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Vers un accord mondial pour empêcher un désastre climatique
International 4 min. 12.12.2015 Cet article est archivé
COP21

Vers un accord mondial pour empêcher un désastre climatique

Des activistes de l'ONG Avaaz déguisés en Maître Yoda et en stormtrooper tiennent leur revendication à bout de bras et des journaux ou l'on peut voir le Premier ministre indien, Narendra Modi, la chancellière allemande, Angela Merkel, le président chinois, Xi Jinping, la présidente brésilienne, Dilma Rousseff et Barack Obama vêtus en Jedi, les personnages de fiction de la saga Star Wars.
COP21

Vers un accord mondial pour empêcher un désastre climatique

Des activistes de l'ONG Avaaz déguisés en Maître Yoda et en stormtrooper tiennent leur revendication à bout de bras et des journaux ou l'on peut voir le Premier ministre indien, Narendra Modi, la chancellière allemande, Angela Merkel, le président chinois, Xi Jinping, la présidente brésilienne, Dilma Rousseff et Barack Obama vêtus en Jedi, les personnages de fiction de la saga Star Wars.
Photo: AFP
International 4 min. 12.12.2015 Cet article est archivé
COP21

Vers un accord mondial pour empêcher un désastre climatique

Six ans après le rendez-vous manqué de Copenhague, les intenses tractations pour limiter le réchauffement de la planète étaient toutes proches samedi de la ligne d'arrivée. La présentation d'un projet d'accord final est attendue en fin de matinée.

(AFP) - Six ans après le rendez-vous manqué de Copenhague, les intenses tractations pour limiter le réchauffement de la planète étaient toutes proches samedi de la ligne d'arrivée avec la présentation, attendue en fin de matinée, d'un projet d'accord final aux délégations de 195 pays réunies près de Paris.

Au terme d'une relecture ligne par ligne, la présidence de la conférence sur le climat (COP21) a annoncé dans la nuit la finalisation d'un texte de compromis, qui doit encore être approuvé par consensus.

Laurent Fabius, ministre français des Affaires étrangères et président de cette COP, présentera ce projet d'accord samedi à 11 h 30 (10 h 30 GMT) lors d'une séance plenière, après traduction dans les six langues de l'ONU.

Le président français Français Hollande devait se rendre au Bourget, près de Paris, pour cette séance et pourrait «intervenir» à la tribune, ont fait savoir ses services.

Des coups de fils entre chefs d'états

Si l'accord ne soulève pas d'objections majeures, une nouvelle plénière sera convoquée quelques heures plus tard pour une adoption formelle, qui ne passe pas par un vote.

Dans Paris, au même moment, des militants écologistes ont prévu de multiplier les actions (ligne rouge, rassemblement devant la Tour Eiffel) pour redire leur souhait d'un accord ambitieux et juste et rendre hommage «aux victimes du réchauffement climatique».

Lors du coup d'envoi de la 21e conférence sur le climat de l'ONU, 150 chefs d'Etat et de gouvernement étaient venus exprimer l'urgence à agir face à un phénomène qui aggrave les vagues de chaleur, sécheresses, inondations, etc..., et touche au premier chef les pays pauvres.

L'emballement du mercure menace aussi la productivité agricole, les ressources marines, les réserves en eau de nombreuses régions. Quant à la montée des océans, elle met en danger des Etats insulaires, comme les îles Kiribati, et des communautés côtières, au Bangladesh par exemple.

Ces deux derniers jours, des coups de fil entre chefs d'Etat, notamment de la Chine, des Etats-Unis, de la France, de l'Inde et du Brésil ont été échangés pour s'assurer que les discussions ne s'embourbaient pas.

Dans la nuit de jeudi à vendredi, une réunion de négociations avait vu les positions de certains pays se rigidifier, faisant craindre un blocage.

«Sur un sujet aussi complexe, chacun n'obtiendra pas 100% de ce qu'il demande. Quand il y a 195 pays, si chacun exige les 100%, finalement chacun obtient 0%», avait prévenu Laurent Fabius.

Les plus pauvres optimistes

Ce pacte, qui entrera en vigueur en 2020, doit accélérer un mouvement réduisant l'utilisation des énergies fossiles (charbon, pétrole, gaz), favorisant les énergies renouvelables et modifiant la gestion des forêts et des terres agricoles.

Les engagements des pays, pris en vue de la COP, pour réduire les émissions de gaz à effet de serre, mettent à ce stade la planète sur une trajectoire de +3°C par rapport à l'ère pré-industrielle, loin des +2°C ou moins souhaitables pour limiter les dérèglements.

Pour faire accepter un texte à 195 nations, la présidence française devait trouver un équilibre délicat entre "les lignes rouges" des pays et des formulations trop vagues qui priveraient le texte d'ambition.

Dans ce but, Laurent Fabius a enchaîné vendredi encore les consultations dans son bureau. «Il s'agissait de tester différentes formules de consensus avec les délégations qu'il recevait», a expliqué à l'AFP Matthieu Orphelin, porte-parole de la Fondation Nicolas Hulot.

Les grands sujets de divergences portaient principalement sur l'aide aux pays du Sud pour faire face au changement climatique, sur le niveau d'ambition de l'accord et le respect du principe de «différenciation», voulant que les pays développés s'impliquent davantage, au nom de leur responsabilité historique dans les émissions de gaz à effet de serre.

«Vous ne pouvez pas demander au Lesotho d'avoir les mêmes obligations que la Pologne, ou au Bostwana d'avoir les mêmes que les Etats-Unis», avait souligné vendredi Nozipho Mxakato-Diseko, l'ambassadrice sud-africaine, porte-parole du groupe des pays pauvres et émergents.

Concernant les financements, les pays en développement réclamaient que la somme de 100 milliards de dollars annuels promise d'ici 2020 soit augmentée les années suivantes. Quant aux pays développés, ils voulaient mettre à contribution les émergents (Corée du Sud, Brésil, pays pétroliers...).

Samedi matin, les pays les moins avancés ont fait savoir qu'ils étaient «optimistes» sur le contenu du projet d'accord final, exprimant leur "confiance" dans le fait qu'il reflète leurs revendications.


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