Changer d'édition

Un weekend de meetings à 56 jours du premier tour
International 4 min. 13.02.2022 Cet article est archivé
Election présidentielle en France

Un weekend de meetings à 56 jours du premier tour

Le candidat insoumis Jean-Luc Mélenchon a dénoncé devant quelque 8.000 sympathisants, dans un meeting à Montpellier, les «inégalités» sociales et les «profiteurs de crise».
Election présidentielle en France

Un weekend de meetings à 56 jours du premier tour

Le candidat insoumis Jean-Luc Mélenchon a dénoncé devant quelque 8.000 sympathisants, dans un meeting à Montpellier, les «inégalités» sociales et les «profiteurs de crise».
Photo: AFP
International 4 min. 13.02.2022 Cet article est archivé
Election présidentielle en France

Un weekend de meetings à 56 jours du premier tour

Valérie Pécresse a tenu son premier grand meeting à Paris ; le candidat de la France insoumise Jean-Luc Mélenchon était, lui, à Montpellier.

(AFP) - Valérie Pécresse a voulu galvaniser les quelque 7.500 personnes venues pour son premier grand meeting à Paris, en vantant sa «nouvelle France», désireuse de se relancer sa campagne en faux plat ; Jean-Luc Mélenchon s'attaquant lui à Montpellier aux «inégalités» qui «caricaturent» le pays.


French conservative party Les Republicains (LR) presidential candidate Valerie Pecresse greets the audience during her meeting at the Zenith de Paris, in Paris, on February 13, 2022, ahead of the April 2022 French presidential election. (Photo by Alain JOCARD / AFP)
Valérie Pécresse à l'épreuve du grand meeting
Après une semaine marquée par des défections dans son camp, la candidate LR Valérie Pécresse a tenu son premier grand meeting à Paris.

«Je veux porter un nouvel espoir, celui d'une nouvelle France que nous devons reconstruire ensemble», a lancé la candidate bien décidée à se poser en alternative au quasi-candidat Emmanuel Macron, plaidant pour une France «réconciliée» et qui «réinvente son rapport au travail».

Cherchant parfois le bon ton dans un discours d'1h20, elle a estimé que «nous sommes à la croisée des chemins». Mais, a-t-elle assuré, il n'y a «pas de fatalité. Ni au grand remplacement, ni au grand déclassement», visant sans le nommer des termes chers au candidat d'extrême droite Eric Zemmour.

 «Un pacte de réconciliation nationale»  

Très ferme sur le régalien, celle qu'Eric Zemmour a jugée «pas de droite» samedi a promis de reprendre «le contrôle de cette immigration débordante qui débouche sur la création de zones de non-France» et revendiqué «de vouloir l'assimilation».

Défendant «un pacte de réconciliation nationale», elle a plaidé pour la construction d'une «nation éducative», la défense du nucléaire, ou encore une hausse de 10% des salaires sur le quinquennat...

«Dès cet été, chaque salarié gagnant 1.400 euros nets gagnera 500 euros de salaire de plus par an», a-t-elle promis, en citant le «travailler plus pour gagner plus» de Nicolas Sarkozy. «Moi j'ajoute liberté» sur le temps de travail ou le rachat des RTT.


La démocratie fatiguée
Le regard hebdomadaire de notre chroniqueur Gaston Garré sur l' élection présidentielle en France.

Elle a tenu à saluer l'«audace», la «force» et la «vision» de l'ancien président, après l'avoir rencontré et alors que jeudi Le Figaro se faisait l'écho de propos sévères prêtés en privé à Nicolas Sarkozy qui aurait dit qu'elle était «inexistante» dans une campagne sans «dynamique».

Un discours ferme qui se voulait également à destination des électeurs de droite tentés par Eric Zemmour, qui en a fait sa cible favorite samedi dans le Morvan, sans même citer une fois le nom de la candidate RN Marine Le Pen. Le «centre droit» de Valérie Pécresse, a-t-il martelé, «ne vaudra pas mieux que le centre gauche d'Emmanuel Macron».

«A plat» 

L'extrême droite a d'ailleurs raillé un discours ou «tout tombe à plat», selon le porte-parole de Marine Le Pen, Sébastien Chenu. «Naufrage en direct», a twitté Samuel Laffont, chargé du numérique chez Eric Zemmour.

