Changer d'édition

Manger sain: une affaire qui roule

Manger sain: une affaire qui roule

Photo:Gerry Huberty
Lifestyle 8 4 min. 24.04.2017

Manger sain: une affaire qui roule

Depuis plusieurs années, nombreux sont les produits bio, vegan, 100% naturel à se répandre sur le marché alimentaire. Ils se multiplient dans les supermarchés, et même au Luxembourg, des boutiques spécialement dédiées à cette nouvelle façon de consommer sont créées et attirent les clients.

Par Sophie Wiessler 

Depuis plusieurs années, nombreux sont les produits bio, vegan, 100% naturel à se répandre sur le marché alimentaire. Ils se multiplient dans les supermarchés, et même au Luxembourg, des boutiques spécialement dédiées à cette nouvelle façon de consommer sont créées et attirent les clients.

En décembre dernier, la boutique OUNI ouvrait ainsi ses portes: zéro plastique, des produits importés de la Grande Région, que du bio... Un concept qui avait séduit de nombreux amateurs au Grand-Duché.

Le bio ou le «manger sain» est un marché qui attire de plus en plus les auto-entrepreneurs: c'est notamment le cas de Benito Florio, qui, avec ses associés, a créé le restaurant luxembourgeois Rawdish, spécialisé dans les produits vegan et locaux.

«Nous avons fait une étude de marché et on a vite compris que c'était dans cette branche-là qu'il fallait se lancer», explique-t-il.

L'aventure commence il y a un an. Détenteur d'un BTS Marketing gestion d'entreprise, il rêve depuis toujours de «monter sa propre boîte». Très vite, il décide de se lancer dans le bio, le 100% naturel: une affaire qui cartonne depuis quelques temps.

L'idée de Rawdish, c'est de proposer de la nourriture «100% clean», comme le souligne Benito. «C'est surtout pour les gens qui ont peu de temps mais qui veulent quand même manger sainement. On propose des produits qui viennent d'agriculteurs locaux, sans sucre, sans sel, sans lactose, sans gluten: vegan en quelque sorte!» souligne-t-il.

Jus de fruits, smoothies, salades, gâteaux, céréales, soupe... sa boutique grouille de produits prêts  à la consommation, chaud ou froid. Tout est prévu pour offrir au client ce concept «cool, trendy»: les gobelets sont faits en sucre de canne et tout le packaging des produits est entièrement recyclable.

Mais pour lui, il ne faut pas y voir une «tendance», mais plutôt un «nouveau train de vie». «Les gens font de plus en plus attention à ce qu'ils mangent, d'où provient le produit etc. Ils ne veulent plus d'emballage en plastique, et ils recherchent de plus en plus des produits bio: c'est très demandé», détaille-t-il.

Mis à l'honneur par la ministre de la Santé

Il y a quelques semaines se tenait la conférence nationale de la Santé. Une conférence à laquelle était invité Benito Florio, comme «entrepreneur dans le domaine de l'alimentation saine». La ministre de la Santé a en effet tenu à rencontrer des professionnels de santé mais aussi d'autres acteurs pour inciter les Luxembourgeois à manger plus sainement et à pratiquer des activités physiques.

Lydia Mutsch a ainsi insisté sur le fait qu'il est important de «montrer comment on peut sensibiliser dès le plus jeune âge à travers une alimentation saine. Il s'agit de définir le rôle de la société civile et des associations pour promouvoir le sport comme moyen de prévention des maladies» par exemple. D'où le slogan «manger et bouger sainement» délivré par le ministère de la Santé.

Benito était sur place, pour promouvoir son «manger 100% naturel, bio, vegan et local». «On était là avant tout pour proposer des vrais goûts aux gens: le sucre, le sel, tous ces additifs changent le goût des aliments», explique-t-il. 

Un concept avec de plus en plus d'adeptes

Il y a deux ans, nous avions rencontré Camille et Thomas, deux vegans Luxembourgeois qui nous avaient raconté leur quotidien et leur prise de conscience. Déjà à l'époque, le véganisme commençait à émerger:  «Avant c'était difficile mais depuis deux ans, on voit une évolution, de plus en plus de gens s'y intéressent», nous révélait ainsi Camille.

Alors manger sain devient-il une vraie mode? Dans tous les cas, les rangs se grossissent dans ce milieu. De plus en plus de produits, de site internet et de restaurant se mettent à la page. Une bonne nouvelle pour Camille et Thomas, qui relativisent tout de même.

«Les vegans sont mieux acceptés dans nos sociétés qu'il y a 4 ans. Mais il y a encore trop d'abus vis-à-vis des animaux, y compris au Luxembourg, même si c'est sans doute moins violent qu'ailleurs. Nous mangeons toujours trop de viande et buvons trop de lait par exemple. Il faut que cela change».

Suivez-nous sur Facebook, Twitter et abonnez-vous à notre newsletter de 17h.


Sur le même sujet

Gaspillage: Ouni: fini les emballages, fini le plastique!
La toute première épicerie bio sans emballage luxembourgeoise va ouvrir ses portes en ce début du mois de décembre. «Ouni», créé par sept femmes se veut être un nouveau moyen de consommer, sans produire de déchets. On vous explique le concept.
Nearly 40 members volunteered at OUNI's stand at the Oekofoire over the course of the weekend.
Être vegan au Luxembourg : «Un monde 100% végétalien n'existera jamais»
Ils sont de plus en plus nombreux à cesser de manger viandes et autres produits issus de la production animale: on les appelle des végétaliens, ou "vegan". Mais c'est quoi être un vegan? Pourquoi en arriver là? Nous avons rencontré Thomas et Camille, deux vegans luxembourgeois depuis de nombreuses années.