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La chronique de Stéphane Bern: Mariage princier cousu d'or
Le prince Harry et Meghan Markle à l'annonce de leurs fiançailles

La chronique de Stéphane Bern: Mariage princier cousu d'or

AFP
Le prince Harry et Meghan Markle à l'annonce de leurs fiançailles
Lifestyle 3 min. 02.12.2017

La chronique de Stéphane Bern: Mariage princier cousu d'or

Chaque week-end, Stéphane Bern nous livre sa vision de l'actualité dans sa chronique intitulée "L'air du temps". Il explique aujourd'hui les retombées économiques qui ont suivi l'annonce des fiançailles du prince Harry avec l'actrice Meghan Markle.

Par Stéphane Bern

Après «l'effet Kate», voici «l'effet Meghan»! Dans sa rubrique hebdomadaire, Stéphane Bern explique les retombées économiques qui ont suivi l'annonce des fiançailles du prince Harry avec l'actrice Meghan Markle et, de façon générale, le revenu net qui est dégagé au Royaume-Uni par la famille royale.

Est-il encore besoin d’insister sur le rôle économique de la monarchie ? En visite d’Etat dans l’Empire du Soleil Levant, le Grand-Duc, jouant à merveille son rôle de «facilitateur » pour ouvrir des portes jusque-là closes à une centaine d’entrepreneurs embarqués dans la délégation officielle, peut s’enorgueillir d’avoir brillamment défendu le label luxembourgeois et promu les savoir-faire nationaux.

Stéphane Bern, chroniqueur pour le Luxemburger Wort
Stéphane Bern, chroniqueur pour le Luxemburger Wort
LW

Ce rôle essentiel d’ambassadeur est aussi, doit-on le rappeler, créateur d’emplois et source de richesse économique dont les ministres Schneider et Gramegna sont les premiers à se féliciter ! N’en doutons pas, c’est la position arbitrale du souverain qui rend possible cette mise en valeur exceptionnelle du label national.

Et quand cela se passe en Grande-Bretagne, dans la monarchie britannique sur laquelle les yeux du monde entier sont braqués, le phénomène est décuplé. Il suffit pour s’en convaincre d’observer l’effet induit par l'annonce officielle des fiançailles du prince Harry avec l’actrice américaine Meghan Markle.

A peine la jeune femme, est-elle apparue au bras de son fiancé sur les images multi-diffusées, que son look était immédiatement scruté, décrypté, et copié. Par ce phénomène curieux d’identification que provoquent d’ailleurs moins les stars que les princesses, de nombreuses femmes ont cherché à se procurer dans l’instant le même manteau immaculé que la future duchesse de Sussex. Blanc, ceinturé, signé du label canadien The Line et vendu 510 euros, il n'aura fallu que quelques heures pour que le modèle Mara Wrap Coat soit en rupture de stock.

Un engouement qui rendra même le site de la marque indisponible pendant quelques heures. « Je ne savais pas qu’elle allait le porter », s'étonne John Muscat, co-fondateur du label. « J’ai été très surpris qu’elle le choisisse pour cette annonce ». Pourtant, l'ex-actrice est une fidèle de la marque qui le lui rend bien. « J’aime son style, je l’ai toujours adoré, déclare John Muscat. Et tout ce qu’elle porte est incroyable sur elle ».

Quant à la robe fourreau vert sapin à la longueur en dessous du genou et ceinturée d'un nœud, elle est signée de la marque P.A.R.O.S.H. et vaut 434 euros. Immédiatement rebaptisée "The Meghan", elle s’est arrachée sur les sites de ventes en ligne, à la surprise de son créateur italien Paolo Rossello ! Les mêmes causes provoquant les mêmes effets, l’intérêt du public féminin s’est porté sur la paire d'escarpins de la marque Aquazzura dans une teinte beige pâle, et d'une valeur de 495 euros, sur une autre marque canadienne Maison Birks pour la paire de boucles d’oreille à 650€, sans parler du vernis nude « Ballet Slippers » de ses ongles mettant en valeur sa bague de fiançailles, et revendiqué par la marque Essie, vendu 11 euros…

Si l’annonce des fiançailles du prince Harry à l’actrice Meghan Markle est un heureux événement pour le couple, pour la famille royale, cela l’est aussi pour la mode canadienne et pour les affaires du Royaume-Uni. Après « l’effet Kate », voici « l’effet Meghan » ! Le cabinet Brand Finance a estimé récemment le revenu net apporté au pays par la famille royale, surnommée « The Firm », à un total de plus de 50 milliards d’euros par an, auquel il conviendra d’ajouter la vente de bimbeloterie fabriquée pour le mariage princier de mai prochain, et l’afflux touristique prévisible...

« La valeur de la "Marque Royale" ne doit pas être sous-estimée » conclut le cabinet de conseil. Qui oserait prétendre le contraire ?