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«Une suédoise bis» pour la Flandre
International 3 min. 30.09.2019 Cet article est archivé

«Une suédoise bis» pour la Flandre

L'ancien ministre de l'Intérieur, Jan Jambon, est en mesure de former une coalition.

«Une suédoise bis» pour la Flandre

L'ancien ministre de l'Intérieur, Jan Jambon, est en mesure de former une coalition.
Photo: AFP
International 3 min. 30.09.2019 Cet article est archivé

«Une suédoise bis» pour la Flandre

Nationalistes, chrétiens-démocrates et libéraux scellent un nouvel accord pour cinq ans ce lundi. Une coalition entre partis traditionnels s’est à nouveau imposée, face à la montée de l'extrême droite.

Max HELLEFF (Bruxelles) - La Flandre a reconduit ce lundi matin la coalition qui l’a gouvernée au cours des cinq dernières années. Les nationalistes flamands de la N-VA ont à nouveau fait alliance avec les chrétiens-démocrates du CD&V et les libéraux de l’Open VLD. Le cap reste donc fixé à droite pour cette région qui compte parmi les plus densément peuplées et parmi les plus riches d’Europe.

Lundi matin, Jan Jambon a indiqué sur Twitter avoir atteint «un ensemble solide de mesures pour une Flandre forte». L’ex-ministre fédéral de l’Intérieur sera le prochain ministre-président flamand.

Entre des accords à trouver

Avec lui, la N-VA conserve les rênes de la région. Issu du secteur privé, cet homme originaire de Brasschaat (nord-est d’Anvers) s’est taillé une réputation de cogneur en s’engageant à 100% dans la lutte contre le terrorisme. Du reste, les autres portefeuilles doivent encore faire l’objet d’un accord entre les trois partis gouvernementaux.

Au programme du nouveau gouvernement, on trouve la suppression de l’obligation de vote aux élections communales et provinciales et la volonté de mettre 120.000 personnes supplémentaires  au travail. Le parcours d’intégration obligatoire devient payant pour les personnes issues de la migration.

L'extrême droite dans l'opposition

«Le ticket d’entrée sera plus cher mais quand on l’aura, on bénéficiera de toute les chances pour faire partie de la société», a souligné Jan Jambon. Enfin, le gouvernement flamand arrête sa collaboration avec le service public Unia et créera son propre centre pour l’égalité des chances. C’est une énième rupture du lien national subsistant entre Flamands et francophones.  

127 jours ont été nécessaires pour former la nouvelle majorité. Un record pour la Flandre où les négociations précédentes avaient atteint un maximum de 48 jours. Chose notable: le Vlaams Belang (extrême droite), qui a gagné les élections du 26 mai dernier et est aujourd’hui le second parti flamand, reste cantonné dans l’opposition.

La Flandre rivée à la droite

La N-VA de Bart De Wever n’a en effet pas rompu le cordon sanitaire isolant l’extrême droite du pouvoir. Cela en dépit des efforts de sa frange la plus droitière pour y parvenir.

Les 800.000 électeurs du Vlaams Belang risquent de se sentir floués. Mais pour l’heure, l’histoire retiendra que la «coalition des perdants» s’est imposée après que ceux-ci ont aplani ses différends sur plusieurs dossiers difficiles (santé, enseignement, intégration, budget)

L’accord qui est intervenu ce lundi aura un impact inévitable sur le déroulement des négociations qui doivent aboutir – un jour – à la formation d’un gouvernement fédéral. Il envoie à la Belgique francophone un message clair: la Flandre reste rivée à la droite libérale et conservatrice.

Un possible retour aux urnes

Mais, demain, si les aspirations confédéralistes de la N-VA ne sont pas rencontrées, la région pourrait versée davantage dans le camp de l’extrême droite, engendrant une crise de la démocratie. C’est avec cette réalité que devront composer les partis du sud du pays.  Là, à Bruxelles comme en Wallonie, la gauche a les cartes en main.

Marier l’eau et le feu sera donc extrêmement malaisé. Aucun trait d’union ne semble pouvoir être tiré entre les nationalistes flamands et les socialistes francophones. Face au blocage, la possibilité d’un retour aux urnes reste envisagée. Mais tous les partis traditionnels le savent : de nouvelles élections seraient favorables aux extrêmes. Les ultranationalistes du Vlaams Belang au nord et les communistes du PTB au sud ont tout à gagner dans un tel échec.

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