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La chronique de Stéphane Bern: "Le bonheur national brut"
Stéphane Bern lors de la présentation de son livre «Mon Luxembourg».

La chronique de Stéphane Bern: "Le bonheur national brut"

Photo: Pierre Matgé
Stéphane Bern lors de la présentation de son livre «Mon Luxembourg».
Lifestyle 3 min. 08.12.2018

La chronique de Stéphane Bern: "Le bonheur national brut"

Soyons heureux d'être au Luxembourg! Tel est le message de Stéphane Bern dans sa chronique cette semaine.

Nul n’est prophète en son pays et il se trouve toujours des gens qui estiment que l’herbe est plus verte, plus tendre ou plus grasse chez le voisin. Une fois n’est pas coutume, mais comment ne serait-on pas tenté d’inviter nos compatriotes luxembourgeois à ne pas toujours regarder avec des yeux gourmands le modèle français qui parfois semble donner le tempo? 

A l’heure où la France au tempérament révolutionnaire manifeste sa colère sociale en gilets jaunes tandis que les rues de Paris et des grandes villes, livrées à la guérilla urbaine et aux scènes d’insurrection, contestent jusqu’à l’Etat de droit, ne pourrait-on pas le temps d’une chronique inviter les Luxembourgeois à savourer la quiétude d’un Grand-Duché où certes tout n’est pas rose mais où il fait bon vivre? 

On aurait tendance à l’oublier en lisant parfois les commentaires peu amènes des internautes, mais année après année, le Luxembourg se classe parmi les nations les plus heureuses de la planète. Le Grand-Duché est en 2018 le 17e pays le plus heureux au monde, selon le World Happiness Report, un palmarès créé par l'ONU en 2012 qui classe 156 pays selon leur niveau de bonheur. 

Six facteurs entrent en ligne de compte: produit intérieur brut (PIB) par habitant, espérance de vie en bonne santé, liberté, générosité, aide sociale et perception de la corruption dans le gouvernement ou les affaires. Après la Norvège l'an passé, c'est au tour de sa voisine la Finlande d'être officiellement classée pays le plus heureux du monde, y compris pour ses immigrés. 

La Finlande devance la Norvège et le Danemark au classement, suivis par l’Islande, la Suisse, les Pays-Bas, le Canada, la Nouvelle-Zélande, la Suède et l’Australie. Si les pays scandinaves se réservent les premières marches du podium, n’est-il pas utile de rappeler que le Luxembourg se positionne devant les Etats-Unis, le Royaume-Uni et la France sur laquelle pourtant il semble toujours avoir les yeux rivés? 

Si partout en Europe l’exécutif est contesté, le Grand-Duché vient de renouveler sa confiance à la coalition menée par le Premier ministre Xavier Bettel qui peut afficher des résultats probants en matière de croissance économique (4%) et de baisse du chômage (réduit à 5,4%). 

Alors que le nouveau gouvernement luxembourgeois vient de prêter serment au Grand-Duc cette semaine, il annonce des réformes qui devraient renforcer le bonheur de nos concitoyens et des frontaliers qui viennent travailler à Luxembourg comme la gratuité des transports publics et leur interconnexion pour renforcer la mobilité, ou la digitalisation des services qui facilitera la vie des Luxembourgeois notamment dans leur relation à l’administration. 

A ceux qui passent leur temps à donner des leçons au Luxembourg, on aimerait les inviter au contraire à prendre exemple…! Faut-il ajouter à destination de ceux qui doutent, que la stabilité d’un Etat comme le Grand-Duché, qui évolue sans cesse au rythme des mouvements de la société, est incarnée par un souverain au-dessus des partis et des intérêts individuels, incontestable figure tutélaire qui incarne la nation tout entière dans sa diversité. 

Il assure la pérennité des institutions, car monarchie et démocratie sont les deux faces d’une même médaille. Et notre Grand-Duc peut aussi compter sur sa famille entièrement dévouée au service du pays, à commencer par son épouse la Grande-Duchesse qui fait aussi rayonner le Luxembourg par son action caritative et humanitaire notamment au secours des femmes victimes des guerres. 

N’attendons pas pour assumer cette chance en méditant le mot de Jacques Prévert: «On reconnaît le bonheur au bruit qu’il fait quand il s’en va».

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