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Une troisième dose envisagée pour les Belges
International 3 min. 19.05.2021

Une troisième dose envisagée pour les Belges

Quelque 3,9 millions de Belges ont reçu au moins une dose de vaccin.

Une troisième dose envisagée pour les Belges

Quelque 3,9 millions de Belges ont reçu au moins une dose de vaccin.
Photo: AFP
International 3 min. 19.05.2021

Une troisième dose envisagée pour les Belges

Elle pourrait être administrée dès la fin de l’année aux plus fragiles, et par la suite à toute la population.

De notre correspondant Max Helleff (Bruxelles) - Pas un jour qui ne passe sans que la vaccination ne fasse les gros titres. Hier, des fraudes constatées à Bruxelles et en Flandre, dont un passe-droit qui a valu à une bourgmestre de perdre son mandat. Aujourd’hui, le projet de vacciner les moins de 18 ans au motif qu’ils contribueront à atteindre l’immunité collective tant recherchée. Et surtout, demain, la perspective de donner aux Belges la possibilité d’être vaccinés une troisième fois.


Trois doses seraient nécessaires pour le vaccin Pfizer
Le laboratoire américain a indiqué la semaine dernière que les personnes ayant été vaccinées avec son sérum devraient «probablement» faire des rappels d'ici six mois à un an. En cause, les variants.

« Une hypothèse vraisemblable est qu'une troisième dose sera probablement nécessaire, entre six mois et douze mois, et à partir de là, il y aura une vaccination à nouveau chaque année, mais tout cela doit être confirmé », avait indiqué à la mi-avril Albert Bourla, le PDG de Pfizer.

Sortie tendancieuse, avaient estimé plusieurs scientifiques belges, le patron de l’entreprise Pfizer ayant tout intérêt à vendre toujours plus de doses de son vaccin contre le coronavirus. L’idée a pourtant fait son bonhomme de chemin. Dirk Ramaekers, le président de la Task Force Vaccination, estime désormais « qu'on doit débuter cette troisième dose d'ici la fin de cette année. Et certainement en 2022, nous offrirons une troisième dose à tout le monde. » Elle constituera « un rappel », poursuit-il en précisant que «  des études sont toujours en cours à ce sujet ».

Une défiance persistante face au vaccin

En Belgique où la vaccination n’est pas obligatoire, l’immunité collective que les spécialistes placent entre 70% et 80% de vaccinés parmi la population reste un défi de santé publique. Une partie des Belges adultes refusent toujours de se faire vacciner, particulièrement à Bruxelles où les autorités peinent à convaincre. A ce constat s’ajoutent les limites du vaccin lui-même : il n’est en effet efficace que pour une durée de six à douze mois. 

Il faudra attendre le prochain hiver pour y voir plus clair. Mais pour les scientifiques, il semble de plus en plus certain qu’il faudra compter avec la saisonnalité du virus et l’arrivée régulière de nouveaux variants. Le vaccin contre le covid pourrait ainsi figurer dans la pharmacie à côté de celui de la grippe.


Belgian Prime Minister Alexander De Croo gets his temperature checked during a visit to the vaccination village setup in the Heysel site of the Brussels Expo exhibition halls in Brussels on April 15, 2021. (Photo by OLIVIER HOSLET / BELGA / AFP) / Belgium OUT
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A priori, l’injection de la troisième dose serait confiée aux médecins généralistes, aux infirmières à domicile ou encore – si l’urgence l’exige - aux pharmaciens. La lourde logistique qui comprend actuellement 150 centres de vaccination implantés sur le territoire national pourrait ainsi disparaître presque complètement. 

Les nouvelles normes de conservation Pfizer devraient permettre d’alléger ce dispositif, puisque le vaccin pourra être maintenu dans un frigo normal chez le généraliste durant un mois - et non plus seulement 5 jours maximum à très basse température. La prolongation de cette période de conservation doit encore être approuvée par l'Agence européenne des médicaments. 

L’objectif: offrir une troisième dose «à tout le monde», explique dans Le Soir  Jean-Michel Dogné. L'expert en sécurité vaccinale ajoute que suivant l'approvisionnement «elle sera injectée en priorité aux personnes à risque», à savoir «les plus de 65 ans, les patients immunodéprimés ou avec un facteur de risque». «La vraie question, c’est celle-là : est-ce qu’on vaccinera chaque année tout le monde ou seulement les plus à risque en priorité?»

Cette question est aussi celle de l’ampleur des moyens déployés, du coût de la lutte contre la pandémie, mais aussi de la possibilité de laisser une part d’immunité naturelle s’installer à terme dans la population belge.

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