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Vers une enquête de l'ONU sur la répression iranienne?
International 3 min. 22.11.2022
Relations internationales

Vers une enquête de l'ONU sur la répression iranienne?

Cette image extraite d'une séquence vidéo UGC publiée le 21 novembre 2022 montrerait des manifestants jetant des pierres et avançant au milieu de tirs.
Relations internationales

Vers une enquête de l'ONU sur la répression iranienne?

Cette image extraite d'une séquence vidéo UGC publiée le 21 novembre 2022 montrerait des manifestants jetant des pierres et avançant au milieu de tirs.
Photo: AFP
International 3 min. 22.11.2022
Relations internationales

Vers une enquête de l'ONU sur la répression iranienne?

Les 47 Etats membres du Conseil des droits de l'homme de l'ONU vont décider lors d'une session d'urgence sur l'Iran jeudi s'ils ouvrent une enquête internationale sur la répression sanglante des manifestations secouant le pays.

(AFP) - Cette réunion sur «la détérioration de la situation des droits de l'homme» en Iran a été décidée après une requête en ce sens de l'Allemagne et de l'Islande.


Iran Protest am Centre Hamilius in Luxemburg-Stadt. (Foto: Alain Piron)
Soutien dans le combat pour un Iran libre
Une manifestation contre le régime dictatorial iranien a eu lieu samedi au centre Hamilius sous le slogan "Your silence is killing".

Cette initiative fait suite à plus de deux mois de manifestations en Iran, déclenchées par la mort le 16 septembre de Mahsa Amini, une jeune femme de 22 ans, après son arrestation pour avoir enfreint les règles vestimentaires très strictes, inspirées par la charia, qui s'appliquent aux femmes dans le pays.

Au moins 378 personnes, dont 47 enfants, ont été tuées en Iran au cours de la répression des manifestations, selon l'ONG Iran Human Rights (IHR), basée en Norvège. Cette vague de contestation est sans précédent par son ampleur et sa nature depuis la Révolution islamique de 1979. Au fil des jours, les manifestations pour la liberté des femmes se sont transformées en contestation dirigée contre le pouvoir.

Des milliers de manifestants pacifiques ont été arrêtés, selon des experts en droits de l'homme des Nations unies, et la justice a déjà prononcé six condamnations en lien avec les manifestations.

Dimension de genre

Jeudi, les diplomates vont examiner à Genève un projet de résolution présenté par l'Allemagne et l'Islande, qui demande l'ouverture d'une enquête internationale de haut niveau - une mission internationale indépendante d'établissement des faits dans le jargon de l'ONU - chargée d'examiner la répression des manifestations, en intégrant en particulier la dimension de genre.

Le texte - qui peut encore être modifié ces prochains jours - demande aux enquêteurs de «recueillir, consolider et analyser» les éléments de preuve de ces violations, et de les préserver, y compris afin de pouvoir les utiliser, le cas échéant, devant des tribunaux, notamment internationaux. La ministre allemande des Affaires étrangères Annalena Baerbock, qui sera jeudi à Genève, a souligné sur Twitter qu'une enquête était vitale, faisant valoir l'importance «pour les victimes que les responsables répondent de leurs actes».


Luxembourg's Prime Minister Xavier Bettel speaks to media as he arrives for the second day of a EU leaders Summit at The European Council Building in Brussels on October 21, 2022. (Photo by Ludovic MARIN / AFP)
Xavier Bettel condamne les violences policières en Iran
Selon les estimations des défenseurs des droits de l'homme, plus de 240 personnes ont été tuées jusqu'à présent lors des manifestations.

Le projet de résolution demande à Téhéran de coopérer pleinement avec les enquêteurs, qui devront présenter une mise à jour orale de leurs travaux devant le Conseil en juin 2023 puis un rapport complet en mars 2024. Les ONG ont salué la convocation de la session. «Nous observons des abus tellement graves en réponse aux manifestations», a déclaré à l'AFP Lucy McKernan de Human Rights Watch. «Il incombe au Conseil de réagir», a-t-elle ajouté, en exprimant l'espoir que les pays soutiendront l'enquête «pour qu'au moins à l'avenir, il y ait une chance que les responsables rendent des comptes».

Le soutien de 16 des 47 Etats membres - plus d'un tiers - est nécessaire pour convoquer une session spéciale. Au total, 50 pays ont apporté leur soutien à la convocation de la réunion, dont 17 pays membres du Conseil, parmi lesquels l'Allemagne, la France et les Etats-Unis.

Suffisamment de voix?

Les pays qui soutiennent le projet de résolution vont devoir réunir les voix nécessaires pour faire adopter le texte à la majorité simple. Or le Conseil est le théâtre de divergences de plus en plus vives: plusieurs pays opposés à toute ingérence extérieure, dont la Chine, la Russie et l'Iran, manifestent une opposition de plus en plus forte à tout projet d'enquête.


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Début octobre, les pays occidentaux et leurs alliés ont essuyé un revers cuisant face à la Chine au Conseil, dont une majorité de pays a refusé de débattre des exactions dont est accusé Pékin dans sa province du Xinjang. L'Iran pourrait toutefois avoir plus de mal à bloquer la résolution la visant car son influence est moindre que celle de Pékin. En outre, le Conseil a créé dès 2011 un poste de Rapporteur spécial sur l'Iran, et le renouvelle tous les ans.

La réunion de jeudi sera l'occasion pour le nouveau chef des droits de l'homme des Nations unies, l'Autrichien Volker Türk, de prendre pour la première fois la parole devant le Conseil. Le Rapporteur spécial sur l'Iran s'exprimera également ainsi très probablement que des représentants de la société civile iranienne.


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