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Une nouvelle vague en forme de test pour la vaccination
International 4 min. 26.11.2021
Pandémie de covid-19

Une nouvelle vague en forme de test pour la vaccination

Alors que l'Europe se retrouve être à nouveau le centre mondial de la pandémie, les gouvernements européens se doivent encore de convaincre leur population du bénéfice du vaccin face au covid-19.
Pandémie de covid-19

Une nouvelle vague en forme de test pour la vaccination

Alors que l'Europe se retrouve être à nouveau le centre mondial de la pandémie, les gouvernements européens se doivent encore de convaincre leur population du bénéfice du vaccin face au covid-19.
Photo: dpa
International 4 min. 26.11.2021
Pandémie de covid-19

Une nouvelle vague en forme de test pour la vaccination

Jean-Michel HENNEBERT
Jean-Michel HENNEBERT
Comme nombre de pays de l'UE, le Luxembourg peine toujours à atteindre le seuil de 85% de personnes vaccinées voué à contenir la propagation du covid-19. Un phénomène qui encourage les opposants à la vaccination, au moment où le pays connaît une nouvelle vague d'infections.

Avec 77% de personnes dotées d'un schéma vaccinal complet parmi les résidents de plus de 18 ans, le Luxembourg se trouve encore loin du seuil d'immunité collective recherché. Si le gouvernement se refuse toujours à opter pour la vaccination obligatoire, il entend bien continuer d'accentuer la pression autour du quart de la population toujours réfractaire. A la fois par des mesures plus contraignantes mais aussi par «une parole de persévérance», selon les mots de Paulette Lenert (LSAP).


Derrière les murs de l'hôpital
La hausse du nombre de patients soignés dans les services de réanimation du CHEM ne laisse pas indifférents les personnels. Des soignants qui se retrouvent le plus souvent au chevet de personnes non vaccinées.

Autrement dit, par la volonté de continuer à convaincre du bienfait des injections sur la santé publique, tout en prenant en compte les inquiétudes de la population. Et donc de faire accepter que la vaccination constitue le moyen le plus efficace pour réduire l'impact du virus sur la société. Notamment des effets directs sur la mortalité des plus de 65 ans, mais aussi sur les personnes présentant des risques de comorbidité, comme celles étant en surpoids ou atteintes du diabète.

Un discours tenu également ailleurs en Europe mais qui peine à convaincre une majorité suffisante de citoyens de l'UE. Au sein des 27, pour l'heure, seul le Portugal possède un taux de vaccination supérieur à 80% dans la population totale. Contre 75% en Belgique, 69,1% en France ou 67,5% en Allemagne, selon les chiffres compilés par le centre européen de prévention et de contrôle des maladies, agence officielle de l'UE. 

Un ratio de vaccination qui tombe à 24,4% en Bulgarie, pays où le nombre de morts en lien avec le covid par million d'habitants bat tous les records sur le Vieux continent.

Redevenue épicentre mondial de la pandémie, l'Europe mise désormais sur la mise en place d'une «dose booster» pour tenter de contenir les effets de la nouvelle vague. Une injection supplémentaire à laquelle se sont soumis à ce jour quelque sept millions de citoyens de l'UE, mais qui alimente en partie le discours des opposants à la vaccination, ces derniers jugeant notamment que cette nouvelle dose illustrerait l'inefficacité des deux doses précédentes. Ce que contestent fermement les virologues.

Mais si les experts estiment que le nombre d'opposants fermes au vaccin «représente un petit pourcentage», reste que ces derniers donnent de plus en plus de la voix. Que ce soit sur les réseaux sociaux ou dans la rue. Preuve en est la présence de plusieurs milliers de personnes au cours des cinq éditions de la «marche blanche» organisée dans les rues de la capitale. Des participants qui arborent des profils sociologiques et des motivations parfois très différents, mais qui ont tous pour point commun une inquiétude face à ces vaccins anti-covid.


La minute de silence des blouses blanches - Hôpital Kirchberg
photo: Steve Eastwood
Les soignants n'ont plus les mots
Face au déni de certains sur la dangerosité du virus, face aux reproches des autres sur la vaccination, face à tous les "anti-" mais aussi face à leur fatigue après quatre vagues d'infections, les personnels de santé du pays ont marqué, ce jeudi, une minute de silence.

Selon un rapport de l'Institute of Global Health Innovation de l'Imperial College de Londres publié en juillet dernier, les principaux obstacles tiennent dans les inquiétudes des patients quant aux effets secondaires et la crainte que les vaccins n'aient pas été suffisamment testés. Un phénomène visible non seulement au sein de l'UE, mais sur l'ensemble de la planète avec des taux de réticence au vaccin qui atteignent 25% aux Etats-Unis, 22% en Allemagne ou 12% au Japon.

Un phénomène sur lequel se sont penchés les scientifiques bien avant le déclenchement de cette pandémie et contre lequel différents modèles explicatifs ont été élaborés. Parmi eux, celui des «5C» semble faire l'unanimité puisque regroupant différents facteurs psychologiques observés. A savoir:

  • la confiance de la personne dans l'efficacité et la sécurité des vaccins, dans les services de santé qui les proposent et dans les décideurs politiques qui décident de leur déploiement
  • le fait que l'individu considère ou non la maladie comme un risque sérieux pour sa santé 
  • son engagement dans une recherche d'informations approfondie pour peser les coûts et les avantages
  • la facilité d'accès au vaccin 
  • la volonté de protéger les autres de l'infection par sa propre vaccination

Ce à quoi viennent également s'ajouter d'autres critères, qu'ils soient culturels ou économiques. Les pays germanophones semblent ainsi être moins enclins à adopter une vaccination de masse en raison notamment de l'importance du choix laissé à l'individu. Ce qui expliquerait la relative faible évolution du taux d'opposants en Allemagne depuis le début de l'année, comparé à la France.

Face à ce constat, les auteurs du rapport de l'Institute of Global Health Innovation suggèrent la mise en place d'une approche plus ciblée. «J'invite les gouvernements à cesser de penser qu'ils peuvent atteindre les différentes niches avec un seul message de masse sur les vaccins», estime Sarah Jones, citée par la BBC. Et cette dernière de plaider pour «une communication plus créative avec de nombreux partenaires» afin de fournir des «informations cohérentes et précises» sur les risques et les avantages des vaccins.

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