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Universités et écoles belges, bombes virales en puissance
International 3 min. 18.09.2020

Universités et écoles belges, bombes virales en puissance

Quel sera l'impact de la rentrée universitaire sur le virus en Belgique?

Universités et écoles belges, bombes virales en puissance

Quel sera l'impact de la rentrée universitaire sur le virus en Belgique?
Photo: Shutterstock
International 3 min. 18.09.2020

Universités et écoles belges, bombes virales en puissance

Max HELLEFF
Max HELLEFF
Tout un pays a les yeux rivés sur son enseignement. Jusqu'à quel point le coronavirus tirera-t-il parti de la rentrée? C’est la question…

De notre correspondant Max Helleff (Bruxelles)  -Le nombre d'étudiants chinois dans les universités belges est à la baisse. Ce n'est toutefois pas le climat international qui est à l'origine de ce ralentissement, mais le covid-19. Ici comme ailleurs, le coronavirus constitue un frein aux programmes d'échange interuniversitaire et occasionne des pertes financières.

Cette diminution n'est qu'un des aspects de la rentrée à haut risque qui vient de débuter. Les campus font l'objet de toutes les attentions: c'est de là, pense-t-on, que repartiront en masse les contaminations. Le retour des étudiants dans les auditoires est propice à la propagation du virus, le mode distanciel étant pour l'instant en veilleuse. Et si les cercles estudiantins sont fermés presque partout, la guindaille s'est souvent déplacée dans les kots. L'alcool aidant, les normes de distanciation sociale sont vite oubliées.


Lokales, Schoulrentrée Ribeschpont Besuch Claude Meisch, Maske, Maskenpflicht, Schule, Covid-19, Corona, Grundschule, Fondamental, Foto: Lex Kleren/Luxemburger Wort
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A l'ULB cependant, les étudiants ont décidé de renoncer spontanément aux activités folkloriques. «Ça m'a impressionnée, je les ai trouvés très responsables de faire cette proposition-là», a expliqué au Soir la nouvelle rectrice Annemie Schaus, tout en se disant attentive au maintien de la convivialité sur les campus. Elle avertit toutefois: «Nous sommes prêts si on bascule en code orange à passer aux mesures nécessaires. On est en discussion constante avec les autorités régionales et communales. Mais pour l'instant, on va essayer d'éviter ça».

La rentrée académique participe du retour à la vie normale, un pari pris en dépit de la persistance du virus. Mais personne n'est dupe de la fragilité de la démarche. «Nous commençons l'année académique avec plus d'un millier d'infections par jour, contre moins d'une centaine il y a quelques mois. Évidemment, ce ne sont pas de bons chiffres pour commencer l'année universitaire», s'inquiète le virologue Marc Van Ranst.


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«Continuez à vous laver les mains, gardez vos distances et portez votre masque buccal autant que possible. Les cantus classiques, les baptêmes et les fêtes ne sont évidemment pas une bonne idée pour le moment.» Le scientifique demande également aux étudiants de ne plus rentrer chez eux le week-end afin de ne pas infecter leur famille, et plus particulièrement les aînés.

Toutefois, c'est surtout l’enseignement primaire et secondaire qui donne aujourd'hui des angoisses aux responsables d'école et plus encore aux parents. En moyenne, entre le 1er et le 13 septembre, le nombre de cas de coronavirus dans la tranche d'âge visée par l’obligation scolaire (6-18 ans) était de 152 par jour. Ces chiffres sous-estimeraient la réalité, l'Office national de l’enfance (ONE) n'alimentant les statistiques qu’une fois par semaine, au grand dam des responsables politiques.

La rentrée scolaire s'accompagne d'un contexte émotionnel particulièrement tendu. Harald Mollers, le ministre germanophone de l'Enseignement, vient ainsi d'annoncer sa démission prochaine. «La pression était devenue insupportable», a-t-il expliqué, tout en faisant part de menaces physiques sur les réseaux sociaux. Il dit vouloir ainsi protéger sa famille.

Quant à sa consœur francophone, la socialiste Caroline Désir, elle serait également la cible de propos haineux sur les réseaux sociaux où vont bon train les fake news en tout genre. Elle y passe pour responsable de la situation sanitaire des écoles et du risque qu'y encouraient les enfants.

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