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Un «vrai» Noël pour les universités belges francophones
International 3 min. 28.09.2022
Education

Un «vrai» Noël pour les universités belges francophones

L'enseignement supérieur belge est volontiers dénoncé comme une machine à frustrations, tant il privilégie la compétition au détriment du développement personnel.
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Un «vrai» Noël pour les universités belges francophones

L'enseignement supérieur belge est volontiers dénoncé comme une machine à frustrations, tant il privilégie la compétition au détriment du développement personnel.
Photo: Shutterstock
International 3 min. 28.09.2022
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Un «vrai» Noël pour les universités belges francophones

Max HELLEFF
Max HELLEFF
En préparation, le futur calendrier de l'enseignement supérieur a l'objectif d'avancer la rentrée académique tout en supprimant le blocus de Noël.

De notre correspondant Max HELLEFF (Bruxelles) - Noël ne sera bientôt plus synonyme de blocus pour les étudiants de l'enseignement supérieur belge francophone. C'est l'une des conséquences de la future réforme du calendrier académique.


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Aujourd'hui, la plupart des universités et des hautes écoles organisent des sessions d'examens en janvier, ce qui oblige les étudiants à «bûcher» leurs matières durant les congés de Noël. Cette session s'étale sur plusieurs semaines. Terminée, elle ne laisse que quelques jours à consacrer au repos.

Ce rythme n'a plus la cote. Le recteur de l'UCLouvain Vincent Blondel explique qu'«entre le blocus de Noël et la seconde session de l'été, certains étudiants n'ont plus de moment de calme. Il y a une volonté de créer des années plus douces, qui relèveraient moins des à-coups liés à la succession de cours, de blocus et d'examens. C'est typiquement ce qui se passe dans les pays anglo-saxons.»

Une rentrée fin août

Ce message rejoint un constat déjà ancien. L'enseignement supérieur tel qu'il est pratiqué en Belgique est volontiers dénoncé comme une machine à frustrations, tant il privilégie la compétition au détriment du développement personnel. L'important taux d'échec en bac est perçu comme une ineptie économique et financière au regard du coût d'une année d'université, mais aussi comme un dommage fait à l'humain.

Dans un avenir qui reste à préciser, les congés de Noël ne déboucheront probablement plus sur une période d'examens.


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La révision du calendrier de l'enseignement supérieur aura d'autres implications. Ainsi, la rentrée n'aura-t-elle plus lieu à la mi-septembre, mais à la fin août. Avec, pour conséquence probable que la seconde session sera avancée, donc plus proche de la session de juin.  

Au total, le nombre de congés ne variera toutefois pas. Il en va de même pour la durée des cours donnés durant une année académique.

À la Chambre, la ministre de l'Enseignement supérieur Valérie Glatigny a émis le vœu que la réforme aboutisse à une amélioration des apprentissages pour les étudiants, apporte un bol d'oxygène entre les moments d'études, et qu'elle laisse le temps au repos et à l'évaluation.

L’impact sur les autres secteurs de ces possibles changements est également au cœur de nos préoccupations.

Valérie Glatigny, ministre de l'Enseignement supérieur

La réforme s'inscrit dans le sillage du nouveau calendrier en application dans l'enseignement fondamental. Les élèves belges francophones du primaire et du secondaire sont en effet rentrés pour la première fois cette année plus tôt, soit à la fin du mois d'août. Mais les prochaines vacances de Noël, de Carnaval et de Pâques vont en revanche passer d'une à deux semaines.


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Reste à voir comment ces changements seront ressentis dans la société. Raccourcir ou allonger les congés a des conséquences évidentes sur la famille, l'entreprise, etc. «L’impact sur les autres secteurs de ces possibles changements est également au cœur de nos préoccupations», précise la ministre Glatigny.  Par ailleurs, ajoute-t-elle, il y a aussi «la volonté d'avoir de véritables moments où les établissements sont fermés, durant l'été, pour permettre à certains de faire de la recherche ou de participer à des summer schools».

Ces propositions doivent encore être validées par les représentants de l'enseignement supérieur, avant de faire l'objet de débats au gouvernement et au parlement de la Fédération Wallonie-Bruxelles, l'institution qui pilote l'enseignement francophone belge. Les nouvelles dispositions pourraient être en application dès la rentrée 2023, quoique la ministre se montre prudente en rappelant qu'il a fallu 30 ans pour modifier le calendrier scolaire.  Le conditionnel reste donc de mise. 

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