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Vent de fronde à la côte belge
International 3 min. 12.05.2020 Cet article est archivé

Vent de fronde à la côte belge

Il y a de la friture sur la ligne entre certains bourgmestres de la côte belge et la Première ministre Sophie Wilmès

Vent de fronde à la côte belge

Il y a de la friture sur la ligne entre certains bourgmestres de la côte belge et la Première ministre Sophie Wilmès
International 3 min. 12.05.2020 Cet article est archivé

Vent de fronde à la côte belge

Max HELLEFF
Max HELLEFF
Dans les stations balnéaires, plusieurs bourgmestres veulent autoriser l’occupation des résidences secondaires par leurs propriétaires dès le 18 mai.

De notre correspondant, Max Hellef (Bruxelles) -  Lors du dernier Conseil national de sécurité, la Première ministre Sophie Wilmès a donné aux familles l'occasion de se retrouver à l’occasion de la Fête des mères, tout en confirmant la réouverture des commerces le 11 mai et une rentrée scolaire partielle le 18 mai. Mais, en revanche, elle n'a donné aucune indication sur les excursions d'un jour et sur les séjours dans les résidences secondaires. Ni, a fortiori, sur les vacances d'été.

La décision concernant ces loisirs a été remise au 8 juin au plus tôt – et dépendra de l'évolution de la pandémie. Mais pour certains bourgmestres de la Côte, c'en est trop! La plupart d'entre eux espéraient accueillir à nouveau les propriétaires des secondes résidences dès le 18 mai, comme cela avait été annoncé dans un premier temps. Ils étaient ainsi certains de sauver au moins partiellement la saison touristique.


A police officer wearing protective gloves patrols in a park in Brussels on April 15, 2020 , as a strict lockdown has been in place for the past five weeks to stop the spread of COVID-19, the disease caused by the novel coronavirus. (Photo by JOHN THYS / AFP)
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Un homme mène la fronde: le député-bourgmestre de Middelkerke Jean-Marie Dedecker. L'ancien entraîneur de l’équipe nationale de judo rappelle qu'il a le caractère bouillant: «Vous avez décrété une mesure disant qu'on peut aller à la Côte pour rendre visite à sa belle-mère, mais pas pour aller dans son propre appartement», a-t-il lancé à Sophie Wilmès. Avant de menacer: «A partir du 18 mai, je ne ferai plus aucun contrôle sur l'arrivée des seconds résidents. Vous pouvez envoyer la police fédérale, moi je fais ce que je dis. Dès le 18, il n'y aura plus de contrôle des seconds résidents.»

Cette sortie tranche avec les mesures en application jusqu'ici. La police belge n'a eu de cesse de sanctionner les résidents, belges et étrangers, qui auraient souhaité passer le confinement dans leur propriété à la mer ou en Ardenne. Elle a même eu recours à des drones équipés de caméras à infrarouge pour repérer les réfractaires terrés dans leur caravane.


Antwerp Mayor Bart De Wever delivers a speech at a congress of the Antwerp branch of Flemish nationalist party N-VA, in preparation of the October local elections on May 6, 2018 in Antwerp.  / AFP PHOTO / BELGA AND Belga / NICOLAS MAETERLINCK / Belgium OUT
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La fronde menée par Jean-Marie Dedecker n'est pas un acte isolé. A Ostende, le bourgmestre Bart Tommelein demande lui aussi le retour des propriétaires des secondes résidences dès le 18 mai: «La réalité, c'est que nous ne pouvons plus faire respecter l’interdiction d'accès aux résidences secondaires», plaide-t-il, en invoquant un nombre insuffisant de policiers.

Le vent du mécontentement qui s'est levé sur les plages du nord a forcé Carl Decaluwé, le gouverneur de la province de Flandre occidentale, à intervenir: «Nous voulons tous sortir de cette crise le plus rapidement possible. C'est pourquoi tout le monde doit obéir aux règles fédérales (…) Annoncer dès maintenant qu'il n'y aura pas de contrôles ou même appeler les résidents secondaires à venir à la Côte est carrément irresponsable.» S'il le faut, le gouverneur passera outre les polices locales pour s'adresser à la police fédérale afin de faire respecter les mesures de confinement.


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A défaut de décisions prises à l'heure actuelle au niveau européen, beaucoup de Belges s'attendent à passer leurs vacances d'été au pays. Dès le début du confinement, plusieurs virologues et épidémiologistes ont cherché à les convaincre que la lutte contre la pandémie passera par la limitation de leur liberté de circulation à l'échelon international.

Or, jusqu'à présent, cette liberté n'est pas garantie, pas même sur le territoire belge. Le trafic automobile qui va crescendo chaque jour montre toutefois que la notion de déplacement non essentiel est devenue très relative. C'est aussi sur ce besoin de changer d'air que surfent les bourgmestres réfractaires de la Côte.  

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