Changer d'édition

Vaste action policière dans la nuit de lundi à Bruxelles: 16 personnes interpellées, pas de trace de Salah Abdeslam
International 21 2 6 min. 23.11.2015 Cet article est archivé

Vaste action policière dans la nuit de lundi à Bruxelles: 16 personnes interpellées, pas de trace de Salah Abdeslam

International 21 2 6 min. 23.11.2015 Cet article est archivé

Vaste action policière dans la nuit de lundi à Bruxelles: 16 personnes interpellées, pas de trace de Salah Abdeslam

Dimanche soir, plusieurs opérations policières étaient en cours, notamment dans le centre de Bruxelles, à proximité de la Grand-Place, où un périmètre de sécurité a été établi, ainsi que dans la région de Charleroi. 16 interpellations ont eu lieu.

Dimanche soir, un vaste coup de filet en Belgique n'a pas permis de mettre la main sur Salah Abdeslam, suspect qui a joué un rôle clé dans les attaques de Paris et reste introuvable depuis. Mais 16 suspects ont été interpellés.

"Le nommé Salah Abdeslam n'a pas été intercepté lors des perquisitions" conduites dans six communes de l'agglomération bruxelloise et à Charleroi (sud de la Belgique), a annoncé le parquet fédéral lors d'une conférence de presse dans la nuit de dimanche à lundi.

Dans un Bruxelles barricadé et quasiment à l'arrêt, la police a procédé à 19 perquisitions. "Ni arme, ni explosifs n'ont été découverts", mais la police a mis la main sur 16 personnes dont le sort devrait être connu lundi.

Parmi elles, lors d'une descente dans un snack-bar de Molenbeek-Saint-Jean, réputé fief jihadiste, un individu a été blessé par des policiers qui ont tiré lorsqu'il a dirigé sa voiture dans leur direction, selon le parquet. L'homme a été arrêté mais il est impossible à ce stade de dire s'il y a un lien entre cet incident et l'enquête antiterroriste en cours.

En milieu de nuit, les communes de Molenbeek et Schaerbeek, où se sont notamment déroulées les opérations, avaient retrouvé leur calme, ont constaté des journalistes de l'AFP.

La circulation était extrêmement faible: seuls quelques voitures, des taxis et des véhicules de police et de l'armée étaient visibles. Les passants se faisaient très rares.

L'armée et la police restaient toutefois sur le qui-vive devant des lieux stratégiques comme la Grand-Place, la résidence de fonction du Premier ministre ou encore son bureau.

L'ennemi public numéro un

Malgré cette accélération de l'enquête, Salah Abdeslam s'est évaporé dans la nature.

Salah Abdeslam
Salah Abdeslam
Photo: AFP

Ce Français de 26 ans, résidant en Belgique, a au moins joué un rôle de logisticien dans les attentats de Paris. Son frère Brahim s'est fait exploser dans un restaurant parisien le 13 novembre.

"Ennemi public numéro un" pour la presse belge, il aurait été exfiltré vers la Belgique quelques heures après les attentats de Paris, selon deux hommes qui disent l'avoir aidé.

Son frère aîné Mohamed, interviewé dimanche à la télévision, l'a appelé à se rendre.

La menace pour la capitale européenne est jugée "sérieuse et imminente" alors que la police traque encore un suspect-clé des attentats de Paris, Salah Abdeslam, et soupçonne d'autres personnes de vouloir passer à l'acte.

Les vidéo 360 ne sont pas supportées. Voir la vidéo 360 dans l'app Youtube.

La police avait dimanche soir expressément demandé aux médias de ne pas diffuser d'informations sur le déroulé et la configuration des lieux, et de s'abstenir de filmer en direct les opérations en cours.

Alors que plusieurs opérations anti-terroristes d'envergure étaient en cours à Bruxelles, les médias belges ont décidé de ne plus donner d'informations concernant les détails de ces opérations. Face à ce silence radio imposé, les Twittos belges (et d'ailleurs) ont choisi de répondre par l'humour au climat anxiogène que suscite la situation. L'arme humoristique choisie sont... des chats.

Troisième journée d'alerte

Bruxelles vit lundi sa troisième journée d'alerte antiterroriste maximale.

