Changer d'édition

Un vent de détente souffle sur la Belgique
International 3 min. 21.05.2020

Un vent de détente souffle sur la Belgique

La visite des parcs animaliers belges a, de nouveau, été autorisée après deux longs mois de confinement.

Un vent de détente souffle sur la Belgique

La visite des parcs animaliers belges a, de nouveau, été autorisée après deux longs mois de confinement.
Photo : AFP
International 3 min. 21.05.2020

Un vent de détente souffle sur la Belgique

Max HELLEFF
Max HELLEFF
Si les frontières restent fermées, les signaux favorables aux voyageurs se multiplient. L’accès aux résidences secondaires est à nouveau autorisé.

De notre correspondant Max HELLEFF (Bruxelles) - Au niveau européen, c’est la cacophonie. L’Italie va rouvrir ses frontières au tourisme. La Grèce la suivra à la mi-juin. La France espère bien recevoir ses hôtes étrangers cet été. Plus radicale, l’Espagne a décidé de prolonger les mesures d’alerte au moins jusqu’au 6 juin… Et la Belgique ? Officiellement rien n’a changé. Le site de son ambassade à Luxembourg rappelle que «dans le cadre de la crise liée au coronavirus, le gouvernement belge a décidé d’interdire tous les voyages non essentiels vers l’étranger, jusqu’au 7 juin compris.»

Un régime particulier reste même d’application pour les travailleurs frontaliers se rendant au Grand-Duché. Dans l’autre sens, et sauf exception dûment justifiée, le franchissement reste interdit. La police belge a tenu à rappeler la règle des déplacements «non essentiels» à la veille du week-end de l’Ascension, menaçant de verbaliser tout contrevenant qu’il soit belge ou étranger.

Il y a toutefois de la détente dans l’air. Au niveau diplomatique, les représentants belges, français, néerlandais, allemands et luxembourgeois, s’étaient vus le week-end dernier pour discuter de la levée progressive des restrictions qui entravent leurs frontières communes. Mercredi, ce sont dix pays (dont Belgique, France et Luxembourg) qui se sont entendus pour une «approche par étapes progressives coordonnées et convenues entre les États membres de l’UE et de (l’espace) Schengen» en vue d'aboutir à une normalisation progressive des voyages transfrontaliers et à la réouverture des postes frontaliers.

Le chef de la diplomatie belge, le libéral francophone Philippe Goffin, répète à l'envi qu’une levée des restrictions aux frontières dépend de la similitude des approches entre la Belgique et ses voisins face à la maladie et à la maîtrise de contamination.

Bonne nouvelle : les chiffres montrent que les phases successives de déconfinement n’ont pas relancé la pandémie en Belgique. Il reste aux autorités belges à convaincre leurs partenaires que c’est la méthode statistique employée qui explique un nombre aussi élevé de décès attribués au coronavirus sur le territoire national – plus de 9.100 morts. Il est assez facile d’expliquer que ce décompte est trop large dans la mesure où il inclut les morts en maison de repos sans qu’il ne soit vérifié s’ils ont été atteints ou non par le Covid-19. Il est évidemment moins simple au plan politique de reconnaître que, s’il a fallu recourir à un tel biais, c’est bien parce que la Belgique était mal préparée pour résister à l’épidémie.

Les résidences secondaires accessibles

Concrètement, ce début de week-end de l’Ascension a envoyé une série de signaux positifs aux voyageurs et aux touristes. L’aéroport de Bruxelles-Charleroi a décidé de rouvrir ses portes dès le 15 juin. Ryanair, sa compagnie fétiche, enregistre des réservations pour cet été – même si, officiellement, rien ne garantit pour l’instant que les frontières seront levées.

