Les conseils d'une spécialiste

Comment prendre soin de son microbiote intestinal?

Pierre Matgé

Sylvie Rouen-van Beek est aromatologue au Luxembourg et grande adepte des jus de légumes pour préserver sa santé. Des orientations très tendance. L'originalité, c'est qu'elle a une formation d'ingénieur agronome et en microbiologie moléculaire. Aujourd'hui, son boss, c'est le microbiote intestinal. 

Les intestins, notre deuxième cerveau, ça vous dit quelque chose? Ils contiennent un microbiote, une sorte d'écosystème constitué surtout de bactéries, mais aussi de virus, levures, etc.

«Le mircrobiote est le plus présent dans le colon. Il pèse environ 2 kilos, il est donc plus lourd que le cerveau qui fait entre 1 kilo et 1,2 kilo», introduit Sylvie Rouen-van Beek lors d'un atelier de «jus détox» dans un restaurant étoilé de Bourglinster. «Ce qui est important, c'est de savoir comment nourrir ce microbiote pour être en bonne santé. Il conditionne l'état général.»

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En ce sens, Sylvie Rouen-van Beek est une adepte inconditionnelle du jus de légumes obtenu grâce à un extracteur de jus. Carotte, betterave, céleri, chou, même pomme de terre et ail y trouvent leur place. Crus bien sûr et de préférence bio, ce qui permet de garder la peau, sauf pour les agrumes (en dehors du citron) car elle est amère. «L'important est de varier les recettes pour éviter la lassitude. Il faut rester simple pour le goût. Et boire lentement, en pleine conscience.»

Pourquoi en jus plutôt qu'entiers?

Le jus permet de consommer davantage de légumes sans avoir à digérer les fibres qu'ils contiennent naturellement. «Les jus de légumes apportent des enzymes et des minéraux à l'état vivant. Par contre, une fois que le jus est prêt il faut le boire car il s'oxyde très vite.»

Mère de deux enfants, Sylvie Rouen-van Beek trouve très pratique le jus de légumes pour leur faire ingérer des légumes. Chez elle, la dose atteint idéalement 250 à 500 ml par jour, voire 750 ml par jour en cure. Une dose à laquelle on arrive progressivement pour ne pas bouleverser ses habitudes alimentaires.

Ses conseils pour une alimentation saine

«Il est important de manger des légumes aussi pour les fibres», il ne faut pas les supprimer. «La diversité dans l'alimentation est capitale pour le microbiote intestinal: plus on mange varié, plus on a une diversité de bactéries qui nous permettent d'être bien. Environ 20% de notre énergie provient de ces bactéries.»

«On peut aussi faire une cure de jus de légumes sur deux ou trois jours, ne consommer que cela. Tout dépend des besoins de chacun.» Pour les graisses, privilégier les graisses semi-saturées (type graisse de coco), certaines graisses animales, consommer en petites quantités les céréales et féculents, tout comme la viande. «Seuls 10% de protéines animales sont nécessaires dans notre alimentation.»

Parcours atypique

Sylvie Rouen-van Beek s'est toujours intéressée à la nutrition. Lors de ses études en agronomie, elle a étudié l’influence des bactéries lactiques dans les fermentations alimentaires. Par la suite, elle travaillera, en Ecosse, sur «l’influence des fermentations lactiques sur la production d’arômes bénéfiques aux profils aromatiques des whiskies».

Un problème de santé chronique lui fait voir les choses autrement. Elle se tourne vers les huiles essentielles, surprise par leurs effets. Elle se passionne pour ce domaine et suit une formation.

De Rudolf Steiner au professeur Joyeux

Sylvie Rouen-van Beek se réfère volontiers au professeur Henri Joyeux, cancérologue médiatisé et controversé: «C'est un lanceur d'alerte, ils sont tous controversés», estime-t-elle. Revenant à la nutrition, elle insiste sur l'importance de comprendre la physiologie, et recommande de consulter le site lint.lu (Luxembourg Institute of Nutritherapy) qui prodigue des cours de micro-nutrition: «Cela permet de comprendre ce qui se passe quand on ingère certains aliments».

La biodynamie de Rudolf Steiner fait aussi partie de ses références. 

La relation entre la nutrition et le cancer, la nutrition du sportif ou des personnes âgées l'intéressent particulièrement. «Il n'y a pas un régime alimentaire, mais plusieurs selon l'âge, l'activité, le sexe, l'état de santé de chacun.»

Dans sa pratique, elle met en avant l'aspect gastronomique. Il est vrai qu'elle opte pour des produits bio de qualité pour sa consommation personnelle comme lorsqu'elle anime des ateliers. «Le budget est certes conséquent, mais c'est une question de priorité. Ou bien il faut avoir le temps d'aller cueillir des herbes fraîches dans la nature!». Quant à la composition des jus, à chacun de trouver la farandole de goûts qui lui convient!

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