Le ministre délégué aux Transports Jean-Baptiste Djebbari ne s'est pas privé d'ironiser, sur Cnews, sur une «belle» scénographie mais avec une «actrice qui ne semblait pas dans un de ses très grands jours» avec un «long» discours qui «sonnait assez faux».


French far-right Rassemblement National (RN) party presidential candidate Marine Le Pen reacts after her speech during a campaign rally in Reims, eastern France, on February 5, 2022. - French voters go to the polls in April 2022 for a presidential election. (Photo by STEPHANE DE SAKUTIN / AFP)
Marine Le Pen veut en découdre pour la troisième fois
Elle a une rude concurrence à l'extrême droite. Mais pour son premier meeting, Marine Le Pen s'en est surtout pris à Emmanuel Macron.

Marine Le Pen a elle subi un coup dur dimanche avec le ralliement à Eric Zemmour d'une figure du RN, le sénateur Stéphane Ravier, qui a critiqué son «manque de combativité». «Elle n'a plus la niaque, elle n'a plus envie. Elle est en permanence en train de composer, de reculer avant d'être élue», a regretté le sénateur.

Le président par intérim du RN Jordan Bardella a minimisé ce nouveau départ, après celui de trois eurodéputés et plusieurs conseillers régionaux, estimant que la ligne «peut-être plus brutale» du camp Zemmour ne permettait «pas de gagner une présidentielle», sur RTL.

Jean-Luc Mélenchon en meeting à Montpellier

A l'autre bout de la France et de l'échiquier politique, le candidat insoumis Jean-Luc Mélenchon a dénoncé devant quelque 8.000 sympathisants, dans un meeting à Montpellier, les «inégalités» sociales et les «profiteurs de crise». «Les milliardaires français sont au nombre de 109, et ne pensez pas que ça va augmenter au point qu'il y en ait 68 millions!»

«On me dit caricatural, oui, parce que la situation est caricaturale», a-t-il lancé.

Il a égrené d'autres chiffres, suscitant des exclamations courroucées du public: «Les milliardaires français ont gagné en 19 mois 236 milliards d'euros, c'est-à-dire 12 milliards par mois, 414 millions par jour, 17 millions par heure, 287.000 euros par minute, 4.790 par seconde».

Une allocation jeunes étudiants de 1.065 euros

En face, il a cité les paies parmi les moins élevées des «aide à domicile/aide-ménagère en moyenne 680 euros par mois, agent d'entretien 766 euros par mois, caissier 859 euros par mois...».

Il a présenté ses solutions, notamment la création d'un million d'emplois publics, la taxation à 100% de la partie d'un héritage dépassant 12 millions d'euros, une allocation jeunes étudiants de 1.065 euros ou encore l'investissement de 200 milliards d'euros dans la «bifurcation écologique».

Sa concurrente à gauche Anne Hidalgo, toujours aux prises avec des sondages calamiteux, poursuit un déplacement aux Antilles. Après un meeting à Basse-Terre (Guadeloupe) samedi, la candidate PS doit visiter en Martinique une baie touchée par les sargasses.


Sur le même sujet

Election présidentielle française
La campagne officielle pour le premier tour de l'élection présidentielle française se termine ce vendredi. Voici un résumé de cette campagne particulière où les Français semblent avoir «la tête ailleurs».
French President and liberal party La Republique en Marche (LREM) candidate for re-election Emmanuel Macron (L) meets people at an open market in Neuilly-sur-Seine, near Paris, on April 8, 2022, on his way out of an interview at French private radio station RTL, two days before the first round of the French presidential election. (Photo by Ludovic MARIN / AFP)
Jean-Luc Mélenchon qui cultive son espoir du second tour, Eric Zemmour se disant «seul candidat de droite», Yannick Jadot qui s'offre un Zenith: les principaux candidats à la présidentielle ont entamé la dernière ligne droite de la campagne ce dimanche.
French far-right Reconquete! party President and presidential candidate Eric Zemmour (C) stands with supporters and allies on stage at the end of a campaign rally on the Trocadero square in Paris on March 27, 2022. - French voters head to the polls in April 2022 for a presidential election. (Photo by BERTRAND GUAY / AFP)