En raison d'une menace d'attentat jugée "sérieuse et imminente", Bruxelles sera de nouveau quasiment paralysée, une situation sans précédent pour la capitale de l'Union européenne.

Les autorités ont décidé dimanche de maintenir une journée de plus le niveau d'alerte à son maximum dans la région bruxelloise (1,2 million d'habitants) et de prolonger la fermeture du métro. Les écoles seront fermées, ainsi que les crèches, les universités et les grandes écoles.

Du jamais vu dans le royaume. Une nouvelle évaluation du niveau d'alerte et des mesures de sécurité doit être faite par les autorités belges dans l'après-midi.

"Ce que nous redoutons, ce sont des attaques similaires à Paris, avec plusieurs individus, avec des offensives à plusieurs endroits" avec pour cibles potentielles "des endroits très fréquentés", a déclaré, le ton grave, le Premier ministre belge Charles Michel.

Les vidéo 360 ne sont pas supportées. Voir la vidéo 360 dans l'app Youtube.

Samedi, il avait déjà évoqué ces risques et pris des mesures drastiques qui ont transformé Bruxelles en ville morte tout le week-end. Outre le métro fermé, les places de marchés, les commerces, les lieux de spectacle, les musées et certains cafés ont gardé porte close.

Recommandations du gouvernement luxembourgeois

Le ministère des affaires étrangères et européennes recommande aux ressortissants luxembourgeois de suivre les informations officielles des autorités belges et des services de police, à savoir de faire preuve d’une vigilance renforcée, ainsi que d’éviter les lieux à forte concentration de personnes au sein de la région bruxelloise (les concerts, les grands événements, les gares et aéroports, les transports en commun, les lieux à forte concentration commerciale), et de faciliter et respecter les contrôles de sécurité.

Appel à témoins 

La police française a diffusé dimanche un appel à témoin, assorti d'une photo, pour identifier le troisième kamikaze des abords du Stade de France. Cet homme est passé par l'île grecque de Leros, en même temps qu'un autre kamikaze du Stade de France, dont la photo a déjà été diffusée mais qui reste non identifié.

Jusqu'ici, seul l'un des trois auteurs des attaques-suicide près du stade a été identifié: il s'agit de Bilal Hadfi, un Français de 20 ans qui résidait en Belgique.

En Belgique, un troisième suspect arrêté a été inculpé vendredi pour terrorisme. Des armes ont été retrouvées à son domicile, mais pas d'explosifs.

L'enquête se poursuit également en Turquie, où un Belge d'origine marocaine - Ahmad Dahmani, 26 ans - soupçonné d'avoir aidé à repérer des cibles pour les attentats à Paris, a été arrêté.

La peur de nouvelles attaques reste vive. Un avion de la Turkish Airlines devant relier New York à Istanbul, avec 256 personnes à son bord, a été dérouté vers le Canada en raison d'une alerte à la bombe.

Dans ce climat, le président américain Barack Obama a rappelé qu'il se rendrait à la grande conférence sur le climat à Paris (COP 21), appelant les dirigeants de tous les pays à faire de même pour montrer que le monde n'a pas peur des "terroristes".

Sur le plan diplomatique, le président François Hollande entame lundi un marathon pour forger une vaste coalition contre l'EI, qui a revendiqué les attentats.

Il recevra à l'Elysée lundi le Premier ministre britannique David Cameron, avant de s'entretenir avec M. Obama mardi à Washington, Angela Merkel mercredi à Paris puis Vladimir Poutine jeudi à Moscou.

Sur le terrain militaire, le porte-avions français Charles de Gaulle a terminé dimanche ses exercices d'entraînement en Méditerranée orientale, avant d'engager ses chasseurs, potentiellement dès lundi, contre l'EI en Syrie et Irak, selon une journaliste de l'AFP à bord.

La France, traumatisée, va rendre hommage à ses morts. Les premiers enterrements devraient avoir lieu dès lundi, avant un hommage national vendredi.


Sur le même sujet

Qui est Salah Abdeslam?
Le principal suspect recherché pour les attentats meurtriers de Paris, Salah Abdeslam, a côtoyé un jihadiste belge notoire du groupe Etat islamique (EI), que les enquêteurs considèrent comme un "inspirateur" possible des tueries de vendredi soir.
Cette photo de Salah Abdeslam a été largement diffusée lundi par les autorités et les médias.