Changer d'édition

Un tiers des patients covid souffre de troubles mentaux
International 2 min. 07.04.2021

Un tiers des patients covid souffre de troubles mentaux

Le risque de développer des troubles à long terme est accru chez les patients hospitalisés pour covid-19 sévère.

Un tiers des patients covid souffre de troubles mentaux

Le risque de développer des troubles à long terme est accru chez les patients hospitalisés pour covid-19 sévère.
Photo: AFP
International 2 min. 07.04.2021

Un tiers des patients covid souffre de troubles mentaux

Selon une étude d'ampleur publiée ce mercredi, le virus pourrait avoir de sérieux impacts sur la santé neurologique et psychiatrique de ses anciens malades, allant de l’anxiété sévère à la démence pour certains.

(AFP) - Pas si simple de se débarrasser du covid-19. Selon une étude, parue mercredi dans le journal spécialisé The Lancet Psychiatry, une personne sur trois a eu un diagnostic de troubles neurologiques ou psychiatriques dans les six mois suivant l'infection. Parmi les plus fréquents, l'anxiété (17%) et les troubles de l'humeur (14%). 


L'amertume d'une vie sans goût ni odeur
La perte d’odorat toucherait «entre 47 et 88%» des personnes atteintes du covid-19. Si elle n'est que passagère dans la grande majorité des cas, cette anosmie perdurerait en revanche plusieurs mois chez certains patients.

L'incidence des atteintes neurologiques telles que les hémorragies cérébrales (0,6%), les accidents vasculaires cérébraux (2,1%) et la démence (0,7%) était globalement plus faible, mais le risque était généralement plus élevé parmi les patients qui avaient été gravement malades.

Si le risque au niveau individuel de la plupart de ces troubles neurologiques et psychiatriques est faible, l'effet peut être «considérable» pour les systèmes de santé en raison de l'ampleur de la pandémie, relève le professeur Paul Harrison (Université d'Oxford, Royaume-Uni), auteur principal de l'étude. D'autant que beaucoup de ces troubles sont «chroniques», argue-t-il, plaidant pour doter les systèmes de santé de ressources «pour faire face aux besoins».

En analysant les dossiers de santé électroniques de 236.379 patients atteints du covid, les auteurs relèvent que 34% ont eu un diagnostic de maladie neurologique ou psychiatrique dans les six mois suivant l'infection. Pour 13% de ces personnes, il s'agissait de leur premier diagnostic neurologique ou psychiatrique.

Le risque de développer des troubles à long terme est accru chez les patients hospitalisés pour covid-19 sévère. Ainsi, 46% des patients admis en réanimation ont eu un diagnostic de troubles neurologiques ou psychiatriques six mois après l'infection. Près de 7% des patients qui avaient été en réanimation ont fait un AVC ultérieur, 2,7% une hémorragie cérébrale et près de 2% ont développé une démence, contre respectivement 1,3%, 0,3% et 0,4% de ceux non hospitalisés.

Un risque plus élevé avec le covid

Les chercheurs ont également examiné les données de plus de 100.000 patients ayant eu un diagnostic de grippe et celles de plus de 236.000 patients avec un diagnostic d'infections respiratoires.

Le risque de diagnostics neurologiques ou psychiatriques était dans l'ensemble de 44% plus élevé après le covid qu'après la grippe, et de 16% plus élevé qu'après une infection des voies respiratoires.

«Malheureusement, bon nombre des troubles identifiés dans cette étude ont tendance à être chroniques ou récurrents, nous pouvons donc anticiper que l'impact du covid-19 pourrait perdurer pendant de nombreuses années», écrit le Dr Jonathan Rogers de l'Université de Londres (UCL) dans un commentaire publié dans le journal.


Des symptômes durables pour 3/4 des patients covid
Selon une étude publiée samedi dans la revue médicale « The Lancet », 76% des anciens malades souffriraient encore d'un ou plusieurs maux, six mois après avoir contracté le virus.

Les personnes étudiées ont probablement été plus gravement touchées que dans la population générale, notent toutefois les auteurs en évoquant celles, nombreuses, qui ne vont pas consulter pour des symptômes légers ou inexistants.

Suivez-nous sur Facebook, Twitter et abonnez-vous à notre newsletter de 17h.


Sur le même sujet

L'amertume d'une vie sans goût ni odeur
La perte d’odorat toucherait «entre 47 et 88%» des personnes atteintes du covid-19. Si elle n'est que passagère dans la grande majorité des cas, cette anosmie perdurerait en revanche plusieurs mois chez certains patients.