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Un vent de discorde entre la Belgique et la France
International 3 min. 28.01.2021 Cet article est archivé

Un vent de discorde entre la Belgique et la France

Le projet d'un parc éolien de 73 km2 est évoqué depuis 2016.

Un vent de discorde entre la Belgique et la France

Le projet d'un parc éolien de 73 km2 est évoqué depuis 2016.
Photo: LW / archives
International 3 min. 28.01.2021 Cet article est archivé

Un vent de discorde entre la Belgique et la France

L’implantation d’un parc éolien au large de Dunkerque menace de boucher l’horizon de certaines stations balnéaires belges.

De notre correspondant, Max Helleff (Bruxelles) - On l’appelle le syndrome Nimby pour «not in my backyard». Il vaut pour la bulle à verre dans laquelle chacun entend jeter ses vidanges tant qu’on ne l’a pas sous sa fenêtre, mais aussi pour les éoliennes qui brassent poétiquement le vent tant qu’elles ne vous bouchent pas l’horizon.


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Or c’est bien ce qui passe aujourd’hui entre la Belgique et la France. La première reproche à la seconde de vouloir implanter à un jet de pierre de sa frontière maritime sud quelque 46 éoliennes d’une taille impressionnante puisqu’elles atteindront 260 à 300 mètres de haut. Si elles seront dressées face à Dunkerque et tout de même à 11,5 kilomètres du littoral, leur élévation les imposera à la vue des Belges de La Panne, Coxyde et Nieuport.

L’objectif de ce parc éolien est d’aider la France à remplir ses engagements européens en matière d’énergie renouvelable. Il s’étalera sur une superficie de 73 km2 et fera partie d’un chapelet d'implantations qui s’égrènera jusqu'à la Bretagne. Le projet est évoqué depuis 2016. Mais le public belge vient seulement d’apprendre que son paysage allait singulièrement changer à l’horizon 2026, lorsque le parc entrera en activité.

Etudier la possibilité

Les nuisances supposées sont multiples. La faune et les fonds marins pourraient souffrir. Les environnementalistes sont aux aguets. Navires, bateaux de plaisance et avions devront revoir leur route pour éviter les éoliennes géantes.

Les autorités des cités balnéaires belges concernées plaident en faveur d’un recul des implantations. Pour  Bram Degrieck, le bourgmestre de La Panne, «on sait qu'il y a d'autres endroits plus lointains où il est possible de mettre un parc éolien. Les Belges le feront, à une trentaine de kilomètres. Il faut au moins étudier la possibilité d'un parc franco-belge». Des représentants du ministre de la mer du Nord, le libéral flamand Vincent Van Quickenborne, multiplient les discussions avec les autorités françaises. Le ministre lui-même a traité du dossier avec l’ambassadeur de France. L’affaire est montée jusqu’au Premier ministre Alexander De Croo qui en a glissé un mot en décembre au président Macron.

Selon RTL-TVI, «la Belgique espère avoir une ouverture française pour des discussions. En effet, pour préserver son trafic maritime et son espace aérien, les Belges sont prêts à mobiliser des moyens juridiques. Une bataille diplomatique en vue !» Pour ‘La Libre Belgique’, ce n’est pas l’éolien qui est en cause. Une solution est possible si ce parc est construit plus au large, sur un site alternatif. «La Belgique serait alors prête à coopérer avec la France pour le développer. Traduction : ce n’est pas le parc éolien au large de Dunkerque qui incommode son plus proche voisin, mais son emplacement.», assure le quotidien bruxellois.


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Cette affaire interpelle fatalement dans la mesure où elle oppose deux Etats membres quant aux moyens utilisés pour répondre aux objectifs européens en matière d’énergies renouvelables. Mais elle n’est pas unique à la côte belge : il fut jusqu’il y a peu question de créer une île artificielle au large de Knokke-Heist pour protéger le littoral des tempêtes. Mais, en 2018, l’ex-secrétaire d'Etat fédéral à la mer du Nord Philippe De Backer a mis le holà, en indiquant que les conditions du plan d'aménagement des espaces marins n’étaient pas suffisamment remplies à son goût.

A proximité de là, la très sélecte station balnéaire de Knokke-le-Zoute peut souffler. A moins évidemment qu’un vent contraire ne vienne changer les plans de la politique du plat pays.

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