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La chronique de Stéphane Bern: Ballon rond et langue de chat
Les Russes, eux, misent pour ce Mondial 2018 sur Achille.

La chronique de Stéphane Bern: Ballon rond et langue de chat

Photo: AFP
Les Russes, eux, misent pour ce Mondial 2018 sur Achille.
Lifestyle 3 min. 16.06.2018

La chronique de Stéphane Bern: Ballon rond et langue de chat

Chaque samedi, Stéphane Bern nous livre sa vision de l'actualité dans sa chronique intitulée «L'air du temps». Cette semaine, il nous parle du phénomène des oracles animaliers qui font leur apparition dès que la météo vire à la Coupe du monde. Cette fois, la Russie s'est choisie Achille, un chat blanc qui est sourd.

Par Stéphane Bern

A l’heure où s’est ouverte en Russie la Coupe du Monde de foot 2018, les bookmakers s’activent en coulisses pour parier sur les matchs et sur la victoire finale. Comme l’explique l’économiste David Sally, la difficulté au football, c’est que l’imprévisibilité est plus forte dans ce sport que dans d’autres sports d’équipe, comme le basket-ball ou le baseball.


La chronique de Stéphane Bern
Chaque week-end, le célèbre animateur Stéphane Bern nous livre son point de vue sur l'actualité, dans une chronique intitulée "L'air du temps". Retrouvez ici l'ensemble de ses contributions.

Selon lui, cela tient au fait que le football est un sport où il est difficile de marquer des points, surtout quand les équipes sont d’égale valeur. C’est dire si les parieurs autant que les commentateurs sportifs se fient à chaque compétition internationale à l’avis éclairé d’oracles et de pythies, croyant sans doute à la part irrationnelle des buts.

La nouvelle recrue pour la coupe du monde cette année s’appelle Achille et il s’agit d’un chat blanc qui a la particularité d’être sourd (mais voyant ?), ce qui garantit son objectivité lorsqu’il oriente son pronostic vers telle ou telle équipe !

Mais le chat russe aura-t-il autant de succès dans ses prédictions, que Paul, le poulpe allemand ? En 2010, l’oracle à tentacules qui vivait dans l’aquarium d’Oberhausen avait pronostiqué de manière correcte tous les résultats des matchs de la Manschaft pendant la Coupe du monde qui se déroulait en Afrique du Sud.

Les Russes, eux, misent pour ce Mondial 2018 sur Achille, un chat blanc, qui devra choisir, pour chaque match, entre deux boîtes contenant de la nourriture marquées par les drapeaux correspondants aux équipes qui s’affronteront sur le terrain. « Nous avons choisi Achille parce qu’il est beau, mais aussi parce qu’il est sourd comme tous les chats blancs aux yeux bleus », a expliqué Anna Kondratieva, vétérinaire qui soigne les chats habitant au musée de l’Ermitage de Saint-Pétersbourg.

Du sous-sol de l'Ermitage au café voisin

« Il voit avec son cœur », affirme-t-elle, sans craindre ses tacles ni ses coups de griffes. Tout au long de la compétition, Achille va quitter le sous-sol de l’Ermitage, où il habite avec des dizaines d’autres chats qui protègent des rongeurs le musée mondialement connu, et déménager dans un café avoisinant. « Il va vivre ici pour rester en forme », assure-t-elle.

N’est-il pas étrange de se fier à l’avis d’un animal pour conjurer le sort et espérer une victoire de son équipe nationale ? Paul le Poulpe, surnommé «l'oracle d'Oberhausen», avait été l’un des pionniers du genre lors de l'Euro 2008 avec un score de 4/6, mais deux ans plus tard il réalise l'incroyable: un score parfait de 8/8, avec la victoire finale de l'Espagne à la clé. Il a été un des symboles de cette Coupe du monde historique, disputée en Afrique du Sud.

Depuis, le phénomène s'est répandu, et chaque nouvelle compétition internationale a son lot de nouveaux devins. De l'otarie en passant par le tatou, avec bon nombre d'éléphants, les pronostiqueurs sont désormais légion. Pour l’Euro 2016 il y a eu Flocke le pingouin, Watson l'otarie ou encore Nelson le calao. Mais récemment encore, un cochon d’Inde suisse Madame Shiva et un piranha britannique Pelé ont été appelés en consultation sans réussir à égaler le talent de Paul.

Souhaitons à Achille une belle coupe du monde 2018, même s’il y a fort à parier que les victoires se joueront davantage sur le terrain que dans la gamelle du félin. Les parieurs, eux, ont résolu de donner leur langue au chat !



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