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257km de course à pied dans le sable: De retour du Sahara, Sophie livre ses impressions
Lifestyle 25 4 min. 20.04.2016

257km de course à pied dans le sable: De retour du Sahara, Sophie livre ses impressions

Anne FOURNEY
Anne FOURNEY
Sophie Hermes, sportive accomplie, vient de boucler une course de 257km dans le Sahara, réputée pour sa difficulté et l'endurance qu'elle nécessite. Elle nous fait part de ses impressions au retour d'une aventure forte et marquante.

Propos recueillis pas Anne Fourney

Notre collègue la journaliste Sophie Hermes, sportive accomplie, vient de boucler une course de l'extrême, réputée pour sa difficulté et l'endurance qu'elle nécessite: le Marathon des Sables. En plus des vidéos qu'elle nous a envoyées quotidiennement, elle nous fait part de ses impressions au retour d'une aventure forte.

Dans quel état d'esprit étais-tu avant la course? Et maintenant qu'elle est finie?

Avant, j'avais super peur du Marathon des Sables! Je me disais que c'était au-dessus de mes capacités. Finalement, j'ai souffert et deux jours après être rentrée au Luxembourg je ne garde que les bons souvenirs. C'est vrai, je n'ai même pas de courbatures en fait! C'était vraiment une super expérience, tu apprends tellement sur toi-même.

On a besoin de peu au quotidien finalement. Je suis partie avec un sac à dos de 7,2 kg pour la semaine, avec un sac de couchage, une veste et un pantalon pour le soir parce que les nuits sont plus fraîches, de la nourriture, deux t-shirts de rechange. Et de l'eau.

Une étape fait 84 km que tu as parcourus en 26 heures environ: l'épreuve la plus dure?

Le plus important dans une course comme celle-là, c'est le mental. Les deux premiers jours ont été vraiment difficiles: le parcours était dur, il y avait du dénivelé. Le troisième jour ça allait un peu mieux. Mais j'avais mal au genou déjà, j'ai une tendinite.

Certains concurrents marchent beaucoup pendant l'épreuve. Courir dans le sable par une telle chaleur est extrêmement difficile lorsque l'on ne s'est pas entraîné à supporter ces conditions.
Certains concurrents marchent beaucoup pendant l'épreuve. Courir dans le sable par une telle chaleur est extrêmement difficile lorsque l'on ne s'est pas entraîné à supporter ces conditions.
Sophie Hermes

Le quatrième jour, le matin, avant d'aborder cette épreuve, je me sentais mal. J'ai vomi trois fois et suis allée voir le médecin. Il m'a donné un cachet et m'a dit que je pouvais prendre le départ. J'avais du  mal à supporter la chaleur en fait. Je suis partie lentement. Puis au  bout de 35 km je suis allée à l'infirmerie, j'avais envie d'abandonner.

Là-bas ils m'ont dit que physiquement je pouvais continuer. Les équipes médicales et de l'organisation avaient toujours un mot sympa pour nous encourager et c'est vrai que ça fait du bien au moral! Après j'ai couru de nuit et j'ai fait en sorte d'avancer autant que possible parce qu'il faisait meilleur. Ce qui a été difficile en revanche, c'est que le matin j'ai commencé à voir le bivouac à 8h15. Il était à 12km. C'était tout plat et interminable pour l'atteindre; je suis arrivée vers 11h.

Les candidats du Luxembourg.
Les candidats du Luxembourg.

Courir de nuit? Comment faisais-tu pour t'orienter?

Le parcours était toujours bien balisé avec des bâtons lumineux. On n'a donc jamais eu de problème d'orientation. Et j'avais aussi une lampe frontale.

Que garderas-tu de cette expérience?

C'est avant tout une grande aventure, une aventure humaine. En fait j'ai plus marché que couru. Il y avait du sable mou, du sable moins mou et des rochers. Le soleil tape très fort, il fait 40°C, voire plus, et c'est difficile à supporter. Mais finalement les endroits où j'ai le plus souffert restent les souvenirs les plus forts. Pendant la quatrième étape, nous avons eu une montée à 30%. C'était très éprouvant. Mais en récompense, il y avait un panorama magnifique une fois arrivés au sommet.

À quoi pense-t-on pendant tout ce temps?

À plein de choses! À l'ami qui m'a inscrite à cette course et à qui je m'étais jurée de ne plus jamais parler de ma vie! Et finalement c'est la première personne que j'ai appelée à mon retour. Aux conseils d'une amie qui m'a recommandé de penser à des choses positives en chemin.

Et en fait, pendant les épreuves, on pense au prochain point de ravitaillement, on se fixe des objectifs plus accessibles qu'en se disant qu'il reste encore 80 km à parcourir!

As-tu d'autres projets de course? Ou refaire la même?

Pas d'autre projet pour le moment, le Marathon des Sables m'a déjà bien occupée ces derniers mois. Quant à l'idée de le refaire, non ou peut-être dans quelques années: cela représente quand même deux semaines de congés et un coût total d'environ 5.000 euros. Mais une autre course dans le même genre, oui, pourquoi pas?

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