mis en veille pour réfléchir et se construire un avenir bien plus autonome.

«On va passer à un modèle par abonnements et on espère qu'un maximum de personnes vont s'abonner à Explicite dans les mois qui arrivent pour être complètement indépendant des réseaux sociaux qui aujourd'hui donnent très peu de visibilité quant à la vie d'un média,. On n'a pas la main sur Facebook... Si du jour au lendemain ce réseau social veut changer son algorithme, les médias ne seront plus visibles!», glisse Olivier Predhomme en forme de piqûre de rappel.

Même si les journalistes d'Explicite se serviront encore des réseaux sociaux pour viraliser certains contenus, l'aventure avec les réseaux sociaux est consommée: «On sort des réseaux».

L'image, le vecteur d'information qui enfle

«Les gens s'informent de plus en plus via les réseaux sociaux et utilisent de plus en plus l'image, comme vecteur d'information», relève d'emblée Johan Hufnagel.

Qu'à cela ne tienne, l'ex-rédacteur en chef de Libération est devenu le nouveau rédacteur en chef de LoopSider, un média qui décrypte l'actualité en images et 100% en ligne: C'est en mode mojo que Johan Hufnagel nous parle de ce tout nouveau média français:

Loopsider mise sur les lecteurs, leur «curiosité et leur envie d'apprendre quelque chose», mais aussi le feed-back des internautes pour savoir jusqu'où régler les curseurs et éviter le journalisme trop haut perché.

«Cyberbougnat», le partageur d'histoires

«J'ai toujours partagé du contenu, écrit et j'ai appris à faire des choses: de la photo, de la vidéo, de l'audio et maintenant je mélange tout ça! Mais c'est vraiment la curiosité et l'envie de partager ce que j'apprends» qui l'ont poussé à se servir de son smartphone pour se créer un personnage et son média.

Initiateur du blog Cyberbougnat, un blog d'actualité locale à Clermont-Ferrand, en Auvergne, Bertrand Soulier raconte au micro de wort.lu son aventure de l'intérieur. Comment il travaille, comment il fait pour en vivre, comment il se définit lui-même, quel est son moteur et quels sont ses retours d'expérience:

Raconteur et partageur de toutes petites histoires et de grands parcours qui se jouent  là, devant sa porte, Bertrand Soulier, alias le «Cyberbougnat», est apparu comme la perle inclassable de ces 2es Rencontres francophones de la vidéo mobile.

Un petit phénomène qui a fait mouche au milieu des journalistes et pros de l'image, parce qu'il incarne cette génération de décomplexés de la caméra-smartphone mais surtout parce qu'il souffle audace et passion qui traversent allègrement l'écran pour toucher son auditoire au cœur.

De sa longue et plus récente expérience en vidéo mobile -il a tourné et monté une vidéo par jour sur son smartphone- il retient que «l'audience pardonne une image moyenne mais l'audience ne pardonne pas l'ennui».

«Le message avant la technique»

Grand maître de cérémonie aux côtés de Philippe Couve, organisateur des Rencontres francophones de la vidéo mobile, Nicolas Becquet, manager des supports numériques à L'Echo en Belgique, retient l'essentiel d'une journée marathon animée par les experts du genre: «L'idée maîtresse c'est: le message avant la technique. Que ce soit dans les médias, le cinéma ou la communication, c'est le même retour d'expérience»:


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