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Ursula von der Leyen élue de justesse
International 3 min. 16.07.2019

Ursula von der Leyen élue de justesse

Ursula von der Leyen élue de justesse

Photo: AFP
International 3 min. 16.07.2019

Ursula von der Leyen élue de justesse

Pour la première fois, la Commission européenne aura une femme à sa tête. Le eurodéputés en ont décidé ainsi, mardi 16 juillet, à Strasbourg. Mais celle qui succède à Jean-Claude Juncker est loin d'avoir fait l'unanimité.

L'Allemande Ursula von der Leyen (PPE) a finalement été élue, mardi 16 juillet, présidente de la Commission européenne par les eurodéputés. Mais avec 383 voix portées sur son nom, l'actuelle ministre allemande de la Défense n'a obtenu que légèrement plus de suffrages que la majorité absolue de 374 votes nécessaires à sa nomination. On est loin des 422 suffrages qu'avait obtenus en 2014 son prédécesseur Jean-Claude Juncker.

Une heure avant le début du scrutin, l'issue du vote restait incertaine. Si en théorie le cumul des voix des trois groupes majoritaires du parlement et proeuropéens, le PPE, les sociaux-démocrates et les libéraux-centristes de Renew Europe, pouvait accorder à l'ancienne ministre de la Défense allemande une victoire confortable, un doute subsistait. 


Christophe Hansen, Charles Goerens, Tilly Metz, Nicolas Schmit, Monica Semedo et Isabel Wiseler feront des choix divers pour désigner le futur président de la Commission européenne.
Le Luxembourg ne choisit pas von der Leyen
Seuls deux eurodéputés luxembourgeois voteront pour Ursula von der Leyen ce mardi. Lors d'une conférence de presse, les six parlementaires élus ont fait connaître leur point de vue sur le choix qu'ils feront pour désigner la ou le successeur au poste de Jean-Claude Juncker.

Le résultat très serré avec seulement 19 voix de plus que la majorité signifie que nombre de députés pro-européens ont refusé de lui accorder leur soutien malgré les consignes de leurs présidents de groupe.

Le PPE et ses 182 élus avaient promis de soutenir massivement Ursula von der Leyen. Avis également très favorable de Renew Europe, qui attendait «moins de cinq» dissensions de la part de ses 108 élus.

Le jeu était plus délicat du côté des sociaux-démocrates. Si officiellement, le groupe S&D (154 élus) avait annoncé «soutenir» Ursula von der Leyen, selon une source interne, environ deux tiers voulaient voter pour et environ un tiers contre, dont les socialistes français et les députés allemands.

Des soutiens embarrassants

Quatrième force politique du Parlement européen, les Verts (74 élus) avaient été clairs: ils voteraient contre. La co-présidente du groupe, Ska Keller, avait estimé que les propositions faites par Ursula von der Leyen n'étaient «vraiment pas suffisantes».

Source potentielle d'embarras pour Ursula von der Leyen, la balance pouvait pencher d'un côté ou de l'autre avec les voix des eurosceptiques. Les Conservateurs et réformistes (CRE, 62 élus) étaient restés flous. Le PiS polonais qui en fait partie avait cependant annoncé au dernier moment qu'il voterait en sa faveur. 

Le groupe d'extrême droite "Identité et Démocratie" (73 membres, dont ceux de la Ligue italienne, du Rassemblement national RN français et de l'AfD allemand) avait en revanche annoncé voter contre. Un choix dont la candidate s'était dit «quelque peu soulagée». 

Soulagement visible sur le visage de la nouvelle élue à la tête de la Commission européenne. Le suspense aura duré
Soulagement visible sur le visage de la nouvelle élue à la tête de la Commission européenne. Le suspense aura duré
Photo: dpa

Groupe le plus petit, l'extrême gauche (GUE/NGL, 41 élus) avait aussi annoncé qu'il s'opposerait à sa candidature.

Pendant quatre heures mardi matin, Ursula von der Leyen avait tenté un ultime effort pour convaincre les eurodéputés, en mettant notamment l'accent sur ses engagements en faveur du climat. Affichant sa «grande fierté» que ce soit «finalement une femme» qui soit candidate à la présidence de la Commission, cette médecin de formation de 60 ans, mère de sept enfants, avait promis en ouverture de son discours un «green deal» pour l'UE dès les 100 premiers jours de son mandat.


German former Defence Minister and newly-appointed EU commission Ursula von der Leyen delivers a speech during her statement for her candidacy for President of the Commission at the European Parliament on July 16, 2019 in Strasbourg, eastern France. (Photo by FREDERICK FLORIN / AFP)
Ursula von der Leyen verdit son discours
L'Allemande Ursula von der Leyen a promis aux eurodéputés, ce mardi 15 juillet, de faire du climat l'une des priorités de son mandat si elle est élue. Ce soir, les parlementaires auront à voter sur sa nomination à la tête de la Commission européenne.

S'exprimant avec aisance en français, allemand et anglais, Ursula von der Leyen avait aussi confirmé son soutien à la neutralité carbone en 2050. Cet objectif sera inscrit dans la «première loi européenne sur le climat» et soutenu un objectif plus ambitieux de réduction des émissions CO2 de 50% en 2030, voire de 55%. 

La nouvelle présidente de la Commission européenne a également promis un droit d'asile plus uniforme, la reconnaissance du droit d'initiative du Parlement pour des textes de loi - actuellement réservé à la seule Commission - , une convention pour l'avenir de l'Europe et un système de réassurance chômage européen pour aider les pays en crise.

La ministre allemande doit démissionner dès ce mercredi 17 juillet de son poste de ministre, même si elle ne prendra officiellement la tête de la Commission que le 1er novembre, au lendemain de la date actuellement fixée pour le Brexit. A ce sujet, l'élue s'est dite mardi «prête» à un nouveau report du divorce entre l'UE et le Royaume-Uni.



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