Surtout, depuis mercredi, l’accès aux résidences secondaires est à nouveau autorisé. Sous la pression de centaines de propriétaires prêts à attaquer l’Etat en justice, puis des bourgmestres de la Côte et enfin du gouvernement flamand, le Conseil national de sécurité a fini par céder.  Précision  « Un ménage, peu importe sa taille, est autorisé à accueillir chez lui ou au sein de sa résidence secondaire jusqu’à quatre personnes. Ces quatre personnes sont toujours les mêmes. » 


Workers scale on one of the spheres of Brussels' Atomium during a site cleaning September 28, 2012. The 102-metre (335 feet) tall structure and its nine spheres symbolise a crystal molecule of metal with its atoms being magnified about 165 billion times. The cleaning of the Atomium, which was designed for the 1958 International Exhibition of Brussels and which received a multimillion-dollar facelift in 2006, will run for a full month. A team of five specialised workers take about three days to clean a ball, each of which has a surface area of 1000 square metres (10,764 square feet). REUTERS/Yves Herman (BELGIUM - Tags: SOCIETY)
L’Atomium perd la boule
L’un des monuments les plus célèbres de la capitale belge est menacé par le covid-19. Cette situation résume la crise du tourisme bruxellois.

Pour l’instant, la mesure ne concerne que les Belges. Mais on voit mal la Côte renoncer à accueillir les Luxembourgeois et les Allemands qui font vivre son tourisme tout l’été. Idem pour les Néerlandais en Ardenne.

La levée des restrictions pesant sur les résidences secondaires n’était pas attendue au moins avant la semaine prochaine, moment où un nouveau Conseil national de sécurité pourrait décider éventuellement d’autres phases de déconfinement. Il y a donc une accélération, motivée en bonne partie par la seule question qui préoccupe aujourd’hui les Belges : où vont-ils prendre leurs vacances ? Maintenir les frontières fermées ferait assurément figure de traumatisme national.

Suivez-nous sur Facebook, Twitter et abonnez-vous à notre newsletter de 17h.


Sur le même sujet

Beaucoup de masques, énormément de doutes
Qui se cache derrière Avrox, firme établie à Luxembourg et à qui l'Etat belge a passé commande pour 15 millions de masques? Le flou persiste et, chez nos voisins, le doute grandit de voir un jour la commande se concrétiser.
Christian worshippers attend a mass while wearing protective masks due to the COVID-19 pandemic at the Mart Shmoni church in Arbil, the capital of the autonomous Kurdish region of northern Iraq, on May 17, 2020. (Photo by SAFIN HAMED / AFP)
La Belgique accuse le Grand-Duché de «désinformation»
L'appel à la mobilisation de Carole Dieschbourg (Déi Gréng) mardi contre le projet de l'État belge d'enfouir des éléments radioactifs non loin de la frontière n'est pas passé inaperçu dans le royaume. Marie-Christine Marghem (MR), la ministre fédérale de l'Énergie est sortie de ses gonds.
10.11.2015 Luxembourg, intégtation des marchés gaziers, CREOS,  Marie Christine Marghem  photo Anouk Antony
Des déchets nucléaires aux portes du Luxembourg
La ministre de l'Environnement, Carole Dieschbourg, entend mobiliser la population pour s'opposer à un projet de l'Etat belge d'enfouir des éléments radioactifs non loin de la frontière. L'impact environnemental pourrait concerner l'approvisionnement en eau potable.
Boom des infections au Grand-Duché
Ce dimanche est marqué par une progression massive du nombre de cas positifs au virus. Xavier Bettel annonce un conseil de gouvernement extraordinaire pour ce dimanche après-midi.
SEATTLE, WASHINGTON - MARCH 13: A medical Laboratory scientist tests for coronavirus at the University of Washington Medicine virology lab on March 13, 2020 in Seattle, Washington. The lab is processing about 1,500 tests for COVID-19 daily and hopes to increase to 5000 in the following weeks.   John Moore/Getty Images/AFP
== FOR NEWSPAPERS, INTERNET, TELCOS & TELEVISION USE ONLY ==
Le Luxembourg attire les frontaliers français
Le nombre de résidents de la région Grand Est travaillant au Grand-Duché a doublé entre 1999 et 2015, selon une étude de l'Insee publiée mardi. Le pays devance de loin l'Allemagne, la Suisse et la Belgique.